Homélie pour le 14ème Dimanche du Temps Ordinaire...

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Frères et Sœurs,

 

Un prophète n'est jamais bien reçu, que ce soit dans son pays ou ailleurs, car il dérange. Il dérange l'ordre des choses, il vient provoquer en nous, questionnements et interrogations et nous n'aimons pas cela. Nous préférons nous en tenir à nos certitudes, même si quelques fois elles ne sont pas tout à fait conformes avec ce que l'Eglise affirme dans son credo.

 

Lorsque Jésus, quitte la maison de Jaïre et la ville de Capharnaüm, il se rend dans  sont pays. Le jour du shabbat, il entre, comme il en a l'habitude, dans la synagogue de Nazareth. Les synoptiques, parlent du retour de Jésus dans son village. Matthieu et Marc en font le récit, en simplifiant l'évènement. Luc, va plus loin et souligne ce que Jésus leur dit : "Sûrement que vous me direz cette parabole -médecin guéris-toi, toi-même !- Tout ce qu'on nous a dit, être arrivé à Capharnaüm, fais-le ici aussi, dans ta patrie. Pourtant Jésus leur parlera de la veuve de Sarepta et de Naaman lépreux syrien. Deux étrangers, guéris par la puissance du Seigneur, parce qu'eux ont la foi.

 

« Qu'ils écoutent ou qu'ils s'y refusent, ils sauront qu'il y a un prophète au milieu d'eux. » Ainsi la liturgie de ce dimanche nous fait faire le lien entre la lecture du prophète Ezéchiel et les murmures entendus dans la synagogue de Nazareth, quand Jésus enseigne.

 Tout cela va provoquer fureur et colère, et ils vont le pousser hors de la ville, au bord du précipice sur laquelle elle est construite. En regardant la position géographique de cette toute petite bourgade de Nazareth, où ne résident que quelques familles, en dessous, dans la plaine, se trouve dans la ville antique de Séphoris. Grande différence entre ces quelques maisons pauvres et la splendeur et la vastitude des villas, aux magnifiques mosaïques.

 

Jésus est bien connu, dans cette ville, car il a vraisemblablement travaillé dans ces maisons, avec Joseph, qui lui a appris le métier de charpentier, puis tout seul, car Marc l'appelle « le fils de Marie. » Joseph serait-il mort ? En fait, il est désigné comme le fils unique de Marie, car on sait que le terme de frères, appliqué à Jacques, José, Jude et Simon indique seulement une parenté plus ou moins proche.

 

Qu'y a t il derrière les questions que posent ses contemporains ?  D'où cela lui vient-il, quelle est cette sagesse, ces grands miracles ? C'est « la » difficulté ; difficulté, qui déjà et jusqu'à la fin des siècles, fera obstacle à la foi. Qui est donc Jésus ? Quelle différence de vie et de comportement depuis quelques mois qu'il est parti ! On reste surpris, on se questionne ? Comment cela est-il possible ? Il n'a pas étudié, il ne fréquente pas le Temple, ni les Lévites, ni les Pharisiens ? Alors ?

 

C'est que lorsque le mystère de Dieu se relève à travers une personne humaine, voilà de quoi agacer l'intelligence, irriter les esprits forts, mettre en fureur les cœurs troubles. Il guérit, il pardonne au nom de l'Eternel ! De quel droit ? Lui qui est comme nous ?

 

Nous comprenons bien, avec le recul des siècles et l'enseignement de l'Eglise, l'attitude des nazaréens, refusant d'identifier, en celui qu'ils connaissent personnellement, un messager de Dieu. D'où la difficulté, encore de nos jours, de reconnaître, dans la personne du Christ, le vrai Dieu, en même temps qu'il est vrai homme, comme nous allons l'affirmer dans le Credo, dans un instant.

 

En ce temps de vacances, je vous invite à méditer sur les phrases du Credo. Elles nous sont tellement connues, que nous les récitons, sans même penser à ce que nous affirmons ! Il faut vraiment avoir la foi, une foi solide, pour dire de Jésus : « de même nature que le Père » ; « il est Dieu, né de Dieu » ; « né du Père avant tout les siècles » ; « pour nous, il descendit du ciel et s'est fait homme. » Voilà qui est Jésus. Vous me direz  que nous savons tout sur Jésus.

 

Surtout ne dites pas cela ! Vous risqueriez, comme ses contemporains, de ne retenir, que ce que vous comprenez humainement, et ce qui serait encore plus néfaste, de vous créer un Jésus à vous !

 

Ce fut la tentation de tous les siècles et déjà, dès l'âge apostolique, Paul, par ses lettres, puis le Pères de l'Eglise, et les Conciles, eurent à le préciser. D'où les affirmations de la foi que nous possédons. On ne se fait pas « un Jésus », composé de ses propres croyances, aux affirmations vagues, plus homme que Dieu. Jésus n'est pas un prête-nom, que Dieu aurait pris pour se manifester aux hommes. Au contraire, lui «qui était Dieu, il ne retint pas jalousement le rang qui l'égalait à Dieu. Mais il devint semblable aux hommes, en toute chose, excepté le péché.»

 

On le découvre jours après jours et on reçoit Jésus, on le reçoit de l'Eglise, dans la Sainte Eglise Catholique ! Car il est le Fils de Dieu, ayant annoncé sa Parole, montré son amour, subissant la passion, mort pour le pardon de nos péchés, ressuscité dans la gloire, remonté aux cieux et assis à la droite du Père. C'est cela la tradition de l'Eglise !

 

Frères et Sœurs, nous sommes donc invités en ce dimanche, à contempler le mystère du Christ, le mystère même de Dieu, révélé en Jésus le Christ. Ne nous laissons pas arrêter par des questions trop superficielles. Au contraire ! Ayons sur nos lèvres, cette prière qui vient de l'Eglise primitive, une prière à l'Esprit-Saint, qui nous fait dire : « Allume ta lumière, dans tous nos sens. » Oui, allume, éclaire et ranime en nous, cette contemplation de la Trinité, donne-nous de voir, dans l'interrogation de l'Evangile de ce jour, nos propres interrogations, et conduis-nous ainsi à affirmer dans nos cœurs, que Jésus est le sauveur de monde.

 

Rappelez-vous. Quand Thomas lui pose la question pour savoir où il va et comment il y va, Jésus lui dit : « Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la vie. Personne ne va vers le Père sans passer par moi. Celui que me suit, ne marchera pas dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie.

 

Et dans l'Evangile de Jean au chapitre 10, des versets 27 à 39 : « Mes brebis écoutent ma voix, je les connais et elles me suivent ; je leur donne la Vie Eternelle ; elles ne périront jamais et nul ne les arrachera de ma main. Le Père et moi, nous ne sommes qu'un. Dans le Temple à Jérusalem, alors qu'on voulait l'arrêter il s'écrira : « Vous dites que je blasphème, parce que j'ai dit : « Je suis le Fils de Dieu» ! Sachez que le Père est en moi et que je suis dans le Père.

 

Frères et Sœur, même si quelques fois nous avons des doutes, même si nous supplions le Seigneur d'augmenter en nous la foi et que nous n'en voyons pas la réalisation immédiate, soyons confiants. St Paul le dit aux Corinthiens : « la puissance du Christ habite en moi ». Elle habite aussi en nous, puisque nous sommes baptisés. Comme lui, acceptons les faiblesses, les insultes, les contraintes, les situations angoissantes, les contrariétés, car c'est lorsque nous sommes faibles, que nous sommes forts,... dans le Christ !

 

Allez courage, laissons l'Esprit-Saint agir en nous, et soyons dans l'action de grâce, car le Seigneur nous a choisi, pour servir en sa présence. Amen.

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