2ème dimanche du Temps Ordinaire. 16 janvier 2011

Publié le par Recteur de la Basilique du Sacré-Coeur de Marseil

Homélie.

En relisant attentivement le texte de l’évangile de St Jean, on reste interrogatif, car Jean-Baptiste par deux fois affirme ne pas connaître Jésus.

En fait, le baptiste vit « dans le désert » de Juda. Dieu l’appelle et l’envoie pour témoigner et parler de celui qui est porteur la lumière et qui vient dans le monde. Il va bientôt montrer au peule qui se fait baptiser dans le Jourdain, ce messager à qui il ouvre la route, route qui faut aplanir pour qu’il puisse marcher sans heurter une pierre comme l’enseigne le prophète Isaïe.

Et Jésus arrive de la Galilée ; il vient vers le Jourdain pour y être baptisé par Jean, mais celui-ci l’en détourne. « Laisse faire pour l’instant », répond Jésus, car il lui faut accomplir toute justice et descendre dans l’eau à la suite du peuple.

        Jusque là, Jean a mené une vie d’ascète. A-t-il fait partie de la communauté Essénienne alors installée dans le désert de Quamran ? Certains l’affirment ! Son langage est rude, ses préceptes exigeants. Il enseigne la prière, les jeûnes, la pénitence, il prêche surtout le repentir, la confession intégrale des fautes, car le baptême de purification qu’il propose, est en vue de leur rémission. En fait, il prédispose le peuple d’Israël à l’accueil du Messie qui vient.

        Les Antiquités judaïques, écrites dans les dernières décennies du 1er siècle, reflètent étonnamment le témoignage des Evangiles à propos de ce « Jean surnommé baptiste ; il est mentionné que c’est un homme de haute qualité, qui exhortait les Juifs à pratiquer vertu, justice et piété. Il les conviait, à se rallier à Dieu par un baptême, non seulement en se détournant du péché, mais en joignant la pureté du corps à celle de l’âme » ! Mais ce que Flavius Joseph ne dit pas, c’est que ce prophète, dont l’éloquence austère subjugue les foules, qui étaient attirés par sa renommée, annonce aussi et surtout, à ceux qui l’écoutent, la venue d’un « plus puissant que lui », déjà « présent au milieu d’eux et qui baptisera, non pas dans l’eau, mais dans l’Esprit-Saint.

S’il reconnaît Jésus comme l’envoyé de Dieu, c’est par ce qu’il a vu l’Esprit descendre du ciel et demeurer sur lui. Et quand on lui pose la question de savoir s’il n’est pas le Messie, il répond immédiatement : «  Moi, je ne le suis pas, mais je suis envoyé devant lui », soulignant que Jésus sera le nouvel Elie. Bien plus le voyant venir vers lui, il dira à la foule rassemblée : « Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde ».

Quel beau témoignage, à l’image de notre propre témoignage, qui juste avant la communion nous fait dire : « Seigneur je ne suis pas digne que tu viennes en moi, mais dis seulement une parole et je serai guéri » !

Nous aussi, nous lui rendons témoignage, en regrettant nos fautes avant de le recevoir, Lui le Fils éternel du Père, qui nous nourrit de son Corps. C’est par lui que nous sommes, par appel de Dieu, ce peuple saint, avec tous ceux qui invoquent le nom de Notre-Seigneur Jésus Christ.

Oui, nous sommes ce peuple de Dieu en marche vers notre destinée éternelle ; oui, nous avons du prix au yeux du Seigneur ; oui notre Dieu est notre force, notre bonheur. Et je puis dire que c’est pour moi, que Dieu s’est penché et qu’il a mis dans ma bouche ce chant nouveau, qui me permet jours après jours, d’être comme la lumière des Nations, car il me rend digne de lui dire : « Me voici, Seigneur, je viens faire ta volonté ».

Seigneur quelle est ta volonté pour moi ? Que dois-je faire pour mériter ce beau nom de chrétien, moi qui fais partie de ton Eglise, de cette communauté qui essaye d’accueillir toujours mieux celui que je rencontre ? Donne-moi force et courage pour que, comme le Baptiste, je puisse t’annoncer aux autres, pour que je ne prenne pas toujours la première place, mais que je te laisse passer, m’effaçant devant toi, pour ne pas te faire écran.

C’est pour cela, qu’en ce jour de prière et d’attention aux autres, à tous ceux qui sont loin, qui sont migrants, qui sont déplacés, je te demande la force et la grâce de ton Esprit ; donne-moi d’être attentif à leurs appels.

Lave mon cœur de toute colère, de tout ressentiment, de tout racisme. Donne-moi tes yeux, donne-moi ton cœur rempli d’amour et de pardon. C’est tellement difficile pour moi.

Je sais, que je dois prier plus particulièrement en ce dimanche, afin que s’accroissent la compréhension et l’estime réciproque entre les peuples et les cultures.

En bien je vais encore essayer. Et si je n’y arrive pas totalement, viens au secours de ma faiblesse.

Je veux reprendre dans ma prière cette phrase du psaume 39 : « Tu as ouvert mes oreilles ; tu ne demandais ni holocauste, ni victime, alors j’ai dit : « Voici, je viens » !

Seigneur j’ai confiance en Toi, fais de moi un être d’amour, capable d’accueillir, de comprendre, d’aimer et de pardonner.

 Amen.

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