2ème dimanche de l'Avent – 6 décembre 2009.

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Homélie St Charles 
Frères et Sœurs,

En ce 2ème dimanche de l’Avent, la station antique, qui rassemblait les chrétiens de Rome d’alors, était à Ste Croix de Jérusalem.

C’est Jean le Baptiste qui de sa prison entend, encore parler des œuvres accomplies par Jésus. Il envoie donc ses disciples pour lui demander le sens de sa prédication et de ses œuvres. Est-il enfin celui qui doit venir, où doivent-ils en attendre un autre ? Mystère caché en Dieu, mystère de celui qui vient, « In nomine Domini », nous communiquer son amour et sa miséricorde.

Et comment renseigner le Baptiste, sans lui rappeler les caractéristiques fondamentales du Messie, comme le fit en son temps Isaïe et tous les prophètes qui l’annonçaient depuis des siècles ? « Peuple de Dieu, le Seigneur va venir pour sauver toutes les nations, il va faire éclater la majesté de sa voix », venons-nous de chanter dans l’Introït ! Mais il faut prêter l’oreille !

« Désormais le règne de Dieu est parmi vous », leur dit Jésus et la « Bonne Nouvelle est adressée aux pauvres. Allez dire cela à Jean. » Cette Bonne Nouvelle, cet Evangile de Vie Eternelle, s’enracine dans les Béatitudes rapportées par Matthieu et Luc, ces paroles de vie que nous essayons de mettre en pratique. Oui, heureux sommes-nous si nous essayons de les appliquer à notre vie quotidienne.

Car heureux celui qui ne tombera pas, celui qui résistera au péché, celui qui découvrira en cet homme, venu de Nazareth, ce charpentier, le Fils de Dieu. L’écouter, le suivre, c’est facile ; accepter ses paroles, accepter de changer de vie, de changer son cœur ? Qui ne se détournerait pas, devant l’effort à faire ?

Et pourtant Jean, baptisant dans l’eau du Jourdain, leur avait fait toutes les recommandations d’usage. Plus de colères, un cœur pur, une vie toute donnée à Dieu et aux autres. Descendre dans l’eau, se laisser laver par l’eau, puis remonter et le visage encore tout mouillé, percevoir, -puis voir- car certains ont déjà reconnu Jésus, celui qui vient et qui à son tour, descend dans l’eau.

Dialogue rapide entre les deux hommes, entre la voix qui crie dans le désert : « Préparez la route au Seigneur », et Jésus l’envoyé du Père. Ils se sont rencontrés, et même pas encore né, Jean avait tressailli dans le ventre d’Elizabeth, à l’approche de la Vierge Marie venue la visiter, quand le Seigneur lui avait donné ce petit être, préfigurant déjà la naissance du Messie à venir.

Elizabeth et Marie. L’Ancien et le Nouveau Testament.

Jean-Baptiste et Jésus, ne se connaissent plus, mais Jean sait que celui sur qui la colombe descendra du ciel, c’est celui qui baptise dans l’Esprit Saint et il entend la voix du Père disant : « Celui-ci est mon Fils bien aimé ! »

Révélation du mystère caché en Dieu, trace de divinité dans notre monde ; perception de tout ce qui vient de l’Eternel, du Dieu Miséricorde et qui désormais, va s’incarner dans notre monde, pour le transformer, le restaurer, nous le confier, pour que nous continuions nous-mêmes d’annoncer les merveilles de Dieu.

« Voici l’Agneau de Dieu, voici celui qui enlève les péchés du monde. » Au commencement était le Verbe et le Verbe s’est fait chair et il a demeuré parmi nous et à tous ceux qui croient en lui, il leur donne le pouvoir de devenir enfants de Dieu. Car nul n’a jamais vu Dieu. Les prophètes ont reçu sa parole, mais lui, Jésus, le Fils unique-engendré, qui est dans le sein du Père, lui, nous l’a fait connaître. »

Ce prologue de St Jean, admirable, que nous prions à la fin de chaque Eucharistie, vient nous redire, bellement, en quelques phrases, tout ce mystère de l’attente cachée, qu’est ce temps de l’Avent.

St Paul, dans sa lettre aux Romains, nous propose d’être d’accord entre nous, pour que d’un même cœur et d’une seule bouche nous rendions gloire au Père de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Nous devons donc vivre comme des frères, nous accueillir comme le Christ nous a accueillis.

Mystère de Dieu qui appelle, mystère de l’Enfant-Jésus que nous attendons et qui revient, de l’Esprit Saint qui agit, de notre témoignage discret, mais qui porte ses fruits sans que nous le sachions.

Il vient dans le respect des consciences et encore aujourd’hui, Frères et Sœurs, en ce 2ème dimanche de l’Avent, il frappe à la porte de notre cœur pour nous demander si nous voulons le recevoir. La réponse dépend de notre écoute, de notre désir d’entrouvrir nos consciences. « Voici que j’envoie mon messager devant ta face pour qu’il prépare la route devant toi. »Faisons comme la Vierge Marie, la Théotokos, l’Immaculée Conception, que nous célébrerons mardi soir, et disons à l’ange : « Fiat », oui je veux recevoir Jésus dans ma vie ! Je veux le garder dans mon cœur, même si je ne suis pas digne de défaire la courroie de sa sandale. Je n‘en suis pas digne, mais je prépare déjà ma confession de Noël et ce temps de l’Avent, nous y aide. L’oraison de la messe de ce jour nous le rappelait : « Stimule mon cœur Seigneur, afin que je puisse préparer les voies de ton Fils, afin que sa venue nous donne de te servir avec une âme purifiée. »

Oui, en ce temps de l’attente de l’Enfant-Dieu, nous te rendons grâce Seigneur, pour la clarté grandissante de notre foi. Aide-nous toujours à être des témoins de ton amour. Amen.

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