Ascension du Seigneur

Publié le par Mgr Ellul

Homélie pour l’Ascension du Seigneur - 25 mai 2006

             L'Ascension, marque la fin de la présence du Ressuscité parmi nous. Avant son départ, les Apôtres lui demandent si c’est  maintenant qu’il va restaurer la Royauté en Israël. La réponse que Jésus leur donne est simple : "Il ne vous appartient pas de connaître les délais et les dates que le Père à fixé dans sa liberté souveraine… Vous allez recevoir une force, celle de l'Esprit Saint qui vendra sur vous, alors vous serez mes témoins... jusqu'aux extrémités de la terre ». Puis ils le virent s'élever dans le ciel.

Le Seigneur monte au ciel et nous prépare une place auprès de lui. L'Ascension rapportée par Luc dans les Actes des Apôtres, fait la charnière entre la vie terrestre du Christ, le Fils de Dieu fait homme, « engendré non pas créé » et sa vie céleste. Elle inaugure non pas « la disparition » du Christ, mais son "extension", de la terre au ciel. Désormais, c'est « l'unique Corps du Christ », pourrions-nous dire, qui a sa tête dans ciel et une partie de ses membres sur la terre. Et ainsi, l'Ascension manifeste pour chacun d'entre nous, le lien étroit, la cohérence, entre notre vie sur terre, la présence maternelle de l’Eglise qui nous aime, le Corps du Christ, que nous formons tous et la vie éternelle, qui nous attend, mais qui est déjà commencée dès ici bas.

Saint Paul ne cesse de le rappeler, et il l'écrit dans sa lettre à Philémon : "Nous sommes citoyens des cieux". Et dans les Ephésiens, il nous encourage à « suivre fidèlement l’appel que nous avons reçu : avoir beaucoup d’humilité, de douceur et de patience, en nous supportant les uns les autres avec amour ».

          Voilà que commence l’Eglise, l'histoire de l'Eglise, l'histoire du Peuple que le Seigneur s’est choisis, peuple où chaque baptisé, chaque membre, plongé dans l'eau de régénérescence, marche sur les routes de sa vie, pour annoncer dans la joie, celui qui est parti, mais qui doit revenir dans la gloire, juger les vivants et les morts.

Oui, désormais, nous entrons dans le temps de l'Eglise, et je voudrais vous inviter à prier pour notre Eglise, pour qu'elle continue d’annoncer par nous, à temps et même à contre-temps, la Bonne Nouvelle laissée par le Seigneur Jésus. C’est nous tous, et chacun d’entre nous, qui devons ouvrir la Parole, et nous en nourrir, pour être toujours prêts à témoigner du don de la grâce que nous avons reçue, comme le Christ nous l’a partagé.

Car au terme de notre vie, nous parviendrons tous ensemble à l’unité dans la foi et à cette vraie connaissance du Fils de Dieu qui nous manque trop souvent, par faute d’approfondir le message de son Evangile. Ainsi, rappelle St Paul, se construit son Corps, dans l’amour et l’attention aux autres. Qu’a fait Jésus durant son séjour sur la terre ? Il a regardé l’homme dans les profondeurs de sa conscience, il l’a élevé, il l’a aimé, il lui à parlé et même à Pierre qui l’avait renié, il a pardonné. Essayons de vivre ainsi, de vivre comme Jésus. Vous me direz que c’est difficile, et que souvent nous avons essayé ! Qu’autrefois c’était plus facile. Non, c’était pareil.

            Dans un texte des premiers siècles, la lettre à Diognète, rapportant les faits et gestes des premières communautés chrétiennes, il est écrit : "Les chrétiens, ne se distinguent pas des autres hommes, ni par le pays, ni par le langage, ni par les coutumes… Ils n'habitent pas de villes qui leur soient propres, ils n'emploient pas quelque dialecte extraordinaire, leur genre de vie n'a rien de singulier. Leur doctrine n'a pas été découverte par l'imagination ou par les rêveries d'esprits inquiets : ils ne se font pas, comme tant d'autres, les champions d'une doctrine d'origine humaine...

Ils sont dans la chair, mais ne vivent pas selon la chair. Ils passent leur vie sur la terre, mais ils sont citoyens du ciel. Ils obéissent aux lois établies, et leur manière de vivre est plus parfaite que les lois... on ne les connaît pas, mais on les condamne ; on les tue et c'est ainsi qu'ils trouvent la vie ; ils sont pauvres et font beaucoup de riches ; on les méprise, et dans ce mépris, ils trouvent leur gloire ; on les insulte, et ils bénissent ; on les outrage et ils honorent... En un mot, ce que l'âme est dans le corps, les chrétiens le sont dans le monde..."

C'est à Gertrude Von le Fort, décédée en 1971, que je conclue cette homélie, avec ces phrases, tirées de son admirable "Hymnes à l'Eglise", afin qu’en cette fête de l’Ascension, notre méditation se poursuive, rejoignant les jeunes, les malades, les pèlerins de notre diocèse en pèlerinage à Lourdes. En pensée, en ce mois de mai, consacrée à la Vierge Marie, nous nous tenons devant la grotte de Lourdes, où l'Immaculée Conception est apparue.

Méditons cette belle prière : « Oui, il est bon, ne serait-ce que le temps d'un espoir, de tourner notre regard vers le visage de notre Mère, la Sainte Eglise, elle qui a nom :  « paix sur terre, joie au plus profond de notre cœur » , pour lui dire :  je veux t'aimer encore, quand finit mon amour pour toi ; je veux encore te vouloir, quand je n’en peut plus… Où mes pieds refusent à me suive, ... là je veux m'agenouiller et quand mes mains ne veulent plus servir, c'est alors que je veux les joindre aux tiennes... Toi, dont les prières sont audacieuses, comme des ponts jetés par dessus les abîmes, comme des navires que tu envoies vers l'inconnu des océans, des navires de grosse mer, dans des contrées pleines de brouillards. Mais consolez-vous, vous qui pleurez ; réjouissez-vous, vous qui n'oubliez pas.... Je viens transformer votre fidélité en promesse... Je veux dresser votre cœur vers la liberté et l'amour du Seigneur, contre tous les esclavages et  contre toutes les tortures. Les ardents que vous êtes, je veux les accueillir ! Je veux donner raison à ceux qui aiment ! Je veux les faire asseoir sur le trône de l'Eternelle Vie ! Je veux les élever au dessus de toute Justice, (…) je veux les porter, sur des ailes d'aigles, jusqu'à la miséricorde de leur Seigneur. Oui, parce qu'il est descendu jusqu'à toi, c'est vers Lui que tu dois faire remonter toute louange, confier ton existence et les tiens, te tenir et rester dans l'amour de son Saint Nom » !

En cette fête de l’Ascension, Jésus élevé au ciel, donne-nous de regarder vers nos frères et de mieux les aimer, comme tu les as aimés. Donne-nous de proclamer ta parole, de parler un langage nouveau, le langage de la conversion du cœur, en priant pour tous les malades et ceux qui reposent en Toi. Et nous te disons, une fois encore, « Marana Tha » ! Oh, oui, reviens Seigneur Jésus, nous t’attendons. Amen.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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