5ème dimanche de Pâques

Publié le par Mgr Ellul

Homélie pour le 5ème dimanche après Pâques

 

13 et 14 mai 2006

 

 

 

            Avec le texte de l’évangile de Jean sur la vigne, nous avons les trois derniers discours de Jésus au Cénacle, avant qu’il ne parte avec ses disciples pour le Jardin des Oliviers. Alors qu’il vient de donner son Corps et son Sang au cours du repas pascal, il prend l’image de la vigne comme un autre exemple du Royaume des Cieux, vigne qu’il est lui même et dont son Père est le vigneron.

 

Les disciples qui l’écoutent savent évidemment que la première vigne, fût plantée par Noé, qu’elle est la culture essentielle de l’orient méditerranéen ; que la terre de Canaan, riche en vignobles, fut donnée à leurs pères. Et ils se souviennent également que les prophètes menaceront le Peuple de l’Alliance, le Peuple d’Israël, en leur disant que s’ils ne sont pas fidèles, ils ne boiront plus du vin de la vigne qu’ils ont plantés.

 

L’image de la vigne est donc très présente dans l’Ancien Testament. Il est rappelé qu’elle restera en jachère durant l’année sabbatique, et qu’en cas de guerre, un homme qui vient juste de la planter, restera chez lui, si elle n’a pas encore donné de vin. Comparée à une épouse féconde, elle est le symbole de bonheur et de la paix. Israël est donc la vigne, à laquelle le maître envoie successivement ses serviteurs – les prophètes – et son fils, son héritier, qui  à son tour est tué et jeté hors de la vigne.

 

Et nous, nous sommes les sarments de cette vigne dont nous parle le Seigneur Jésus. Dans cette vigne, plusieurs pieds sont plantés, sarclés, surveillés par celui qui vient de la part du Père, témoigner de son amour et de sa miséricorde. Et cette vigne c’est désormais l’Eglise, c’est nous tous, l’ecclésia, communauté de fidèles, qu’il a voulu, depuis ce jour où sur la croix, s’écoulèrent de son côté ouvert, l’eau et le sang, donnant naissance aux sacrements.

 

Plût à Dieu que ne nous soyons jamais des sarments secs. Car nous voulons demeurer avec Jésus, nous voulons retenir sa parole et la mettre en pratique. N’est-ce pas ce que nous faisons, essayant de réaliser dans nos actes, nos comportements, notre prière, ce qu’il nous a enseigné par sa parole d’amour ?

 

Ces textes des liturgies pascales veulent nous introduire plus avant dans le mystère de son Eglise dont nous sommes les dépositaires. Cette Eglise qui vit de son Seigneur, annonce et pratique le pardon, émonde les rameaux secs et s’essaie à vivre dans l’amour.

 

Et voilà que nous est donné, un nouvel archevêque.

 

C’est désormais avec Mgr Georges Pontier, avec lui, que nous allons continuer de nous occuper de la vigne du Seigneur, avec lui que nous tournerons les pages de l’évangile, que sont les pages de nos vies, pour y découvrir encore et toujours, la parole vivifiante de Jésus.

 

 Cette vigne est plantée ici, dans notre diocèse de Marseille, portion d’un domaine plus grand, plus vaste, qu’est l’Eglise universelle. Il me faut rappeler, mais vous le savez, que la vigne du Seigneur, qu’est tout diocèse  est : «  la portion du peuple de Dieu confiée à un évêque, pour qu’il en soit le pasteur, avec la coopération du presbytérium, prêtres et  diacres, ayant la charge, c’est-à-dire le service, d’enseigner et de gouverner, dans la communion avec le successeur de Pierre, qu’est actuellement le Pape Benoît XVI.

 

Et le Code de Droit Canonique, souligne « qu’il doit montrer sa sollicitude à l’égard de tous les fidèles confiés à ses soins ; il se souviendra qu’il est tenu par l’obligation de donner l’exemple de la sainteté, dans la charité, l’humilité et la simplicité de vie, tout en s’appliquant à promouvoir de toutes ses forces, la sainteté des fidèles, selon la vocation propre de chacun et comme il est le principal dispensateur des mystères de Dieu, il n’épargnera aucun effort, pour que les fidèles dont il a la charge, grandissent en grâce par la célébration sacramentelle, qu’ils connaissent le mystère pascal en le vivant ». (DC 369 – 387). Le texte invite le pasteur du diocèse, « le vigneron qui reçoit la charge de la vigne du Seigneur », de se rappeler que c’est le Christ qui est premier.

 

En visitant le site du diocèse de La Rochelle, et pour mieux faire connaissance avec notre nouvel archevêque, nous pouvons lire la conclusion du texte d’une conférence de carême que Mgr Georges Pontier, donnait l’an dernier sur « Le Mystère de l’Eglise ».

 

Il rappelait entre autre chose que : « Nous sommes invités à aimer l'Église comme une mère, celle qui nous a enfantés dans les eaux du baptême, qui a enraciné en nous le don de l'Esprit Saint à la Confirmation, celle qui nous nourrit à l'Eucharistie de la Parole, de la Présence, de l'exemple du Christ. Celle qui nous renouvelle par le sacrement du pardon, celle qui nous accompagne dans la maladie ; celle encore qui donne à l'amour vécu dans le mariage, une profondeur et une mission insoupçonnées, celle qui appelle et envoie ceux qui, en son sein, représentent le Christ, tête de l'Église, les ministres ordonnés.

 

Nous sommes invités à aimer l'Église comme notre guide, notre berger, celle qui nous conduit, nous montre le chemin, nous nourrit et nous relève. Elle est comme une nouvelle famille pour nous, au-delà des liens du sang, famille de Dieu en ce temps qui est le nôtre. Nous aimons cette Église au sein de laquelle se partage la foi : que de trésors spirituels reçus et échangés ! Que de belles traditions spirituelles ! Que de beaux et grands saints, aux visages variés et complémentaires, autant de modèles qui nous sont donnés en exemple! Elle est porteuse et source d'espérance. Elle tient en elle-même un trésor qui ne lui appartient pas.

 

Elle le porte dans un vase d'argile. Mais cette argile, c'est celle de notre humanité que le divin potier ne cesse de travailler, de reconstruire plus belle, à l'image de celle du Fils bien-aimé, lui qui était de notre chair, pour qu'à notre tour, nous lui devenions semblables éternellement.

 

Oui, aimons l'Église." La clarté du Christ resplendit sur son visage " comme dit le texte conciliaire Lumen Gentium.  (Cathédrale Saint-Louis de la Rochelle - 20 février 2005).

 

En remerciant le Cardinal Bernard Panafieu, pour ses années de ministère épiscopal parmi nous et en priant pour lui, soyons dans la joie d’accueillir très bientôt notre nouveau pasteur, Mgr Georges Pontier.

 

Que notre Eglise continue de se construire, dans l’amour du Christ et qu’elle avance et se multiplie avec l’assistance de l’Esprit Saint. (Actes 9, 31).

 

Que le Sacré-Cœur de Jésus, dans cette ville et ce diocèse que son illustre prédécesseur, Mgr de Henry de Belsunce lui a consacrés lors que la peste de 1720, l’accompagne et le bénisse. Que la Théotokos, Notre-Dame au dessus de la confession des martyrs à Saint-Victor, celle que nous prions tous sous le vocable de Notre-Dame de la Garde, veille sur lui et sur chacun d’entre-nous. Qu’elle rende son ministère épiscopal fécond. Amen.

 

 

 

 

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