Miséricorde 7

Publié le par Mgr Ellul

Dimanche de la Miséricorde

 

23 avril 2006 - Messe de 10h

 

 

 

 

 

 

 

L’année dernière, depuis la basilique Saint-Pierre de Rome, dont nous fêtons le 5ème centenaire, le Cardinal Angelo Sodano, célébrait la fête de la Miséricorde Divine. Le Pape Jean-Paul II, décédé, était retourné, dans la paix vers son Seigneur. On attendait le conclave. Ayons en ce dimanche de fête, une pensée et une prière pour lui, car il a été l’initiateur de cette fête de la Divine Miséricorde, demandée par Jésus à Sainte Faustine. Et prions bien sûr pour le Pape Benoît XVI et notre archevêque le Cardinal Bernard Panafieu.

 

Miséricorde !

 

Deux mots que nous devons avoir toujours présent à l’esprit : « misère et cœur ». N’est-ce pas là, la vraie raison de la venue de Jésus dans le monde ? Dieu envoie au peuple qu’il s’est choisi, le Sauveur promis depuis plus de quatre mille an. Il naît humble et pauvre dans un étable, dans la nuit de Bethléem loin de tout, entouré de la tendresse de Marie et de Joseph. Il vient pour montrer, témoigner au peuple de Dieu qu’il est aimé d’une manière particulière. Les prophètes n’ont pas été écoutés, ils écouteront au moins le Fils. Après avoir prêché son évangile d’amour, lui le Fils de Dieu venu dans le monde, après nous avons donné son Corps et son Sang, il a subi le supplice de la croix, comme un Agneau conduit à l’abattoir, il a tout donné, pour que nous ayons enfin le salut et montré son cœur transpercé et ses saintes plaies.

 Miséricorde ! Désormais il nous donne la clef pour comprendre ! Cette clef c’est l’amour ! Dieu qui voulait nous sauver, nous délivre pas son Fils, qu’il ne craint pas de laisser mourir sur la croix. Mais Dieu l’a ressuscité, nous en sommes tous témoins.

 

Dans le Livre des Actes des Apôtres, Luc nous parle d’une multitude qui avait adhéré à la foi et qui avait un seul cœur et une seule âme. Temps idyllique de la primitive Eglise, radicalité du don total, mise en commun de tous les biens. Car ils savaient désormais que tout homme qui croit que Jésus est le Christ, est vraiment né de Dieu. Cette nouvelle naissance en Christ s’est opérée depuis le jour de Pentecôte où près de cinq mille personnes recevront le signe salvateur, au nom du Christ, intégrant cette vie nouvelle d’enfants de Dieu. Désormais, ils garderont ses commandements, dit le « scriptor » de la première lettre de Jean, non comme un fardeau, mais avec grande foi. Ils pourront subir supplices et sévices, ce qui leur fait vaincre le monde : c’est leur foi !

 

Pensons en ce dimanche de la Miséricorde Divine à tous ces témoins qui dès les premières générations chrétiennes, témoignent, jusqu’à nos jours de la présence du Christ dans le monde.

 

Et pourtant, certains sont comme Thomas, ils ne peuvent ou ne veulent pas croire sans avoir vu, touché, être certains. Mais la foi, n’est-ce pas de faire confiance, de marcher sans se retourner ? Voyez les deux disciples qui allaient vers Emmaüs. Il faudra que celui qui les rejoint, leur explique les écritures pour qu’ils comprennent. Et à Thomas huit jours plus tard, Jésus dira : « Avance, et mets ton doigt ici, vois mes mains, mets ta main dans mon côté ». Heureux est-tu Thomas, d’avoir pu glisser ta main dans le côté ouvert du Christ. Combien auraient voulu être à ta place. Avec toi nous disons en regardant Jésus Miséricorde, « Mon Seigneur et mon Dieu, j’ai confiance en toi ». Ouvre pour nous les plaies d’où jaillissent ta Miséricorde.

 

Que le Seigneur nous donne sa grâce et sa paix. Qu’il souffle encore sur nous, sur nos personnes, sur nos vies, sur ceux qui sont confiés à notre prière et à notre miséricorde. Oui, que ton souffle soit sur nous, avec la paix, que tout à l’heure nous allons nous donner de ta part.

 

En ce jour, Jésus institue le sacrement du pardon, le sacrement de la pénitence, de la réconciliation, dont nous avons tous tant besoin. Que l’Esprit Saint nous inspire cette démarche de pénitence pour être trouvés digne du royaume.

 

Augustin, en ce jour, de l’autre côté de la mer, en sa ville épiscopale d’Hippone, faisait quitter les vêtements blancs aux néophytes. C’est le seuil pour la reprise de la vie quotidienne. Dans ses Sermons pour la Pâque, nous lisons : « En ce jour octave, misez sur ce qui demeure, ce qui est définitif. N’imitez pas ceux qui tournent en rond, pris par le tourbillon des vanités, sans voir les vraies valeurs. Respirez à la hauteur de votre dignité, vous êtes devenus chrétiens, restez-le ! ». Ecoutons Sainte Faustine, nous parler du dimanche In Albis, dimanche de Quasimodo. C’était pour la clôture du Jubilé de la Rédemption, en 1935 . 

« Quand nous sommes allées assister à ces cérémonies, mon cœur battait de joie, parce que ces deux fêtes sont étroitement unies. J’ai demandé à Dieu Miséricorde, pour l’âme des pécheurs. Quand la cérémonie arriva à son terme et que le prêtre prit le Très Saint Sacrement pour donner la bénédiction, alors je vis Jésus exactement comme il est représenté sur l’image. Le Seigneur accorda sa bénédiction, et les rayons se répandirent sur le monde entier. Soudain je vis une clarté inaccessible, qui avait la forme d’une demeure en cristal, tissée de vagues d’une clarté inaccessible à toute esprit. Trois portes mènent à cette clarté et à ce moment, Jésus entra dans la clarté par la seconde porte, à l’intérieur de l’unité. C’est une Unité Trine, qui est inconcevable : l’infini. Alors j’entendis une voix : « Cette fête est issue de mes entrailles de ma Miséricorde et elle est confirmée dans les profondeurs de mon amour infini. Toute âme qui croit et à confiance en ma Miséricorde, l’obtiendra ».    

L’année dernière, le Pape Jean-Paul II avait indiqué le thème de la méditation, pour la prière du Regina Caeli. Dans son message posthume, lu Place St Pierre, le 3 avril 2005, par Mgr Léonardo Sandri, le pape défunt avait écrit : « Le joyeux alléluia de la Pâques résonne encore aujourd’hui. La page de l’Evangile d’aujourd’hui, en Saint Jean, souligne que le ressuscité, le soir de ce jour-là, est apparu aux apôtres et leur a montré ses mains et son côté (Jn 20, 20), c’est-à-dire les signes de sa douloureuse passion, imprimés de façon indélébile, dans son corps même après la résurrection. Ses plaies glorieuses, qu’il a fait toucher à Thomas, l’incrédule, huit jours plus

tard, révèlent la miséricorde de Dieu, qui ‘a tant aimé le monde qu’il lui a donné son Fils’ (Jn 3, 16). Ce mystère d’amour est au centre de la liturgie d’aujourd’hui, en ce dimanche in Albis, dédié au culte de la miséricorde divine ».

Ce message s’adresse aussi à l’humanité. Le pape ajoute : « A l’humanité qui parfois semble perdue et dominée par le pouvoir du mal, de l’égoïsme et de la peur, le Seigneur ressuscité offre le don de son amour qui pardonne, réconcilie, et rouvre l’âme à l’espérance. C’est un amour qui convertit les cœurs et donne la paix. Combien le monde a besoin de comprendre et d’accueillir la miséricorde divine ! »

 

Avec Jean-Paul II, qui nous regarde depuis le ciel prions en ces termes : « Seigneur, qui par ta mort et ta résurrection révèle l’amour du Père, nous croyons en toi et avec confiance nous te répétons aujourd’hui : ‘Jésus, j’ai confiance en toi. Aie miséricorde de nous et du monde entier’ ». Et comme l’an dernier la fête de l’Annonciation était toute proche il ajoutait : « La solennité liturgique de l’annonciation, que nous célébrerons demain, nous pousse à contempler avec les yeux de Marie, l’immense mystère de cet amour miséricordieux qui jaillit du cœur du Christ. Puissions-nous, aidés par elle, comprendre le vrai sens de la joie pascale, qui se fonde sur cette certitude : « Celui que la Vierge a porté dans son sein, qui a souffert et qui est mort pour nous, est vraiment ressuscité. Alléluia ! ».

 

Comme nous le demande l’Eglise, en ce dimanche de la Miséricorde Divine, et comme Sainte Faustine, contemplons le Seigneur Jésus. Son message de Miséricorde continue de nous atteindre à travers le geste de ses mains tendues vers l’homme qui souffre. Dans la mesure où l’humanité, saura apprendre le secret de ce regard miséricordieux, elle comprendra que chaque personne est précieuse au cœur de Dieu.

 

Ce message s’adresse en particulier à celui ou à celle qui, touché par une épreuve particulièrement dure ou écrasé par le poids des péchés, a perdu toute confiance dans la vie et est tenté de céder au désespoir. Alors se présente le doux visage du Christ et il est touché par ses rayons d’amour. Combien ont été réconfortés par eux, sauvés par le regard du Christ Miséricordieux ? Je crois que ce n’est que par là, par ce Cœur Miséricordieux, ce Cœur Sacré, ce Sacré Cœur auquel Marseille et le diocèse sont consacrés, que celui qui aspire au bonheur authentique et durable peut et doit en trouver le secret.

 

Au terme de cette homélie et à la fin de cette neuvaine à la Miséricorde, je ne peux conclure, sans vous dire combien j’ai eu plaisir à me trouver au milieu de vous, porté par la prière de votre communauté et des amis fidèles, venus prier dans cette chapelle. Le Seigneur nous y accueille, montrant son cœur et nous bénissant, entourés de St François d’Assise et de Sainte Claire.

 

Souvent, durant le chapelet de la Miséricorde, levant les yeux, je les ai regardés. François, recevant les rayons du Cœur du Christ, en autant de stigmates d’amour, lui qui eut la charge de reconstruire son Eglise et au milieu, Jésus marchant sur la source d’eau vive dont il est le créateur, enfin Ste Claire, tenant l’Eucharistie dans ses mains, comme pour dire de toujours être en sa présence d’amour.

 

Qu’il me soit permis de vous dire merci.

 

Merci, pour m’avoir permis d’approfondir le message de la Divine Miséricorde ; merci, pour votre attention et votre amitié ; merci, pour toutes les grâces que j’ai reçues du Christ, en venant dans ce monastère, pour cette octave pascale.

 

Que le Seigneur continue de vous bénir, de bénir votre communauté, et celles qui bientôt viendront encore la renforcer.

 

Dans Marseille, avec d’autres, bien sûr, vous êtes un puits d’eau vive. Que le Seigneur, Jésus Miséricorde, nous donne toujours la joie de venir y puiser l’eau de la vie éternelle, pour vivre et témoigner par notre baptême, de sa résurrection.

Et que Sainte Faustine nous y aide. Amen.

 

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