Homélie pour le 3ème dimanche de l’Avent.

Publié le

Samedi-dimanche 14 décembre 2008.

 

Frères et Sœurs

 

Jeudi en préparant l’homélie de ce dimanche, après avoir médité sur les textes de la Parole de Dieu, j’ouvre le journal La Provence. A la page des spectacles, un titre attire mon attention. « Jésus revient parmi les siens. » Et je découvre et lis l’article qui présente la pièce de Serge Valleti.

J’ai l’habitude, m’étant occupé de la Commission diocésaine Art, culture et foi, des créations artistiques. J’en respecte la démarche et les artistes, mais à la lecture de l’article, j’étais à la foi indigné et perplexe ! On se moque de Jésus et on le ridiculise, faisant de lui un objet de dérision.

Car ce texte, et la pièce au dire de l’article, je cite : « est fantastique, irrespectueuse et poétique, qui sans cesse rebondit d’épisodes bibliques pas toujours avérés, en solides références à la vie marseillaises (…) qui tisse une biographie inédite du Christ… » Vous entendez déjà les rires et les quolibets….

Nous pourrions prendre cela pour une galéjade. Et pourtant, je suis peiné de voir comment Jésus le Christ et son Evangile sont tournés en ridicule, à quelques jours des fêtes de la Nativité !

Comment peut-on se permettre d’insulter ainsi les chrétiens et les catholiques marseillais, à quelques 12 jours de la célébration de Noël ? Je vous laisse imaginez le tollé général, les manifestations, les demandes d’interdiction qui auraient eu lieu si l’on présentait ainsi, en travestissant leurs messages, Moïse ou Mahomet, se moquant intentionnellement des textes sacrés des deux religions ? Nos frères juifs et musulmans se seraient insurgés et devant leurs demandes réitérées auraient fait interdire la pièce. Nous : « silence radio ! »

Certains diront que j’exagère, que j’aurais pu passer outre, comprendre que la liberté d’expression à tous les droits. Et c’est vrai qu’elle les a, bien évidemment, mais si je n’ai pas été choqué par le titre, je l’ai été par la suite de l’article et sa présentation sur FR3, qui ridiculise Jésus, Marseille et les Marseillais de surcroît.

Sans esprit polémique, c’est à nous, en ce temps de préparation à Noël, de nous montrer respectueux des autres, de leur culture, de leur religion, de leurs idées. Mais pouvons-nous laisser faire, sans toutefois réagir et dire haut et fort : « çà suffit !», lorsqu’on nous salit et que l’on nous ridiculise ? Nous demandons juste un peu de respect ! 

Certains diront : « qu’est-ce que cela, … fasse à la pauvreté, au chômage, à la maladie, aux sans-abri ? » Oui, c’est vrai et pourtant ! Regardons mieux autour de nous… et essayons de découvrir le sens caché des choses.

Nous vivons ces jours-ci, dans la lumière qui illumine nos quartiers, nos maisons et cette lumière artificielle - même si elle est belle, même si elle embellit notre ville et nous oriente vers la fête de Noël - risque de nous cacher l’essentiel : la lumière de l’Enfant qui revient naître parmi nous, lumière que nous devons communiquer à ceux qui en ont besoin.

Voyez  les grandes surfaces commerciales, débordantes de cadeaux et de mets, faisant « saliver » les pauvres, écarquiller les yeux des enfants, mettant mal à l’aise ceux qui ne pourront pas s’offrir une fête de Noël digne, parce qu’ils n’ont rien.

Et tous ceux qui autour de nous, sont désillusionnés, fatigués, malades, au bord de la rancœur et du dégoût, et qui ne prendront même pas le temps de se rappeler les fêtes de leur enfance. A nous d’agir et si nous le pouvons, de les aider, par une attention, un geste, une prière, un cadeau.

Car c’est bien cela que nous célébrons en ce 3ème dimanche de l’Avent, « bien à l’abri dans nos églises », diront certains ! Mais ces églises, que d’aucuns croient refermées sur elle-mêmes, ont les portes grandes ouvertes sur le monde et cela nous permet de percevoir les bruits du dehors, les bruits du monde que nous entendons, avec ses joies et ses peines, ce monde que le Christ en s’incarnant, est venu sauver, à qui il a parlé, pour qui il a donné sa vie.

Mais aussi, combien, le soir de Noël en participant à nos liturgies festives, se convertiront, reviendront vers le Seigneur, changeront de vies ? Ils seront certainement très nombreux… Mystère de l’Enfant qui revient, de l’Esprit qui agit, de notre témoignage discret, mais qui porte ses fruits sans que nous le sachions.

Désormais nous sommes tous environnés de la lumière et de la tendresse de Marie. Nous avons en nous cet Esprit du Seigneur. Il repose sur nous pour nous permettre d’être des témoins, portant la Bonne Nouvelle aux pauvres et accompagnant la guérison de ceux qui ont le cœur blessé. A l’image du Baptiste qui l’annonce, le doigt levé bien haut, nous proclamons qu’il revient le Sauveur du monde et que nous n’avons pas à redouter son retour.

Au contraire, nous exultons de joie en Dieu notre Sauveur et comme le dit Paul aux chrétiens de Thessalonique, nous devons rester dans des sentiments de joie et de paix, rendant grâce en toute circonstance. Voilà ce qui doit animer nos personnes et nos vies et dominer en nous. Il nous faut aplanir le chemin, pour que le Seigneur y marche sans détours. Il nous faut discerner la valeur de toute chose, gardant ce qui est bien et nous éloignant de ce qui porte la trace du mal.

Oui, voilà l’attitude d’un chrétien. Même si nous sommes tournés en dérision, critiqués, attaqués dans ce qui fait l’essentiel de notre foi, nous répondrons à l’insulte, par le pardon et la mansuétude, comme le fit le Christ durant sa passion.

Vous allez me trouver bien pessimiste en ce temps de joie… Il n’en est rien !

Ce trésor, celui du Christ présent au milieu de nous, la joie que nous inspire la liturgie de ce 3ème dimanche de l’Avent, les vêtements roses que nous portons, qui montrent la jubilation de ce temps de l’attente, et surtout le désir d’être en union avec Marie, qui attend le Sauveur du Monde, cette joie profonde, personne ne peut nous la ravir.

Car il est venu sauver tous les hommes, sans distinction de race ou de culture et c’est cela aussi notre force.

Oui, Jésus revient parmi les siens. Il revient naître à Marseille, parmi les Marseillais, parmi les Provençaux, célébré dans nos Pastorales, ces Pastorales qui mettent les villageois en chemin à l’appel de l’ange, un chemin durant lequel ils se convertissent, changent radicalement leur vie… car Jésus est de tous pays et pour tout homme ; il est cosmique.

Il vient dans le respect des consciences et encore aujourd’hui, Frères et Sœurs, il frappe à la porte de notre cœur pour nous demander si nous voulons le recevoir.

La réponse dépend de notre écoute, de notre désir d’entrouvrir nos consciences.

Faisons comme la Vierge Marie, la Théotokos, l’Immaculée Conception et disons à l’ange : « Fiat », oui je veux recevoir Jésus dans ma vie ! Je veux le garder dans mon cœur, même si je ne suis pas digne de défaire la courroie de sa sandale.

Oui, en ce temps de l’Avent, nous te rendons grâce Seigneur, pour la clarté grandissante de notre foi. Aide-nous toujours à être des témoins de ton amour. Amen.

Jean-Pierre Ellul.

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