Homélie pour la Toussaint 2008.

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Frères et Soeurs, 

Parmi le peuple immense de ceux qui ont cherché le Seigneur, nous retenons quelques visages dont les statues qui les représentent ornent les chapelles de notre basilique.

C’est vers eux que nous sommes allés dès l’entrée solennelle de cette liturgie de Toussaint, pour les remercier de nous environner de leur sainteté et de se présenter à nous comme des modèles que l’Eglise nous propose d’imiter.

Passons rapidement sur les racines de cette célébration de Toussaint, aux lendemains de la consécration de l’église  du Panthéon à Rome, où au VIe siècle, on transporta bon nombre de reliques et arrêtons-nous brièvement à ce qui nous occupe aujourd’hui :  la sainteté.

Elle prend racine aux sources de l’Evangile, elle s’origine en la personne du Christ Jésus, venu nous montrer l’amour du Père et que nous reconnaissons agissant dans nos vies avec l’aide de l’Esprit Saint. Sainte Trinité qui anime tous les saints, car ils ont appliqué dans leur vie les mérites reçus du mystère pascal du Christ.

Radicalité,  don total de leurs personnes, exemple de vie offerte jusqu’au martyre, les saints ont aussi assumé cette mort mystique, totalement unis au Seigneur, s’appliquant à faire le bien, mourant en odeur de sainteté, dont les corps livrés à la terre, puis portés sur les autels, ont apporté au Peuple de Dieu, bienfaits et guérisons. Quelques-uns d’entre eux sont là dans notre église, dédiée à la miséricorde et aux cœurs purs.

Dès l’entrée, c’est le Sacré-Cœur qui montre son cœur qui nous accueille et vient vers nous, Jésus, doux et humble de cœur, nous invitant à devenir comme lui, témoin de paix et de miséricorde, d’amour et de pardon. A devenir des saints !


En vis-à-vis, la Vierge Marie, portant son Enfant. Elle nous regarde et dans un geste d’amour elle nous l’offre, ouvre ses mains et son cœur pour que nous puissions y déposer nos actions de grâces, mais également nos demandes, nos prières, nos cris intérieurs nos remerciements. Elle entend, elle comprend, elle présente sans cesse à Jésus, tout ce que nous laissons passer par elle.



Près d’elle, se tiennent Mgr de Belsunce et Saint Josémaria. Deux géants du don total. L’un, (qui n’est pas un saint), par son travail apostolique contre l’hérésie janséniste, si sournoise et insidieuse, menant les chrétiens vers une vision d’un Dieu jaloux et vengeur. On ne pouvait plus relever la tête, sinon pour le craindre, sans être sûr d’entrer un jour dans le Royaume, tant l’homme est esclave de ses passions. Sans prédestination, comment aspirer à le voir face à face ? Alors en ce XVIIIè siècle, Mgr de Belsunce, en s’appuyant sur les Jésuites,  et le prêtres de son diocèse, préconisera une religion d’amour, faite de profondeur, de simplicité de l’étude des textes de la Parole de Dieu, mettant en exergue l’adoration eucharistique.


Il consacrera la ville et le diocèse de Marseille au Cœur Sacré-de Jésus en 1720. Notre église en est le témoignage et se souvient de l’histoire prodigieuse de cette jeune visitandine qui, quelques années après la mort de Ste Marguerite Marie de Paray le Monial, entrera au couvent près de la vieille Charité. La vénérable Anne-Madeleine Rémuzat vit plusieurs fois Jésus se montant à elle, et dans un élan de foi total, faisant une alliance mystique avec elle, prit son cœur pour le mettre dans le sien. Il en fit sa messagère.


Quel exemple de sainteté, d’humilité, de foi d’espérance et de charité. Elle a vécu dans sa vie, la passion du Christ, reçut les stigmates, et nous gardons ici la relique de son cœur qui opère des miracles et des guérisons intérieures.

Saint Josémaria fut celui qui au XXe siècle  proposera à tous les chrétiens, de vivre l’évangile dans leur vie quotidienne. Simplement, sans ostentation, mais dans une reconnaissance de ce que le sacrement de baptême et de confirmation nous permet d’être. Sanctifier tous les actes de notre vie, dans une communion d’idée, de pensée et de prière avec celui qui est le don total, qui est Amour. Faire l’œuvre de Dieu, mettre tout en œuvre pour Dieu, rester inséré dans sa vie professionnelle et continuer ses activités en se sanctifiant quotidiennement. Le Concile Vatican II, parlant des laïcs du Christ, viendra couronner cette proposition et l’ouvrir au monde entier.

Avec les années de la grande guerre de 14-18, comment ne pas nous tourner et prier Ste Thérèse de l’Enfant Jésus de la Ste Face ? Passer son temps dans le ciel à faire du bien sur la terre, relayé par une pluie de roses, chaque pétale détachée de la fleur, et qui touchera tant d’âmes de soldats, mourrant en la priant, demandant pour leur famille, grâce et miséricorde.

Pour ceux qui ne sont pas revenus, nous en gardons la mémoire, dont les noms sont gravés sur ces dalles recouvrant les murs du déambulatoire entourant l’autel du Seigneur.

Certains sont morts comme des saints. Inconnus pour la plupart mais très présents à notre mémoire, associés à ceux qui périrent dans les autres conflits du XXe siècle, ils prient pour nous et pour Marseille, afin que notre ville et ses habitants restent fidèles aux promesses de 1720, lors de la grande peste. Et comment ne pas pense à tous ces prêtres qui assistèrent les agonisants au péril de leur vie ?

Côte à côte de chaque côté des nefs latérales, saint François d’Assise, le pauvre de Dieu et St Jean Eudes offrant le cœur du Christ nous redisent d’être pauvres de cœur. L’un se dépouillant de ses vêtements pour se cacher dans la chape de son évêque, vivant de mendicité et prêchant la parole en tous temps et en tous lieux, même aux animaux et aux oiseaux sous ce beau ciel d’Ombrie, où la présence de l’invisible se fait si tangible.

Et Jean Eudes, qu’on appelait le saint Vincent de Paul de la Normandie, animé de la même flamme, simple et chaleureux, invitant inlassablement ses auditeurs à ses lecteurs à renoncer à leur volonté propre pour s’abandonner à celle de Dieu. « Etre chrétien et être saint disait-il, ce n’est qu’une même chose. » Il a vécu en union avec le cœur de Jésus et de Marie, ce cœur symbole d’amour dont il devait instaurer la fête en 1672.

Saint Claude de la Colombière, prêtre selon le cœur de Dieu, que Jésus lui-même désigna à Ste Marguerite-Marie, comme son fidèle serviteur et parfait ami, fut un religieux admirable, qui par vœu de fidélité s’appliqua à observer fidèlement la moindre règle de son Institut et vécut dans un cœur à cœur total avec Dieu. Ne cherchez pas sa statue, elle ne fut pas réalisée… Peut-être un jour ?

Si nous continuons de faire le tour des chapelles, nous rencontrerons St Joseph, l’homme affable, l’homme du silence, le gardien de la Vierge Marie et de l’Enfant-Jésus. Il sut accompagner le Seigneur, dans la discrétion et la pudeur, comme vous le faites vous-même avec vos enfants et ceux qui vous sont confiés.

Je n’oublie pas sainte Rita, femme de caractère, toute adonnée à l’Evangile, se consacrant à Dieu après la mort de son époux et de ses fils. Elle est la sainte des causes désespérées, mais aussi la sainte de la fidélité à la Parole de Dieu. Tellement fidèle et sûre de la puissance de Dieu, qu’un rosier fleurira durant l’hiver, démonstration que Dieu peut tout si on le lui demande simplement et avec foi.

Quant à saint Padre Pio, il n’y a qu’a le regarder pour avoir immédiatement une attitude de prière intérieure et de confiance. Voilà un modèle d’obéissance. Il fut persécuté, diffamé, moqué, abaissé. Jamais il ne faillira et sera trouvé fidèle à son sacerdoce, vécut dans une obéissance totale, lui dont les stigmates se refermèrent le jour de sa mort. Elles avaient « prouvé » la puissance de Dieu et sa participation à la passion de son Fils, désormais il est près de lui dans la béatitude éternelle.

Frères et Sœurs, voilà ces hérauts de la foi ! Ils sont présents dans notre basilique et nous invitent à devenir nous-même des saints !

Voulez-vous qu’on associe également aux saints connus ou moins connus, tous les membres de nos familles, retournés près de Dieu ?

Beaucoup d’entre eux furent des saints sans le savoir, vivant dans l’immédiateté de Dieu, une vie de fidélité et de prière. Ils sont nos modèles, ils intercèdent pour nous auprès du Seigneur.

Saints et Saintes de Dieu dont la vie et la mort ont chanté Jésus-Christ, sur les routes du monde.

Saints et Saintes de Dieu priez pour nous. Amen.
    

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