Homélie pour le 28ème dimanche – 12 octobre 2008

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Frères et Sœurs,

Nous quittons la vigne du Seigneur pour le repas des noces dont nous parle Matthieu. Un repas bien préparé et qui se termine mal. Le roi est en colère car il n’obtient que des refus et fait inviter les petits, les méchants comme les bons, ceux qui ne s’y attendaient pas. Etre invité gratuitement et de plus par le roi ! La salle est pleine. Il en sera ainsi du Royaume dit Jésus aux Pharisiens et aux scribes. Le royaume vous sera enlevé pour être donné à d’autres qui auront le cœur ouvert à ma Parole.

Le roi entre pour voir les convives et les saluer. Un homme n’a pas le vêtement de noce ! Pourquoi ne l’a-t-il pas revêtu ? Pourquoi être resté tel quel ? Pas de réponse !  Et de plus il garde le silence. Silence respectueux ? Silence, car il a peut-être été forcé d’entrer ? Silence, parce qu’il n’a pas de quoi se vêtir ? Mais un silence orgueilleux et qui semble tenir tête au maître de maison.

Peut-on lui faire le reproche d’être entré sans vêtement de noce ? Mais peut-être qu’il n’a pas eut le temps de se changer ou pas fait d’effort pour s’en procurer un. L’invitation a été si soudaine ! Est-il mauvais, est-il bon ?

Questions sans réponses, d’autant que les serviteurs sont allés sur les chemins pour rassembler tous ceux qu’ils rencontrèrent. La question du roi appelait une réponse, une explication simple de sa part ! Non s’il est là… c’est parce qu’il a suivi tous les autres. Et c’est ce silence qui provoque la colère du roi. Silence sur sa vie, silence sur sa condition actuelle, silence devant celui que lui pose la question. Il est jeté dans les ténèbres !

Et nous ? Quels comportements aurons-nous devant le Seigneur lorsque nous nous présenterons devant lui ? Resterons-nous silencieux, n’ayant rien à dire, car n’ayant pas mis en pratique dans notre vie ce à quoi il nous invitait ?

Quel vêtement nous préparons-nous, pour entrer dans la vie éternelle, pour notre rencontre avec le Christ ? Alors que les médias ne parlent que de crise économique mais  aussi  des collections de mode présentées à Paris cette semaine, les couturiers doivent être heureux d’entendre l’évangile de ce jour. Quelle belle publicité pour eux.

Et pourtant, aussi compétents qu’ils soient, ils n’arriveront jamais à réaliser les vêtements dont le Christ nous parle. En effet, il n’existe à ce jour, aucun tissu qui permette de confectionner les habits de la foi, pour participer à la noce ; un vêtement spécifique, que nous revêtirions pour dire l’aujourd’hui de notre bonheur de croire. Il serait cousu avec les plus beaux fils, fils invisibles, fils entrelacés d’amour et de douceur. Mais vous l’avez compris, c’est nous qui le tissons ce vêtement, car le Seigneur lui, sait de quoi nous sommes faits.

Créés à son image, il met en nous toutes les capacités de vie et d’amour, pour nous permettre de faire aller librement « la navette », qui court au milieu des fils de trame de notre vie et nous permet d’aller à sa rencontre, de le reconnaître, de l’aimer. Mais nous, nous détournons souvent de lui pour commettre le mal, nous rejetons ses invitations… Et le tissage est mal fait…

Et pourtant, depuis le jour de notre baptême, quand l’eau a touché notre front, nous avons revêtu la robe baptismale, et chaque jour de notre vie, nous essayons de l’ajuster, de la mettre à nos mesures, pour qu’elle continue de nous aller. Oui, nous réalisons personnellement ce vêtement, qui nous permettra de participer un jour aux noces éternelles. Il sera différent, au cours de notre existence, car il faudra l’ajuster à nos mesures.

Trop court pour les uns et ne couvrant plus rien, car ils ne savent pas ajuster le surplus d’amour et de grâce que Dieu leur donne ; démodé pour les autres, ou ne le portant plus allant tout nus, car ils ont abandonné ou rejeté l’Eglise et n’ont plus de références religieuses ou morales.

Etriqué, aux coutures qui craquent pour ceux qui ont une conformation mentale sclérosée et ne voient plus Dieu sur leur chemin, sinon un dieu vengeur et terrible, ne pratiquant dans leur vie qu’un code de règles et de comportements répétitifs qui ne conduisent pas à la liberté et à la joie qui mènent au Royaume des Cieux. Et pourtant ils en sont fiers, sans voir le ridicule de leur accoutrement.

Jésus disait, « on ne coud pas un morceau neuf sur un vieux vêtement, car le morceau neuf tire sur l’ancien et le tout se déchire. » Ma robe de baptême, mon vêtement baptismal, mon vêtement spirituel, dans quel état est-il aujourd’hui ? Pur et blanchi par ma vie en Christ, par ma participation à la vie de l’Eglise, par mes prières et ma vie donnée ; par le pardon et l’amour que je sème autour de moi ; par le sacrement de réconciliation que je reçois ; par la Parole et l’Eucharistie à laquelle je participe dans la joie ?

Ou bien recouvert de tâches et troué par le péché, la calomnie, le reniement des promesses de mon baptême ? Si je regarde bien, n’est-il pas plutôt, défraîchi, avili, abandonné depuis longtemps ?  D’ailleurs, en suis-je toujours revêtu ?

« Ne vous y trompez pas, écrit Paul aux Galates : on ne se moque pas de Dieu. Car ce qu’on sème on le récolte : qui sème dans sa chair, récoltera de la chair, la corruption ; qui sème dans l’esprit, récoltera de l’Esprit, la Vie Eternelle. Ne nous lassons pas de faire le bien.» Gal. 6, 7-8

Surtout ne gardons pas le silence devant le Christ qui nous appelle à le suivre. Demandons à l’Esprit Saint d’éclairer le chemin spirituel que nous avons encore a accomplir, pour ne pas être jeté dehors… dans les ténèbres, par notre faute !

Comme Paul le propose aux Ephésiens : « Il vous faut abandonner votre premier genre de vie, par une transformation spirituelle de votre jugement et revêtir l’Homme-Nouveau, qui a été crée selon Dieu, dans la justice et la sainteté de la vérité. » 4, 22-24

Nous ne pouvons pas nous satisfaire de notre petite vie facile. Tout nous est donné, dans le Christ. Et si nous sommes là, célébrant l’Eucharistie, c’est que nous avons compris les promesses de Vie Eternelle auxquelles Dieu nous donne part. Nous n’avons pas gardé le silence ; nous avons répondu : « Me Voici !»

Dans l’Apocalypse il est écrit : « Je suis l’Alpha et l’Oméga, le premier et le Dernier, le Principe et la Fin… Heureux ceux qui lavent leurs robes : ils pourront disposer de l’arbre de Vie et pénétrer dans la Cité par les portes. » Apo. 22, Heureux les invités au festin des noces de l’Agneau.

Certes, dit Jésus la multitude des hommes est appelée, mais les élus sont peu nombreux.  L’invitation à ce repas de noce est une réelle communion à l’Esprit et à la puissance du Christ, qui nous donne la force pour participer dès maintenant à la vie de l’Eglise. Nous avons répondu oui, et nous avons eu raison d’avoir répondu positivement. Amen.

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