La Croix du Christ, chemin de Vie Eternelle

Publié le


Exaltation de la Sainte Croix.

St Charles 14 septembre 2008. Messes de 9h et 10h 30.

 

Au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit. Amen.

 

S’il est un signe, le signe de la Croix que nous venons de faire sur nous, avec grande dévotion, c’est bien aujourd’hui qu’il faut le faire. Ce signe de la croix, est notre fierté, comme le dit St Paul dans la lettre aux Galates et dans l’Introït que nous avons chanté : « Pour nous, toute notre gloire est dans la Croix de notre Seigneur Jésus-Christ, en qui est notre salut, notre vie et notre résurrection, par qui nous avons été sauvés et libérés. »Gal 6, 14.

Ce signe de la Croix rythme notre quotidien. Du début de la journée, jusqu’au coucher, la Croix nous rappelle que le Christ est mort sur elle, une fois pour toute, afin de nous libérer du péché et de nous introduire, par sa résurrection, dans la vie éternelle. Dès le sacrement de baptême, notre front et notre poitrine ont été marqués par la Croix du Christ, elle est là au moment ultime où le prêtre  dit : « Je te baptise, au nom du Père, du Fils et du St Esprit. Là encore, tracée sur notre front avec le St Chrême, ce signe nous signale que nous sommes configurés au Christ.

Et après notre vie terrestre, marquée par la joie de la rencontre avec Christ et l’Eglise, mais également par les croix de la souffrance, de la maladie, de la solitude et du péché, nous serons introduits, par les prières des funérailles, mais aussi accompagnés par l’eau bénite, tracée en signe de la Croix sur notre dépouille mortelle, rappel de notre baptême et par l’encens, dans l’intimité du royaume, accueillis par les fruits de la rédemption du Christ, dans sa sublime lumière.

Cette fête vient souligner, mais vous le savez déjà, la découverte par St Hélène de la Croix de Jésus ; c’est aussi le rappel de la dédicace, en 335, de l’Eglise du Saint Sépulcre de Jérusalem et le retour de la Sainte Croix, rendue par les Perses en 629. Liturgie triomphante, elle célèbre les trophées de la rédemption.

La semaine dernière, le Christ nous demandait d’aimer notre prochain comme nous même. Dans la semaine, nous avons d’ailleurs relu dans l’évangile de St Luc, la péricope de la poutre et de la paille. Et je réalisais une fois encore, que souvent nous « regardons » ce qui nous dérange dans l’autre, qui est créature, créée à l’image de Dieu, le jugeant, sans regarder la poutre qui est dans notre œil.

Esprit faux, dit Jésus, enlève d’abord la poutre de ton œil, puis après tu pourras parler à l’autre en charité. En fait, il nous faut être dans les sentiments du Christ Jésus. Lui qui était dans la condition de Dieu, il ne revendique pas d’être son égal. Bien au contraire, il s’anéantit lui-même et prend la condition d’esclave. Même, il se fait semblable aux hommes. Pensons un instant que le Logos, le Verbe de Dieu, se fait l’un des nôtres, et ainsi la Parole incarnée, dira le Pape Benoît XVI, avant-hier aux Bernardins, cette parole s’incarne, montre et parle de Dieu. Et c’est Dieu lui-même qui communique avec nous. Un Dieu d’amour qui aime tous les hommes et les recherchent. Oui, Dieu prend l’initiative, et nous, nous ne le voyons pas, tant nous sommes pris par nos idoles de toutes sortes. Il faut donc rejeter le péché, nous faire obéissant, comme le fit le Christ Jésus, afin qu’un jour nous aussi nous soyons exaltés, c’est-à-dire, configurés, mis en présence de celui qui a donné sa vie pour nous.

Oui, élevé de terre, le Christ attire à lui tous les hommes et nous avec. Il est là présent au milieu de nous, par sa Parole et par son Eucharistie, Saint-Sacrifice de la messe que nous célébrons en ce dimanche. 

« Saint Paul nous demande de faire usage non seulement de notre raison, mais surtout de notre foi pour le découvrir. Le pain que nous rompons est communion au Corps du Christ. Depuis déjà vingt siècles, le Seigneur ressuscité se donne à son peuple... Entourons donc de la plus grande vénération le sacrement du Corps et du Sang du Seigneur, le Très Saint-Sacrement de la présence réelle du Seigneur à son Eglise et à toute l'humanité. »

La messe,  a poursuivi hier le Pape Benoît XVI, sur l’esplanade des Invalides, "est le sacrifice d'action de grâce par excellence, celui qui nous permet d'unir notre propre action de grâce à celle du Sauveur... La messe nous invite à discerner ce qui, en nous, obéit à l'Esprit de Dieu et ce qui, en nous, reste à l'écoute de l'esprit du mal. »

         « Elever la coupe du salut et invoquer le nom du Seigneur, n'est-ce pas précisément le meilleur moyen de fuir les idoles, comme nous le demande saint Paul ? »

Chaque fois qu'une messe est célébrée, chaque fois que le Christ se rend sacramentellement présent dans son Eglise, c'est l’œuvre de notre salut qui s'accomplit... Lui seul nous apprend à fuir les idoles, mirages de la pensée".

Mais, s'est exclamé le Saint-Père, "qui peut élever la coupe du salut et invoquer le nom du Seigneur au nom du peuple de Dieu tout entier, sinon le prêtre?"

Et Benoît XVI a lancé "un appel à la foi et à la générosité des jeunes qui se posent la question de la vocation religieuse ou sacerdotale. N'ayez pas peur de donner votre vie au Christ ", leur a-t-il dit.

"Rien ne remplacera jamais le ministère des prêtres au cœur de l'Eglise ! L'espérance demeurera toujours la plus forte ! L'Eglise, bâtie sur le roc du Christ, possède les promesses de la vie éternelle, non parce que ses membres seraient plus saints que les autres hommes, mais parce que le Christ a fait cette promesse à Pierre : Tu es Pierre, et sur cette pierre, je bâtirai mon Eglise, et la puissance de la mort ne l'emportera pas sur elle".

Ces forces du mal, très nombreuses, ont eu beau se faire jour, pour dénoncer un Pape timide et professoral, ayant peur des foules ou le comparer à Jean-Paul II, il n’en reste pas moins, que le peuple de France, du moins ceux qui étaient à Paris et à Lourdes et qui nous représentaient, relayés par les nombreux fidèles qui devant leurs postes de télévision, ont suivi le St Père, ont été des témoins de la foi, des témoins tellement nombreux que les commentateurs, car je ne regardais pas KTO, mais une chaîne nationale, ne pouvaient, malgré quelques commentaires acerbes, ne pouvaient pas ne pas se rendre compte de la foi de tout un peuple qui acclamait le Pape et célébrait avec lui. Certains ont même essayé ou voulu minimiser ces rassemblements, face à ceux de l’Islam ou à d’autres religions spiritualistes, mais les catholiques ont fait la démonstration de leur force et de leur foi profonde.

Même si l’on a cherché çà et là dans la foule des fidèles, des intervenants aux commentaires non-conformes, d’autres, dont on tronquait d’ailleurs les réponses, ont affirmé, haut et fort leur foi en Christ ressuscité et en l’Eglise Une, Sainte, Catholique et apostolique. Et cela est pour nous tous, une grande espérance et une grande fierté.

Frères et Sœurs, célébrons dans la joie et dans la paix cette fête de l’Exaltation de la Ste Croix du Seigneur Jésus, et prions en ce dimanche, unis au Pape Benoît XVI qui célèbre à Lourdes, devant la grotte de la Vierge Immaculée, pour les vocations, pour la paix dans l’Eglise et les uns pour les autres.

Oui, la lumière est venue dans le monde, illuminer de ses feux toute notre vie. Cette lumière, c’est le Christ, comme nous le chantons le soir du Samedi Saint, durant la Veillée Pascale : « Joyeuse lumière, Parole éternelle du Père, saint et bienheureux Jésus-Christ. » Oui, Seigneur Jésus, avec toi et en toi, nous voulons rester des enfants de la lumière, pour illuminer tous ceux qui attendent cette lumière dans le monde. Aide-nous, avec Marie ta Mère, à être ces foyers ardents de lumière et de charité. Amen.

Au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit. Amen.

Mgr Jean-Pierre Ellul.

 

 

 

Publié dans Homélies St Charles

Commenter cet article