Homélie pour le 14è dimanche du temps de l'Eglise

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Homélie du 6 juillet 2008

Le Seigneur nous invite à venir vers Lui, à nous mettre en sa présence et à le suivre.

 C’est une invitation à nos décentrer de nous-même ; une invitation à un voyage spirituel. En ce temps de vacances, il nous propose un court déplacement, dans l’histoire de notre vie.

 Si vous choisissez de le suivre, comme je vous y invite durant cette méditation, n’emportez rien qui puisse entraver votre marche. Au contraire, laissez-vous envahir par la joie d’être avec lui, de partir à ses côtés, pour découvrir des horizons nouveaux, pour regarder autrement, pour vous émerveiller de sa présence, pour l’écouter vous parler.

 « Père je proclame ta louange, ce que tu caches aux savants, tu nous le relèves. » Allez, mettons-nous avec les tout-petits. Pour une fois cela nous changera, et va nous permettre de regarder, -comme du dehors, et en vis-à-vis-, qui, et ce que nous sommes : de quantifier notre orgueil, notre suffisance, notre grandiloquence, notre carapace bien hermétique, nos discours bien rôdés, nos certitudes intangibles, nos enfermements et nos nombreux péchés.

C’est donc une invitation à changer de vie, à être humbles, dans une attitude d’adoration et de prière intérieure. C’est savoir et vouloir également tout recevoir de Dieu. Ceux qui s’y essaient, vont expérimenter la familiarité divine, ils seront « chez Dieu comme chez eux », et ils vous diront tous, leur étonnement d’y être accueillis avec une telle simplicité.

 Vous reviendrez de cette expérience spirituelle, avec un cœur humble, une douceur qui vient de celui qui est doux et humble de cœur.

 « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau et je vous procurerai le repos. » Oui, Seigneur, nous venons vers toi, pour te remercier de t’avoir rencontré un jour sur le chemin de notre vie ; de t’avoir tout donné, de te louer, de te prier, de bénir ton action et celle de l’Esprit-Saint en moi.

 Je suis à l’intime de toi-même, et par le baptême tu as fait de moi un autre Christ, pour dispenser, quand cela m’est possible, tendresse et mansuétude. Seigneur je t’en remercie.

 Ce merci, je te le dis, pour tout ce que tu m’accordes dans ma vie. Ce merci est à l’image de cette prière humble et vraie, que nous avons vu avant-hier, sur nos écrans de télévision, lorsque qu’Ingrid Bettancourt, devant les caméras du monde entier, s’est agenouillée avec les otages libérés et sa famille, pour te louer, remercier la Vierge Marie, et te glorifier.

 Car c’est par Toi, disait-elle, qu’elle à tenue dans sa longue captivité, car tu étais avec elle ; Marie était avec elle lorsqu’elle communiquait, tout particulièrement le samedi par les mystères du rosaire avec ses enfants et sa famille, et que jours après jours, tu lui as donné ta force et ton courage, et cette intériorité, qui ne s’est jamais transformé en haine ou en injures.

 Quel exemple pour nous tous, de christianisme, d’abandon à ta volonté, de rayonnement de ton amour. Mais quelle gêne pour les médias, qui ont immédiatement coupé de leurs retransmissions ce moment de prière et d’action de grâce, comme pour obérer la présence et les signes de Dieu. Mais Dieu est plus grand que tout, et ces images ont désormais fait le tour du monde et disent ta puissance d’amour et que tu es toujours présent dans les situations les plus dramatiques, présent dans les humbles et les petits.

 Moi aussi, Seigneur Jésus, je veux prendre sur mon moi ton joug, pour devenir toujours en encore ton disciple. Seigneur aide-moi à avoir en toi, le repos de mon âme.

 Que ton Esprit-Saint, me donne de pouvoir convertir ma vie, de devenir doux et humble de cœur.  

Mais comment y parvenir sans toi ?

Je sais que tu m’aimes, non parce que je suis «quelqu’un de bien » ou « pleins de mérites. » Non, tu m’aimes gratuitement, parce que tu es l’amour, parce que tu es notre Père et que moi, je me reconnais tout petit devant toi. Du moins j’essaie de l’être, car c’est difficile de me vaincre, de changer, de me convertir, mais aussi parce que j’oublie presque immédiatement, ce que je te promets en cet instant.

 Aide-moi à ne pas écraser les autres, à parader, à ne pas tout savoir sur tout ; amoindris mon orgueil, ma suffisance, mon arrogance.

 Fais que je vive plus sous l’emprise de la chair, mais sous celle de l’Esprit qui est en moi. Toi qui es la miséricorde incarnée, donne-moi de déposer les lourds fardeaux que je porte dans ma vie, fais que je puisse m’arrêter un instant, pour souffler, pour prier, pour me recentrer sur toi.

 Fardeaux de la maladie qui me frappe, d’un deuil familial, de la dépression, des séparations et du divorce, des injustices, des fautes graves dans ma vie, de l’insoumission à ta volonté, des reniements incessants, du pessimisme qui m’envahit, du mensonge et du péché qui ternissent mon âme.

 Mets en moi, la joie, l’exultation, l’assurance de ne faire qu’un avec toi. Oui, change mon regard, libère-moi de mes fautes, et surtout, fais que je ne doute plus de moi, que je puisse m’accepter tel que je suis, pour pouvoir progresser dans ma vie spirituelle, dans ma vie de couple, dans ma vie de jeune, dans ma relation avec les autres, dans mon amour pour toi.

 Voilà, Seigneur, tu m’as invité et je suis parti à ta suite.

 Quel bilan ! Je suis ébloui par ta tendresse, relevé par ton amour, accompagné par l’Esprit-Saint, qui vient de me faire réaliser une fois encore, que tu es là, bien présent dans ma vie et que ta présence, celle de ta parole et de ton Eucharistie, me fortifient chaque jour.

 Comme Marie ta Mère, je chante avec elle le Magnificat, sur le chemin du retour vers ma vie quotidienne : « Oui, mon âme exalte le Seigneur ».  

Et moi je te dis : Seigneur je te rends grâce ; ce que tu as caché aux savants, tu viens de me le révéler.

 Merci pour la joie et l’amour que tu mets en moi.

 Amen

 Mgr. Jean-Pierre ELLUL

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