21 novembre 2010 - Homélie à la paroisse St Charles

Publié le par Recteur de la Basilique du Sacré-Coeur de Marseil

La paroisse Saint-Charles, à la rue Grignan, dont je suis également le recteur, est dévolue au rite ancien, où la messe et les sacrements sont célébrés en latin dans le rite de 1962 ; c'est donc pour cela que la fête du Christ-Roi de l'Univers est célébrée le dernier dimanche d'octobre.

 

Homélie pour le dernier dimanche de l’année liturgique.

Dimanche 21 novembre 2010, 24ème et dernier dimanche après la Pentecôte.

 

+ Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit.

            C’est en ce 24ème et dernier dimanche, que se termine l’année liturgique, avec en plus, dans l’Eglise Universelle, la fête du Christ Roi de l’Univers, et le dimanche prenant le pas sur toutes fêtes, celle de la Présentation de la Ste Vierge au Temple.

            St Paul dans la première lecture rappelle les prières qu’il adresse à Dieu pour sa communauté, le remerciant de donner à ces premiers témoins de l’Evangile du Christ ressuscité, la plénitude de la connaissance de la volonté de Dieu. Et la collecte, (l’oraison de la messe) en fait écho, en suppliant le Seigneur de réveiller en nous le zèle qui nous permettra de travailler avec plus d’ardeur, à l’achèvement de l’œuvre divine.

            Marchons à la rencontre du Seigneur qui vient, portons du fruit par toutes sortes de bonnes œuvres, soyons attentifs à la croissance de la connaissance de Dieu et de sa Parole en nous, comme le rappelle le beau texte post-synodal sur la Parole de Dieu, intitulé « Verbum Domini » du 11 novembre dernier, et que je vous invite à découvrir, à lire et à méditer, pour mieux vivre de cette Parole révélée, afin de devenir des saints, nous qui avons été arrachés à la puissance des ténèbres, pour passer, par Jésus le Christ, dans son royaume de lumière et de paix.

            Arrêtons-nous un instant à cette vision du Christ, rapporté par l’Evangile de Matthieu, qui plus de 40 ans avant les évènements historiques, prédit à ses disciples la chute de Jérusalem. Et c’est vrai que les armées de Titus, en 70, viendront mettre l’abomination de la désolation dans le Temple saint.             Les propos du Christ sont durs à entendre et les disciples ne comprennent pas, que cela marquera la fin de l’Alliance ancienne.

Oui, pour ceux qui vont le vivre, ce sera un drame sans précédant que de voir le Temple de Dieu investi par les légions romaines et leurs trophées, le Saint des Saints profané, puis détruit par les païens, les oliviers coupés à des kilomètres à la ronde, et la fuite des juifs pieux vers la citadelle de Massada, où ils se donnèrent la mort pour résister à l’envahisseur romain. Pour les autres, un long temps de diaspora commencera, et St Jean dans l’Apocalypse redira bellement, en des termes cachés, puis révélés, ce cataclysme spirituel.

Ultimes phrases qui stigmatisent la recherche effrénée de celui qui va venir, de celui qui n’est pas le Fils de Dieu, de ces paroles qui détournent de la volonté de Dieu et de ces désobéissances que l’on croit être fondamentales et qui nous aliènent, car elle viennent de l’Esprit du Mal, caché sous des replis de lumière.

Ah oui, nous dit Jésus, ils réalisent de grands miracles, ils donnent le change, ils ont des disciples nombreux, qui par héroïsme ou par bêtise, les suivent sans plus se poser de question, alors que le Christ, que l’Eglise est là, pour faire entendre sa parole. Mais comment entendre la Parole du Seigneur lorsque les cieux se sont obscurcis et que l’on voit tomber du ciel, les astres en qui nous avons mis notre confiance ? Comment ? Mais en écoutant la Parole de l’Evangile, en restant fidèle au Magistère, en méditant ce que nous dit Jésus, en restant les yeux fixés à la croix, en menant une vie de ressuscité.

            Dieu envoie ses anges, comme Gabriel, lorsqu’il vint vers Marie, l’Immaculée Conception. Avec la fête de la Présentation de la Vierge dans le temple du Seigneur, la tradition de l’Eglise antique nous transmet la démarche de ses parents, Anne et Joachim.

 

Marie qui est présentée, est enveloppée de la miséricorde du Père, et ses parents la consacre totalement à lui, corps et âme, consécration virginale qui s’est faite de façon si secrète, si intime, que l’Ecriture Sainte n’en parle même pas de façon explicite. 

Marie se remet dans les mains de Dieu pour lui appartenir totalement, dans l’obéissance à sa Parole. En rappelant la mémoire de cette fête, demandons-lui, à elle que nous évoquons et prions ici, sous le beau vocable de Notre-Dame des Malades, de nous secourir de tous nos maux, de nous donner cette force d’âme pour nous consacrer, comme elle, tous les jours, à son divin Fils, dans une obéissance totale à l’Eglise. Nous prions en ce jour pour tous ceux qui se consacrent au Seigneur, en prennent la soutane ou l’habit religieux, et tous ceux qui s’avancent, le cœur pur et les mains tendues, vers celui qui est Amour, pour lui consacrer toute leur vie.

            Oui, Chers frères et sœurs, prions pour que, dans nos vies, ce soit toujours le Christ-Roi de l’univers qui ait la première place. Entendre ses paroles de pardon, voir sa couronne d’épines, se rendre bien compte des souffrances qu’il a endurées pour le pardon de nos péchés, le voir mourir sur la Croix, fut pour Marie et les disciples, l’abomination de la désolation.

Un homme si bon, un prophète d’amour, un semeur de joie et de paix, avec ce regard qui transperçait de l’intérieur, lui qui pardonnait et renvoyait pardonné, lavé de tout péché, voilà ce qui restait de celui qui cloué à la croix, pardonnait à ses bourreaux.

Lui qui devait leur donner des fleuves d’eaux vives, qui s’était montré transfiguré à ses disciples, qui avait ressuscité Lazare, et avait, pour l’éternité, pris du pain et du vin, pour en faire son Corps et son Sang, livrés, donnés, pour que nous ayons la vie éternelle, voilà que dans un grand cri, remettait son âme entre les mais du Père et tout semblait désormais terminé.

C’est sûr que la conscience vous lâche, dit Charles Péguy, qu’on ne comprend plus rien, qu’il faut faire un effort pour voir. Pourtant c’est si simple d’entendre Jésus nous dire : « Confiance, petit troupeau, j’ai vaincu le Monde ! »

Oui, Seigneur, nous avons confiance, nous gardons confiance, car nous témoignons de ta résurrection, toi qui nous appelles à la Vie Eternelle.

Avant de réentendre les grands cris des prophètes de l’Ancien Testament, annonçant ta naissance, nous nous mettons sous le regard maternel de Marie, et fidèle en tout, nous l’écoutons nous dire, comme elle le fit à Cano : « Faites tous ce qu’il dira. »

« Fais Seigneur que tout ce qu’il y a de maladies spirituelles dans nos âmes, soit guéries par l’eucharistie à laquelle nous participons. »

C’est sur ces phrases de la prière de la postcommunion, que je vous souhaite, Chers Frères et Sœurs, un très bon temps de l’Avent, avec l’âme et le cœur en paix. Amen.

Publié dans Homélies St Charles

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