1er dimanche de l'Avent : "Vers toi Seigneur j'élève mon âme !"

Publié le par Recteur de la Basilique du Sacré-Coeur de Marseil

1er et  2 Décembre 2012 – 1er Dimanche de l’Avent –

Chers Frères et Sœurs,

Un temps de l’Avent rempli de nouveautés : en effet : nous sommes dans l’Année de la Foi et ce temps liturgique prend un ton tout particulier, car nous avons encore et toujours, à communiquer ce qui fait l’essentiel de notre foi : annoncer que Jésus est vivant, qu’il est ressuscité et que nous attendons son retour dans la gloire. Et ce premier cierge allumé, tout près de la Parole de Dieu, en est le témoin ; témoin de cette lumière qui nous illumine, qui illumine nos vies depuis notre baptême. Nous avons entendu l’Introït de ce premier dimanche, chanté par les moines de Solesme : « C’est vers Toi, Seigneur que j’élève mon âme, c’est en toi seul que je me confie, car j’attends dans l’espérance et dans la foi. »

La promesse va s’accomplir. Ne nous habituons pas d’attendre ; que cette attente nous permette d’aller à la rencontre de celui qui vient, comme un tout petit ! Nous sommes dans l’attitude de Marie, l’Immaculée Conception, qui est aux derniers jours de sa grossesse et qui va mettre au monde le Fils du Verbe éternel. Elle aussi attend, avec Joseph, et ils attendent dans la foi, en se demandant quel sera cet enfant. L’Ange Gabriel lui a dit pourtant : qu’il serait le Fils du Très-Haut et qu’il sauverait son peuple de tous ses péchés. Et pourtant, ils attendent. Et en projetant de partir pour Bethléem, en se mettant en route, c’est vers le Seigneur qu’ils élèvent leur âme, mettent en lui leur confiance, car il peut tout et bientôt, ils verront le salut de Dieu et la promesse tant attendue se réaliser.

Oui, le Seigneur va venir avec grande puissance. Non pas comme l’annoncent les gourous ou les millénaristes, qui à force de compter, veulent prendre à leur compte l’heure de Dieu. Non ! Seul Dieu connaît les temps ou les moments où il reviendra. L’essentiel est que « le filet » ne tombe pas sur nous à l’improviste et sans que nous ayons le temps de nous convertir.

C’est pour cela que l’Eglise, maîtresse de vie, nous propose chaque année d’être vigilants, afin de nous trouver éveillés, debout devant le Fils de l’homme qui revient pour essuyer toutes larmes de nos yeux.

Ce temps est propice au retournement, à la conversion, à la reprise d’un contact plus étroit avec le Seigneur. L’année de la Foi nous le propose et nous y invite. Quand on voit le peu de formation de certains de nos frères chrétiens qui ne savent même plus faire le signe de la Croix, nous nous disons que nous avons beaucoup à faire, pour leur communiquer ce que nous, nous avons découvert : l’amour du Christ et de l’Eglise.

C’est pour cela que nous soignons tout particulièrement les liturgies dominicales et également la préparation au baptême et au mariage, en recevant les parents et les fiancés, pour partager avec eux l’essentiel de notre foi chrétienne. Surtout dans l’Eucharistie quotidienne ou dominicale.

Car c’est le Christ qui vient vers nous pour nous donner son Corps et son Sang. Alors quand on entend certains, n’être pas d’accord, parce que nous demandons… (pardon.. invitons… car nous ne voudrions pas imposer, sinon vous imaginez l’aliénation subie…), à des jeunes, au cours d’une messe, de se mettre à genoux au moment de la Consécration, nous entendre dire «qu’on ne se met à genoux que devant Dieu seul ». On se demande alors, pour eux, qui est le Christ ? Qui est Jésus ? N’est-il pas Dieu, la 2ème personne de la Ste Trinité ? Vous imaginez le vide sidéral de la réponse ?

Et je ne parle pas des célébrations de baptême ou de mariage, où je m’oblige à faire une catéchèse du niveau du cours préparatoire, pour que les fidèles comprennent le sens de ce qui se célèbre. Là encore on entend dire : « Mais depuis le Concile ? »… comme si le Concile avait changé les choses de la foi. Non, certains en ont pris à leur aise et se sont souvent autocélébrés, mais ce n’était pas l’Eglise qui demandait et proposait cela. Bien au contraire !

Il y a des règles liturgiques qu’il faut respecter. Imaginiez… si lors d’un match de foot ou de rugby, chacun fait ce qui lui plait ou invente constamment de nouvelles règles. ? Je ne pense pas que les supporter accepteraient cela et puissent le « supporter ». Et allez voir les célébrations des autres religions où tout est codifié ! Alors pourquoi ce terroriste intellectuel s’est-t-il imposé chez nous ? La question est posée et se pose encore… Est-ce cela, que d’être moderne ?

Le St Père a dit aux évêques en visite ad limina à Rome : C'est pour cette raison que la nouvelle évangélisation, dans laquelle l'Église s'est résolument engagée(…) se présente avec une urgence particulière, comme l'ont souligné les Pères du Synode (sur la Nouvelle Evangélisation) qui vient de s'achever. Elle demande à tous les chrétiens de «rendre compte de l'espérance qui les habite» (1 P 3, 15), consciente que l'un des obstacles les plus redoutables de notre mission pastorale est l'ignorance du contenu de la foi.

Il s'agit en réalité d'une double ignorance : une méconnaissance de la personne de Jésus-Christ et une ignorance de la sublimité de ses enseignements, de leur valeur universelle et permanente dans la quête du sens de la vie et du bonheur. Cette ignorance produit en outre dans les nouvelles générations l'incapacité de comprendre l'histoire et de se sentir héritier de cette tradition qui a façonné la vie, la société, l'art et la culture européenne.

En cette Année de la foi, (…) c'est l'Esprit Saint qui, par «la vigueur de l'Évangile, assure la jeunesse de l'Église et la renouvelle sans cesse» (Lumen gentium, n. 4). (…) Chaque initiative prise pour l'Année de la foi veut favoriser la redécouverte joyeuse et le renouvellement du témoignage de la foi pour que cette Année soit une occasion privilégiée de partager ce que le chrétien a de plus cher : le Christ Jésus, Rédempteur de l'homme, Roi de l'univers, « principe et terme de la foi » (He 12, 2) ». (…)

La nouvelle évangélisation sera efficace si elle engage en profondeur les communautés et les paroisses. Les signes de vitalité et l'engagement des fidèles laïcs dans la société française sont déjà une réalité encourageante. (…) Les laïcs, avec leurs évêques et les prêtres, sont protagonistes dans la vie de l'Église et dans sa mission d'évangélisation. (…)

L'Église en Europe et en France ne peut rester indifférente face à la diminution des vocations et des ordinations sacerdotales, non plus que des autres genres d'appel que Dieu suscite dans l'Église. Il est urgent de mobiliser toutes les énergies disponibles, pour que les jeunes puissent écouter la voix du Seigneur. Dieu appelle qui il veut et quand il veut. Cependant, les familles chrétiennes et les communautés ferventes demeurent des terrains particulièrement favorables.

Chers Frères et Sœurs, en ce temps de l’Avent qui commence, je vous laisse retrouver ces textes sur Internet afin de les lire « in extenso » et d’en faire votre profit. (http://www.eglise.catholique.fr/accueil.html)

En cette semaine où nous nous préparons, par une neuvaine de prière, à célébrer l’Immaculée Conception de la Vierge Marie, nous concluons notre première méditation de l’Avent par cette prière :

Ô Marie conçue sans péché,

Chef d’œuvre du Créateur,

Miroir sans tâche de l’activité de Dieu,

lutte avec nous contre le mal qui abime la Création

et altère en nous l’image Divine.
Aide-nous à respecter et protéger la vie de tout homme,

de sa conception à sa fin.

Donne-nous de porter les fruits

de Justice et de Sainteté que Dieu attend.
Mère très aimante,

veille à ce que les ressources naturelles

soient exploitées avec sagesse,

et leurs fruits justement partagés.

Guéris-nous de nos convoitises,

de nos désirs superflus

et de notre indifférence envers les plus pauvres.
Préserve-nous des calamités,

des catastrophes et des guerres fratricides.

Que par ton intercession

le règne d’Amour du Christ

s’étende dans tout l’univers.
Amen.

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