Messe à St Charles – 20 avril 2008.

Publié le

 



Messe du 4ème dimanche après Pâques – 10h 30.

 

Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit.

 

            « Chantez au Seigneur un cantique nouveau, Alléluia , car il a fait des merveilles ; aux yeux des nations il a révélé sa justice », avons-nous chanté lors de l’Introït de cette messe du 4ème dimanche après Pâques. Oui, notre alléluia de gratitude, monte vers le Christ ressuscité, qui nous donne à voir ses plaies et son côté ouvert, et qui désormais, va vers Celui qui l’a envoyé.

L’esprit-Saint sera bientôt répandu sur nous tous, pour que nous continuions d’être ses témoins. Nos cœurs ne sont-ils pas fixés là où se trouvent les vraies joies ?

Ainsi le Père réalise en nous l’unité, par le baptême nous configure au Christ Seigneur, et la lettre de St Jacques, souligne que tous dons parfaits viennent d’en haut et descendent du Père des Lumières.

Jésus annonce à ses disciples son départ, et la tristesse envahit leurs cœurs. Pourtant elle va se changer en joie, car il vient Celui qui révèle tout, et qui détruira le prince de ce monde, le tentateur, l’esprit du mal, satan.

En vis-à-vis, du Mal, c’est l’Esprit, le défenseur qui glorifiera le Christ Seigneur et nous fera connaître la vérité toute entière. Il confondra le monde au sujet du péché, de la justice et du jugement. Et dans ce monde, l’apôtre Pierre, celui à qui le Christ a confié son Eglise, continue de nous conduire vers son Royaume.

« Tu es Petrus ! » Il y a 3 ans, le mardi 19 avril 2005, depuis le balcon de la basilique de St Pierre de Rome, le cardinal Médina, annonçait la nomination du Cardinal Joseph Ratzinger, 265ème successeur de St Pierre, qui prenait le nom de Benoît XVI.

En  l’anniversaire de son élection, nous prions pour son ministère et sa personne. Il conduit le troupeau du Seigneur avec amour et humilité, essayant d’être artisan de réconciliation et de Paix. Il l’a dit d’ailleurs, lors de la célébration eucharistique il y a quelques jours au National’s Stadium, à Washington : "Dans l’exercice de mon ministère comme successeur de Pierre, je suis venu en Amérique pour vous confirmer (…) dans la foi des Apôtres (cf. Lc 22, 32). Je suis venu pour proclamer à nouveau, comme Pierre l’a proclamé le jour de la Pentecôte, que Jésus-Christ est Seigneur et Messie, ressuscité d’entre les morts, assis dans la gloire à la droite du Père, établi comme juge des vivants et des morts. [...]  Le Christ a établi son Église sur l’assise des Apôtres (cf. Ap 21, 14), comme une communauté visible et structurée, qui est en même temps une communion spirituelle, un corps mystique vivifié par les dons multiples de l’Esprit, et le sacrement du salut pour toute l’humanité (cf. Lumen Gentium, 8).
          En tout lieu et en tout temps, l’Église est appelée à croître, dans l’unité,  à travers une conversion constante au Christ, dont l’œuvre salvifique, est proclamée par les successeurs des Apôtres et célébrée dans les sacrements. Cette unité à son tour donne naissance, à un effort missionnaire incessant, comme l’Esprit pousse les croyants à proclamer « les merveilles de Dieu » et à inviter toutes les personnes, à entrer dans la communauté de ceux qui ont été sauvés par le sang du Christ et à qui a été accordée une nouvelle vie dans l’Esprit. [...]

Mais pour cela, dois-je ajouter, et nous en faisons tous les jours l’expérience, l’Eglise a besoin de témoins, comme nous essayons de l’êtes tous ici.

Oui, dit le Pape Benoît XVI : « Le monde a besoin de ce témoignage, [aujourd'hui où il connaît] des signes d’une rupture inquiétante dans les fondations mêmes de la société : signes d’aliénation, colère et radicalisation […], violence accrue, affaiblissement du sens moral, des relations sociales de plus en plus grossières, un oubli croissant du Christ et de Dieu. [...] dans une large mesure, le renouveau de l’Église… dépend du renouveau de la pratique de la Confession et de la croissance en sainteté, que ce sacrement à la fois inspire et accomplit [...] La puissance libératrice de ce sacrement, dans lequel la confession honnête de notre péché, rencontre la parole miséricordieuse de Dieu, parole de pardon et de paix, doit être redécouverte et réappropriée par tout catholique."

Crucial à cet égard est le rôle des fidèles laïcs, d'agir comme un «levain» dans la société. Pourtant, on ne peut présumer que tous les citoyens catholiques pensent en harmonie avec l'enseignement de l'Eglise sur les questions-clés d'éthique. Encore une fois, il vous revient de faire en sorte que la formation morale fournie à tous les niveaux de la vie ecclésiale reflète l'authentique enseignement de l'Evangile de la vie.À cet égard, un sujet de profonde préoccupation pour nous tous est l'état de la famille au sein de la société. [...] Comment ne pas être consterné, au moment où nous observons le fort déclin de la famille comme élément fondamental de l'Eglise et de la société ? Le divorce et l'infidélité ont augmenté, et beaucoup de jeunes hommes et de jeunes femmes choisissent de reporter le mariage ou d'y renoncer purement et simplement. Pour certains jeunes catholiques, le lien sacramentel du mariage semble difficilement discernable du lien civil, ou même purement informel et ouvert à tout arrangement pour vivre avec une autre personne. [...] La famille est, le lieu primordial de l'évangélisation, dans la transmission de la foi, dans l'aide aux jeunes à apprécier l'importance de la pratique religieuse et de l'observance du dimanche ».

Le Pape Benoît XVI a évoqué notamment, lors de sa rencontre avec les évêques et les prêtres, de la responsabilité des média et de leur usage :

« Que signifie, interrogeait le pape, parler de la protection des enfants, lorsque la pornographie et la violence peuvent être regardées dans de si nombreuses maisons, à travers les mass-media largement disponibles aujourd'hui? » C'est ainsi que le pape préconise « de réaffirmer les valeurs qui soutiennent la société, de manière à offrir aux jeunes et aux adultes une solide formation morale».

Surtout il renvoyait chaque éducateur à sa responsabilité en disant : « Chaque membre de la société peut contribuer à ce renouveau moral et en tirer profit. Prendre vraiment soin des jeunes et de l'avenir de notre civilisation, signifie reconnaître notre responsabilité de promouvoir et de vivre les valeurs morales authentiques qui sont les seules à rendre capable la personne humaine de se développer ».

Frères et Sœurs, en terminant ce florilège des paroles du Pape, je voudrais en citer quelque unes pour conclure : « Le temps passé dans la prière n'est jamais perdu, même si les devoirs qui nous pressent de toutes parts sont importants ».

Il invitait également les évêques, et à travers eux, les prêtres et tout le peuple de Dieu, à « l'adoration du Christ notre Seigneur dans le Très Saint Sacrement », parce qu'elle « prolonge et intensifie cette union avec lui, qui se constitue à travers la célébration eucharistique »et à la récitation du bréviaire. « Lorsque les fidèles savent que leur pasteur, est un homme qui prie et qui consacre sa vie à leur service, ils répondent avec une chaleur et une affection qui nourrit et soutient la vie de la communauté tout entière ».

En vérité, une concentration plus claire sur l'imitation du Christ, dans la sainteté de vie, est nécessaire si nous voulons aller de l'avant. Nous devons redécouvrir la joie de vivre une existence centrée sur le Christ, en cultivant les vertus et en nous plongeant dans la prière. Ainsi, la contemplation des mystères du Rosaire, libère toute leur force salvifique, en nous conformant, en nous unissant, et en nous consacrant à Jésus Christ (cf. Rosarium Virginis Mariae, 11.15).

Que Marie, la Vierge Immaculée, Reine du Temps Pascal et Reine de la paix, veille sur nous tous, afin que nous soyons d’authentiques témoins de son Fils Jésus, ressuscité d’entre les Morts. Amen.

Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen.                  Mgr J-P Ellul.

































Publié dans Homélies St Charles

Commenter cet article