Messe de Requiem pour le Chanoine Louis Bos

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Accueilimg049.jpg et homélie pour la messe de requiem du Chanoine Louis Bos

Prieur régional émérite de la Région Sud-Est

basilique du Sacré-Cœur 8 mars 2008.

 

 

Accueil

 

Après le chant d’entrée et le Requiem, Mgr Ellul salue les Dames et les Chevaliers du St Sépulcre ; les Chevaliers de Malte ; le Chanoine Guy Casseron, archiprêtre de la Cathédrale de Toulon, membre de l’Ordre, qui concélébre cette messe ; le diacre Georges Renoux, Mgr Matthieu Aquilina ; et tous  qui viennent s’ unir à cette messe. Christophe Guida est à l’orgue  et Pierre Federicci, cérémoniaire.

 

(…) »Le chanoine Bos, prêtre du Seigneur,  Chanoine titulaire de la cathédrale de Marseille ; Vice-Recteur de Notre-Dame de la Garde ; Prieur Régional, émérite de notre Région Sud-Est ; retiré chez les Petites Sœurs de Pauvres, et accomplissant son ministère de priant, d’orant, jusqu’à la fin, où il repartit, serein et confiant vers son Seigneur, le soir où nous chantions  la naissance de l’Enfant-Jésus. Dans tous les ministères qui lui ont été confiés,  il est passé en faisant le bien.

 

Prions pour lui, pour tous les défunts de nos familles,  les défunts de l’ordre, ceux qui sont confiés à notre prière. Unis à tous ceux qui, dans le Royaume, chantent au Christ,  la louange sans fin, à Celui qui revient, qui est l’Alpha et l’Oméga le commencement et la fin. A lui, louange et gloire pour les siècles des siècles. Amen. »

 

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Homélie

 

Frères et Sœurs bien aimés,

Chers confrères,

 

            Le premier texte de la Parole de Dieu qui me vient à l’esprit en pensant à la vie sacerdotale et aux activités apostoliques, très nombreuses du Chanoine Louis Bos, est celui-ci, écrit par l’Apôtre Jean, dans le livre de l’Apocalypse : « Heureux les morts qui s’endorment dans le Seigneur. Oui, dit l’Esprit de Dieu, qu’ils se reposent de leurs peines, car leurs actes les suivent. »

            Vous avez été un exemple pour nous tous ; un exemple de fidélité, d’attention, de sainteté. Le Père Bos, était un prêtre selon le cœur de Dieu, tout donné, un prêtre à l’image du Christ, dispensant la Parole, réconciliant ceux qui venaient vers lui pour puiser dans le sacrement de pénitence, la miséricorde du Christ.

Qui l’a vu célébrer l’Eucharistie, comprenait immédiatement que sa prière intérieure, la fougue de sa parole, malgré sa grande timidité, venait de l’Esprit qui lui inspirait jour après jour, les mots justes, percutants, les mots même de l’Evangile. Les yeux souvent remplis de larmes, il se laissait à la confidence, rappelant des faits de vies, des souvenirs, qu’il avait vécu au contact de tant de chrétiens qui venaient vers lui, comme l’on va à une source fraîche et désaltérante. Aviez-vous remarqué sa qualité d’écoute ? Les réponses qu’il donnait, en toute vérité, touchaient à l’intime de nous-même, nous faisant découvrir que nous n’étions pas sur la bonne route et qu’il fallait changer de cap, pour être trouvé juste, devant le Seigneur.

            Il est retourné vers son Seigneur tant aimé, la nuit de Noël, se présentant devant lui avec les bergers de la crèche, et tout ce peuple de Provence, chantant la Pastorale, car voulant faire naître Jésus, en chacun de nous.

Lors de ses obsèques, le 28 décembre 2007, notre archevêque, Mgr Georges Pontier et ses amis prêtres, ont évoqué à larges traits tout ce qui a fait sa vie. Et il y a un instant, notre confrère Roger Ciffréo, que je remercie pour son témoignage, nous a fait part, avec grande délicatesse de ce qu’il avait vécu avec le Père Bos. Nous pourrions, chacun à notre tour évoquer un fait de vie le concernant. A la fin de cette Eucharistie, c’est notre Délégué Régional, Me Gérard Caule, qui lui rendra également hommage.

            C’est au Grand-Séminaire de Marseille, à St Joseph, dans les années 67-69, j’étais encore séminariste, avec mes jeunes confrères, que nous avions rencontré le Père Bos. Je le revois encore, dans la salle de Théologie, dans une soutane trop étroite pour lui, mais comme nous la portions encore, il ne voulait pas se démarquer, tout confus qu’on lui ait demandé de venir, au pied levé, remplacer le professeur d’histoire qui venait d’être nommé à d’autres fonctions et qui avait quitté le séminaire. Il avait prévu, ce jour-là de nous parler de Savonarole.

Nous avions malheureusement pris l’habitude, pour certains, dont j’étais, de faire notre courrier, pendant ces cours d’histoire. Non que ce ne fut pas intéressant, mais tout était énoncé sur un ton monocorde, et nous, qui étions jeunes encore, nous passions d’un siècle à l’autre de la vie de la Sainte Eglise, avec ses péripéties, ses grandeurs et ses petitesses, sans même nous en rendre compte.

Mais le Père Bos, alors curé de St Calixte sut immédiatement nous captiver et lorsque la cloche sonna, je regardais Jean-Michel di Falco, étonné qu’il n’ait rien griffonné sur le cahier qui lui servait à prendre des notes, car lui faisait des dessins pour passer le temps. Non, nous étions tous à l’écouter, n’ayant pas vu passer l’heure. Durant ces années de théologie, il vint toutes les semaines, même pendant la période de mai 68 où, calmant les esprits, il prenait un fait d’histoire, pour tout remettre dans le bon ordre et nous montrer qu’il fallait rester serein.

Plus tard, je lui ai souvent rappelé cette première entrevue, et il me disait : « Tu me connais maintenant ; j’étais tellement terrorisé d’avoir à parler devant plus de 40 séminaristes, que je me suis mis à trembler, dès que je pris la parole. Qu’ai-je pu vous apporter, je me le demande encore ? » Comment ne pas nous souvenir de sa vaste culture, et le remercier de nous avoir donné le goût de l’histoire, de nous avoir pris par la main et par le cœur, pour nous faire découvrir cette Eglise, faite d’hommes et de femmes, de saints et de ceux qui le sont moins, mais tous, tendus vers la Parousie, dans l’attente du retour du Christ.

Oui, il nous apprenait à aimer l’Eglise, avec le cœur. L’Eglise, disait-il est votre mère, elle cheminera toujours à vos côtés. Elle vous fera parfois souffrir, mais comme vous avez promis obéissance, vous écouterez sa voix, la voix du Pape et de votre évêque, de votre curé si vous êtes vicaire, et en faisant ce qu’ils vous diront, en allant où ils vous enverront, vous ferez la volonté de Dieu et ainsi vous serez des hommes libres, des prêtres selon le cœur de Dieu.

J’ai souvent repensé à ces phrases. Nous étions encore trop jeunes pour en comprendre l’authenticité, mais elles étaient semées en nous, et devaient s’avérer très justes. L’expérience me l’a montré. Le temps arriva où il devait laisser sa charge de Prieur Régional. C’est alors que j’appris, à Notre-Dame- de-la-Garde, que je devais rendre le service, de continuer son ministère auprès de vous, et de mettre mes pas dans ses pas, pour servir dans l’Ordre Equestre du Saint-Sépulcre. J’ai encore en mémoire les propos échangés avant ma future nomination.

Comme elle n’était pas encore effective, j’avais demandé à Mgr Bernard Panafieu, s’il n’était pas possible de choisir un autre prêtre pour cette fonction importante. L’archevêque me dit : « Nous avons évoqué la chose avec le Père Bos, mais c’est vous qu’il a immédiatement proposé et donc si l’Ordre accepte, je vous demande de rendre ce service ecclésial. »

J’allais donc le voir. Il me dit ceci : « Tu sais, tu es jeune, tu as une autorité naturelle ; tu vas faire en sorte que nos Dames et nos Chevaliers aient une vraie vie spirituelle. « Tu vois, là je n’ai pas tout à fait réussi. J’aurais tant voulu les rassembler pour des entretiens spirituels, scripturaires, théologiques. Je n’ai pas vraiment pris le temps de le faire, ni même osé le faire. Pourtant il y a beaucoup de bonne volonté, chez les Dames et les Chevaliers tout donnés au Seigneur et rendant un immense service dans l’Ordre. Pourtant, comme te le dire : « Fais attention, certains voudront entrer dans l’Ordre pour le prestige de l’uniforme ou pour le manteau, recherchant la récompense de leurs mérites et de leurs services. »

« Nous ne sommes pas là pour être, comme ces arbres de Noël que l’on met dans nos maisons en période de Noël. Ils sont beaux et scintillants, mais lorsque la fête est finie et que les santons sont rangés, l’arbre perd ses aiguilles, on enlève ses guirlandes, et on le met à la poubelle. Souvent j’ai vu de ces arbres sur les trottoirs, et je pensais à cette recherche d’honneurs et de décorations ! Qu’est-ce tout cela dans le Royaume des Cieux ? » 

« Toi, occupe-toi de proposer des temps de spiritualité. Tu verras qui y viendra, et tu auras tout de suite la physionomie de la Région. Ce sont des baptisés, des consacrés, et à ce titre ils ont à prier pour la Terre Sainte, à s’offrir pour la paix, à donner leurs offrandes pour ceux qui souffrent dans le pays du Christ. »

Frères et Sœurs, je n’ai pas eu grand mal à réaliser son souhait, car dès ma nomination, la Lieutenance de France nous demandait de nous réunir pour prier et méditer sur les grands thèmes que Notre Grand Prieur, Mgr Jacques Perrier et Me André Damien nous proposaient.

Ce que j’ai fait, pour lui rendre hommage et suivre ses consignes, c’est de proposer de créer, dans les diocèses de Toulon et d’Avignon, d’autres sections, pour que les prêtres qui ont l’amabilité de nous rendre ce service spirituel, puissent rencontrer les Dames et les Chevaliers, pour une meilleure connaissance et un rayonnement évangélique.

Nice, Aix-en-Provence et Marseille avaient déjà des échanges et des rencontres, proposant, conférences et découverte de l’Ordre. Il nous manque actuellement, de venir nombreux aux retraites annuelles. Car là encore, le Père Bos, disait : « Ah, s’il y avait un cardinal ou quelqu’un de la Curie romaine, on laisserait tout, pour venir l’écouter et le rencontrer. »

Voyez, j’ai attendu ce jour pour évoquer quelques-unes de ses confidences, lors de notre rencontre, non pour épingler qui que ce soit ou pour vous faire des reproches, mais pour bien montrer les sentiments qui l’animaient et qui m’animent également. Nous avons besoin de chrétiens fervents, issus de tous les milieux. Et non une sélection de classe, comme cela se fait dans le monde. Parfois, je me demande si Jésus, le charpentier, aurait été reçu dans l’Ordre ? « De Nazareth, aurait-on dit, en découvrant son dossier, mais que peut-il en sortir de bon ? D’ailleurs il n’est pas de notre monde ! »

Il nous reste à réaliser deux choses. Puisqu’il nous entend depuis le Royaume des cieux, et je parle sous son contrôle, quels seraient ses souhaits : être de vrais Chevaliers, tout donné au Seigneur ; des Dames en voie de perfection. Mais cela, vous l’êtes déjà,  ou en passe de vraiment le devenir ; tenir nos langues ; là c’est plus difficile ;  être vrais et charitables, s’aimer comme des frères ; reconnaître l’autre comme s’il était le Christ.

Cher Père Bos, du haut du ciel, regardez cette Région du sud-est et demandez au Seigneur de nous bénir. Voyez, les uns et les autres, nous faisons ce que nous pouvons pour vivre les Béatitudes. Oui, je sais, vous nous regardez en souriant, comme pour nous dire, que nous pouvons faire plus et mieux.

Eh bien, c’est la résolution que nous prenons en cette fin de carême. Nous promettons au Seigneur et nous vous assurons, que nous serons humbles de cœur et dociles à l’Esprit Saint ; que nous marcherons à la rencontre les uns des autres, dans un esprit filial et fraternel ; que nous serons de vrais témoins du Christ, comme vous nous l’avez si souvent enseigné lors des récollections que vous avez conduit, des homélies que vous nous destiniez, des rencontres personnelles auxquelles nous étions si sensibles.

Vous avez été un prêtre selon le cœur de Dieu. La reconnaissance de l’Eglise vous l’avez eue, puisque dans tous les ministères qui vous ont été confiés, malgré votre grande culture et votre sainteté de vie, vous êtes resté dans une humilité totale, conversant avec le Christ, puisant en lui cette vigueur spirituelle qui souvent, nous a tous étonnés. Du haut de la colline, vous avez quotidiennement regardé Marie, Notre-Dame-de-la-Garde, qui vous disait de la part de son Fils : faites tout ce qu’il vous dira.

Reposez dans la paix, auprès de vos parents, et des prêtres qui vous ont précédé dans le Royaume, des membres de notre Ordre, et demandez au Seigneur, de répandre sur nous tous, présents et absents, qu’ils soient de l’Ordre ou simples paroissiens, grâce et miséricorde. Oui, reposez dans la lumière près de Dieu, nous prions pour vous. Amen. Mgr Jean-Pierre Ellul.

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Intervention de M. Roger Ciffréo

Cher Père Bos,

Cela fait trente six ans et demie que nous marchons de concert. En effet, j’ai le bonheur et le grand honneur de faire votre connaissance, en juin 1971. Notre relation s’est effectuée sur un critère d’efficacité. Vous aviez besoin d’être aidé dans les voyages que vous organisiez, sur le plan de l’intendance et du suivi des participants. Vos « inconditionnels » selon vous, vos « groupies » selon moi ! De là c’est créé un lien très fort au cours de nos pérégrinations en Bulgarie, Pologne, Hongrie, République Tchèque, Slovaquie, Russie, Ukraine, Autriche, Allemagne de l’Est, Malte, Egypte, Terre Sainte, Espagne, et bien sûr l’Italie.

Sans compter quelques visites sur les traces des bienheureuses de notre région, ou quelques pèlerinages en France. J’ai été tout de suite frappé, par le mélange bien réparti et l’osmose entre spiritualité, culture, humour, et votre appréhension des autres. Vous me considériez comme un fils spirituel et vous avez été mon parrain, dans l’Ordre du Saint Sépulcre. Il est vrai que vous avez mené une vie qui sort de l’ordinaire.

Né le 6 mai 1913, vous avez été ordonné prêtre le 29 juin 1936. Après de sérieuses études, dont un volet en matière de criminologie :

Vicaire à Saint-Joseph,

Aumônier de l’Institut Mélizan,

Aumônier Scouts,

Créateur et responsable de chorale,

Aumônier de la Prison des Baumettes.

A ce titre, vous avez confessé Gaston Dominici et assisté les condamnés à mort, au moment de leur exécution, dont les dignitaires allemands.

Curé pendant 21 ans de Saint-Callixte, et enfin, à partir de 1981, vice-recteur de Notre-Dame-de-la-Garde. Votre culture, votre charisme, votre rayonnement vous attirait un public fervent, enthousiaste et passionné. Cadre supérieur dans une grande société, j’étais surpris, de vous voir si peu mis en avant dans la hiérarchie. Dans le privé, nous repérons tout de suite la future élite et la mettons sur orbite. En réponse à cet étonnement, vous m’avez dit : « Pour Dieu, ce qui compte c’est la valeur de ce que l’on fait, et non pas le pouvoir ou la position sociale. » Mais je me trompais lourdement, car j’ai pu à de nombreuses reprises, mesurer le regard et la grande déférence, que les autres portaient sur vous.

L’estime et l’affection que vous manifestaient le Cardinal Etchgeray, Mgr de Lanversin, lors de nos visites au Vatican, la vénération du Cardinal Gantin, que vous aviez reçu en stage tout jeune, l’accueil du Patriarcat Orthodoxe à Sofia, les remerciements des Supérieurs Généraux de Congrégations en Pologne et en Hongrie, la reconnaissance de la municipalité de Nuremberg, qui se rappelait votre passage avec la Chorale 15 ans auparavant, le dialogue avec les Coptes en Egypte, les Uniates en Ukraine, sans parler des liens importants que vous entreteniez en Terre Sainte avec les personnalités des différentes religions.

Enfin, les rapports très forts avec Théo Lombard pour Malte, et Robert Testot-Ferry, pour le Saint-Sépulcre et les émouvants Chemins de Croix du Vendredi Saint, à la Vieille-Major et à Saint-Laurent. Votre caractère très entier, qui ne supportait pas le médiocre et le superficiel, vous entraînait dans de saintes colères. Après, face à vos regrets de l’emportement, je vous disais que j’en aurai fait de même, et vous de me dire : « Oui, mais moi, je suis prêtre ! » Votre simplicité, votre humilité vous faisait souvent vous remettre en cause.

Lors de votre dernière retraite, en tant que Prieur Régional, à Lérins, alors que nous étions les premiers pour préparer l’accueil, nous m’avez dit : « J’ai fait une erreur ! J’aurais dû davantage faire pression sur le plan spirituel, en organisant des conférences, des réunions, et des liens forts entre  Chevaliers et Dames, afin qu’ils ne soient pas, que des ‘portes-manteaux’ ; aussi, je vais donner de fortes consignes à Jean-Pierre Ellul. C’est au supérieur spirituel, d’agir, et non pas d’attendre les autres. »

Les deux dernières années à « Ma Maison », à compter de septembre 2005, vous ont fortement marquées. Vous nous éblouissiez, lors de nos visites avec Jeanne et Constantin Lianos, Geneviève et Gérard Boutin, par la richesse de votre conversation, votre humour, votre prodigieuse mémoire et par la chaleur de votre accueil. Mais les derniers mois, vous ont été difficiles. Ayant toute votre lucidité, vous étiez découragé par l’abandon du corps et je vous ai souvent trouvé en pleurs. Le regard des autres sur votre « décrépitude », vous était insupportable et vous me disiez le paradoxe de cette solitude du prêtre, à la fin de sa vie, et la difficulté d’associer la joie de la visite et la fatigue d’être en écoute avec l’autre. 

Cher Père, maintenant que vous êtes en paix, soyez notre ange gardien, pour les Dames et les Chevaliers du Saint-Sépulcre. Dans ce monde de « panier de crabes », où tout court vers le pouvoir, la position sociale, le paraître, les décorations, aidez-nous, à votre image, à être humbles, tolérants, à l’écoute des autres, en empathie avec les chrétiens de Terre Sainte, selon les vraies valeurs de la vie et de l’éthique.

Merci, Louis Bos. Grand merci Père.

 

Roger CIFFREO.

 

 

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