3ème dimanche dans le temps de l'Eglise

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Homélie pour le 3ème dimanche – 27 janvier 2008.

A 11h – Messe UNC 13.

 

Frères et Sœurs,

Enfin la lumière tant attendue est là. Le pays de l’ombre sera désormais illuminé par la Parole de Celui qui vient : Jésus le Christ.

Il va parcourir la Galilée, annonçant que le royaume est tout proche comme le disait Jean-Baptiste, avant d’être mis à mort, et même mieux, la lumière est là, puisque la lumière c’est lui, et que lorsque nous suivons Jésus, notre route est éclairée par son évangile.

Marcher à la suite de Jésus ! Pour cela il faut ressentir l’appel à le suivre. Et cet appel nous l’avons perçu, puisque nous sommes là dans cette basilique. Vocations diverses, mais amour total pour celui qui est notre Seigneur, qui vit en nous, au plus intime de nous-même.

Rappelez-vous ? Comment avez-vous rencontré Jésus ? Qu’est ce qui a fait que vous l’avez suivi ? Question fondamentale. Pour la plupart d’entre-nous, la foi chrétienne, déposée en nous depuis le baptême, n’a cessé de grandir, aidé par nos parents, notre milieu familial, les chrétiens que nous avons rencontrés, les prêtres, religieux, religieuses, les patronages, les aumôneries,  la vie en Eglise.

Mais un jour il a bien fallu se décider : « Je veux suivre Jésus ! » Et nous avons mené notre vie dans la joie, participé à l’Eucharistie, essayant jour après jour, de ne pas faire à celui ou celle que nous rencontrions, ce que nous ne voulions pas que l’on nous fasse. Difficile à réaliser cela ! Difficile de pardonner, de comprendre, d’aimer.

Et c’est alors que notre vie a commencé à être unifiée. Malgré quelques fautes, quelques péchés,  toujours les mêmes, remarquons-le, malgré que nous soyons tombés souvent, nous avons toujours eu la force de nous relever, de nous réconcilier avec le Christ. Nous avons reçu le sacrement du pardon, et nous sommes repartis, une fois encore, en lui faisant confiance.

D’autres, savent qu’ils sont chrétiens, mais n’ont pas encore vraiment rencontré Jésus. Ils n’ont pas eu ce choc de la conversion, de la radicalité de ce contact, avec sa Parole, sa Personne, avec sa présence d’amour et de miséricorde. Nous pouvons d’ailleurs souligner, que c’est après cette rencontre, que nous nous sommes rendu compte, dans nos vies, des traces préliminaires, qui nous ont permis de comprendre, qu’il était déjà là, mais que nous n’avions pas ouvert totalement nos yeux et nos oreilles, notre cœur, pour vraiment le  percevoir.

Lent travail intellectuel et surtout spirituel, avec ses avancées, ses doutes, ses abondons. Mais le Christ fait toujours signe et nous n’avons pas l’âme tranquille, tant que nous ne nous sommes pas livrés totalement à lui. C’est après, que la libération s’opère, et nous nous demandons pourquoi nous sommes restés si longtemps, sans le reconnaître. Pourtant il était là, tout proche et nous ne l’avons pas perçu. C’est l’Esprit Saint nous a aidé à cheminer à la rencontre du Christ, sous le regard d’amour du Père.

Car Jésus est discret, il ne force pas ; il s’approche, marche avec nous, sur les routes de nos vies, comme il le fit avec les pèlerins d’Emmaüs et en Eglise, il nous explique les Ecritures, et nous partage son Eucharistie. La prière et la méditation vont jouer un grand rôle dans le contact que nous allons avoir, pour nous approcher de Lui.

Et c’est plus particulièrement au cœur de la messe, que nous le retrouvons. Cette messe que nous devons vivre totalement, profondément, car elle est respiration de l’âme, du cœur et de l’esprit. En effet, ce n’est pas toujours facile de prendre du temps, mais nous le trouvons, pour venir célébrer avec toute la communauté chrétienne. Nous nous rassemblons, nous demandons pardon, nous l’écoutons nous parler. Comme les disciples, nous sommes ensemble, pour comprendre son Evangile. Puis nous redisons l’essentiel de notre foi et il se donne à nous, se livre totalement, Corps et Sang du Christ, pour que nous ayons sa vie, infusée en nous, par la manducation de son corps rompu. Enfin, nous repartons vivre dans le monde ce mystère de communion. En fait, comment l’avons-nous suivi ?

Et comment faire pour que des jeunes entendent son appel et le suivent ? Jésus nous invite à le suivre. Comment dans l’évangile de ce jour, avons-nous laissé nos filets ? Ne sommes-nous pas encore encombré par tant de choses qui nous lient à nos amarres, bien ancrées, sur des quais de béton ?

Car nous sommes très préoccupés pour l’avenir de notre Eglise.  Qui partira comme les disciples, pour le suivre ? Qui prendra le relais ? Qui se laissera appeler ? Qui quittera tout pour suivre Jésus ?

Le Christ vous appelle, le Christ vous attend, le Christ vous demande ! Combien parmi vous, en famille, personnellement, se posent la question de la vocation ? Mais peut-être avez-vous peur, vous avez l’impression de ne pas être à la hauteur, vous ne voulez pas larguer les amarres ?

Alors qui continuera à nous donner les sacrements ? Qui célébrera l’Eucharistie ? Pourquoi restons-nous là, frileux, portant un regard souvent désabusé sur l’Eglise et sur les ministres du Seigneur ? Vous croyez, que bien au chaud dans nos certitudes et nos églises bien closes, la Parole se fera entendre au dehors et touchera les cœurs ? Qui se préoccupe du petit nombre des vocations sacerdotales ou religieuses ?

Car dans quelques années, et ces difficultés sont là,… déjà en nos paroisses, dans notre diocèse, en France et en Europe, … qui prendra le relais, qui donnera le pardon du Seigneur ?

Le Cardinal Marty, archevêque de Paris, avait poussé un cri, non de détresse, mais de confiance. Il disait : « J’embauche ! »

Et en ce dimanche de l’appel des disciples, alors que Jésus inaugure son ministère de prédication, autour de la mer de Galilée, nous pouvons reprendre les mêmes termes, et dire au Seigneur : « Envoie des ouvriers pour ta moisson. ! »

Que les jeunes prennent conscience de cet appel, et le suivent sur les chemins de l’Evangile ! C’est ce que nous espérons, c’est ce que nous demandons notre prière. Donner sa vie pour le Christ, tout construire avec lui,  pour une existence faite de consécration totale, dans la joie d’être tout lui, dispensant les bienfaits de son amour. N’est-ce pas formidable ?

Oui, prions Frères et Sœur, pour notre Eglise, notre diocèse, et demandons au Seigneur, d’une manière instante, d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. Les séminaristes de Marseille, sont au nombre de 13. Il en faudrait 60 ou 100, pour un diocèse comme le notre.

Nous les remercions d’avoir accepté de tout quitter pour notre service et nous prions pour eux et pour tous ceux qui seront interpellé, questionné, par l’appel du Seigneur. Confiance, nous dit le Christ, j’ai vaincu le monde ! Et nous, d’ajouter, comme nous le faisons à la fin de chaque Adoration Eucharistique : Seigneur donne-nous des prêtres, des diacres, des religieux et des religieuses, des laïcs consacrés pour servir dans la joie, nos communautés chrétiennes. Amen. J.P. Ellul

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