Avent 2007

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Homélie du 2è dimanche de l'Avent
Messe de St Charles

9 décembre 2007.

 

Frères et Sœurs

Je suis encore empreint des images de la fête de l’Immaculée Conception, celles de Lourdes en ce 150ème anniversaire des apparitions de la Sainte Vierge à Bernadette, et de cette foule de jeunes Scouts et Guides, célébrant hier soir dans la basilique de Fourvière, nous nous retrouvons ce matin, en ce 2ème dimanche de l’Avent, avec en mémoire le beau chant de l’Introït, tiré du prophète Isaïe : « Peuple de Dieu, voici que le Seigneur va venir et il sauvera les nations, il fera entendre sa voix et sa gloire réjouira vos cœurs. »

St Paul dans sa lettre aux Romaine vient nous rappeler que tout ce qui a été écrit, l’est pour notre instruction, pour que par la patience et la consolation que donnent les Saintes Ecritures, nous possédions l’espérance.

Je ne pouvais trouver meilleure introduction pour vous faire découvrir, très brièvement, car vous aurez à cœur de la lire entièrement, la très belle Encyclique « Spe Salvi, facti sumus », de notre Saint-Père, le Pape Benoît XVI, sur l’Espérance Chrétienne, publiée le 30 novembre, l’avant-veille du début de l'Avent.

Spe Salvi ! Premiers mots de l'exclamation de Saint-Paul en Romains  8,24 : "Dans l'espérance nous avons tous été sauvés".

Oui, cette encyclique est "une méditation sur l'espérance chrétienne, face aux mirages de notre époque contemporaine, notamment des progrès matériels et des révolutions."

Le pape explique la racine de cette espérance chrétienne. C’est la foi dans la miséricorde et la bonté de Dieu. « C’est un don qui change la vie de qui le reçoit, comme le démontre l’expérience de tant de saints et de saintes. En quoi consiste cette expérience, si grande et si ‘fiable’, qu’elle nous fait dire qu’en elle, nous avons le ‘salut’ ?

Elle consiste, en substance, dans la connaissance de Dieu, dans la découverte de son cœur de Père bon et miséricordieux. »

Face à la fatigue et à l'obscurité du présent, pour marcher avec confiance vers un but, nous avons besoin d'une espérance fiable et « substantielle », c'est-à-dire, qui ne soit pas faite de paroles vides ou de comportements purement subjectifs ; une espérance qui change vraiment notre vie.

Benoît XVI relève avec acuité, l'un des problèmes les plus urgents et les plus dramatiques de notre temps. Mais il ne s'arrête pas à une description facile de la désespérance répandue dans le monde. Il affronte avec humilité et courage une longue série d'interrogations difficiles - qu'il ne fuit pas, et qu'au contraire, il va chercher - pour mettre les questions et les doutes de l'homme contemporain, en contact direct avec les réponses de la foi.

- L'espérance chrétienne n'est-elle pas une attitude vide, purement subjective ?

-          Quel sens cela a-t-il de parler de « vie éternelle » ?

-          Est-ce que ce ne sont pas des mots, qui non seulement évoquent un ennui infini, mais enferment aussi le chrétien dans un individualisme blâmable ? Qui l'éloignent de l'engagement dans le monde et de la responsabilité de lutter pour le transformer, dès maintenant, par la force de la raison et de la science, en un règne de plus grande justice et de plus grande liberté ?

Le pape retourne ces interrogations, en indiquant la vraie nature de l'espérance chrétienne et en la présentant, comme incarnée, dans la vie concrète de figures lumineuses de martyrs et de témoins des différentes époques de l'Eglise, jusqu'à aujourd'hui.

Et pas seulement !

Le pape est aussi convaincu que le refus de la foi et de l'espérance chrétienne - au fond, le refus de Dieu - conduit finalement l'homme, à se perdre lui-même. Pour le dire, il cite les mots - impressionnants - de Kant : « Le règne de l'homme seul », se réduit à la « fin perverse de toutes choses » !

Alors que la caractéristique des chrétiens, est "le fait qu'ils ont un avenir... Ils savent que leur vie ne finit pas dans le néant.» Car "le ciel n'est pas vide... Il y a un Esprit qui, en Jésus, s'est révélé comme Amour. »

Et le pape Benoît XVI  de poser la question, de demander : "La vie éternelle, qu'est-ce que c'est ?".

Il précise aussitôt que la réflexion sur la foi et l'espérance que cela implique, intéresse aussi "la vie et la mort de l'homme" et que donc chacun d'entre nous est concerné.

"Nous devons  à présent nous demander de manière explicite : la foi chrétienne, est-elle aussi pour nous aujourd'hui, une espérance qui transforme et soutient notre vie ?"

Car la foi n'est pas seulement l'acquisition d'une connaissance intellectuelle que l'on conserve ou que l'on met de côté, elle concerne aussi une acquisition qui va influencer notre vie. La foi est donc "une communication qui produit des effets qui changent la vie. »

Puis il insiste sur la transformation de « la foi-espérance chrétienne », dans les temps modernes, en nous donnant la vraie physionomie de l’espérance chrétienne.

En quels lieux d’apprentissage et d’exercice s’applique-t-elle ?

La réponse est dans la prière, qui est comme une école de l’espérance. Il souligne comment St Augustin a illustré la relation profonde entre « prière et espérance », dans une de ses homélies sur la Première lettre de St Jean. Augustin d’Hippone, définit la prière comme un exercice du désir : « L’homme a été créé pour une grande réalité – pour Dieu lui-même, pour être rempli de Lui."

Mais son cœur est trop étroit pour la grande réalité qui lui est assignée. Il doit être élargi. C’est ainsi que Dieu, en faisant attendre, élargit le désir ; en faisant désirer, il élargit l’âme ; en l’élargissant, il augmente sa capacité de recevoir.

Cela suppose que l’on agisse et que l’on souffre également ! Comme l’agir, la souffrance fait aussi partie de l’existence humaine. Elle découle d’une part de notre finitude, et de l’autre, de la somme de fautes qui, au cours de l’histoire s’est accumulée et qui encore aujourd’hui grandit sans cesse.

Déjà lors de la célébration des premières vêpres du 1er dimanche de l’Avent, samedi dernier, en la basilique vaticane, le pape avait déjà présenté son encyclique en disant : « Je suis heureux de l’offrir en esprit, à toute l’Eglise, en ce premier dimanche de l’Avent, afin que, durant la préparation à la sainte fête de Noël, les communautés et les fidèles, individuellement, puissent la lire et la méditer, pour redécouvrir la beauté et la profondeur de l’espérance chrétienne. Celle-ci est en effet inséparablement liée à la connaissance du visage de Dieu, ce visage que Jésus, le Fils unique, nous a révélé par son Incarnation, par sa vie terrestre, et sa prédication, et surtout, par sa mort et sa résurrection. »

L’espérance chrétienne est donc, expliquait-il, une espérance qui naît de la foi, dans le Dieu qui est Amour, le « Père miséricordieux qui ‘a tant aimé le monde qu’il nous a donné son Fils unique’, afin que les hommes, et avec eux, toutes les créatures puissent avoir la vie en abondance. »

Il faisait observer, que la religiosité païenne ne connaissait pas cette espérance, et pas non plus, le « paganisme de notre temps », ni le « nihilisme contemporain », qui « corrode l’espérance dans le cœur de l’homme, l’induisant à penser qu’en lui et autour de lui règne « le rien » : « rien avant la naissance, rien après la mort. »

« En réalité, déclarait le pape, si Dieu manque, l’espérance disparaît. Tout perd son ‘épaisseur’. » Et venant à la rencontre d’une objection commune, Benoît XVI affirmait que, « l’au-delà n’est pas un lieu où nous finirons après la mort, c’est au contraire la réalité de Dieu, la plénitude de vue vers laquelle tend tout être humain. A cette attente de l’homme, Dieu a répondu dans le Christ, par le don de l’espérance, pourtant l’homme libre, peut « dire oui ou non à l’éternité, c’est-à-dire à Dieu » et peut donc « éteindre l’espérance en lui-même », « l’éliminer de sa vie. »

Or, Dieu « sait que celui qui le refuse, n’a pas connu son vrai visage » et c’est pour cela, expliquait-il, que Dieu « accorde un nouveau temps à l’humanité. »

D’où la question de St Jean Baptiste : « Qu’êtes-vous allé voir dans le désert ? Un prophète ? Bien plus qu’un prophète. Car c’est de lui qu’il est écrit : « Voici que devant ta face, j’envoie mon messager qui préparera la route devant toi. »

Il naîtra d’une femme, la Vierge Marie, Immaculée Conception, vivant en contact intime avec les Saintes Ecritures.

Le St Père, dans la conclusion de son encyclique, nous propose une magnifique prière adressée à la Mère de Jésus : « Ainsi tu demeures au milieu des disciples, comme leur Mère, comme Mère de l’Espérance. Sainte Marie, Mère de Dieu, notre Mère, enseigne-nous à croire, à espérer et à aimer comme Toi. Indique-nous le chemin vers son règne ! Etoile de la mer, brille sur nous et conduis-nous sur notre route.

Frères et Sœurs bien-aimés en Christ, bon temps de l’Avent, bonne et sainte préparation à Noël. Ainsi soit-il.   J-P Ellul.

 

 

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