30 ans de la communauté du Coeur de Jésus

Publié le

Messe de 19h.

27ème dimanche – 6 octobre 2007.

 

Frères et Sœurs,

 

Les Apôtres dirent au Seigneur : « Augmente en nous la foi ! »

C’est le cri qui jaillit bien souvent de nos cœurs lorsque nous sommes en prière, que l’Esprit nous donne de percevoir la présence de Jésus, et que nous avons ce contact intime avec Lui.

Et après 30 ans d’existence, la Communauté du Cœur de Jésus peut encore et toujours, adresser cette prière au Seigneur, car nous avons tous besoin, de toujours mieux nous enraciner en celui qui est l’Amour.

Bouleversante dans sa simplicité, cette imploration est au fond de nos êtres, toujours en recherche de Dieu. Le Paraclet donné le soir de la résurrection de Jésus, et à la Pentecôte nous a fait rencontrer le Christ, sur les chemins de nos vies. Jésus nous a fait signe alors que nous ne l’attendions peut-être pas.

Chacun d’entre nous ce soir, peut certainement se rappeler le premier appel du Seigneur, l’effusion de l’Esprit venu en lui, le bouleversement de sa vie, et le remercier de ce qu’il nous a permis de vivre.

D’autres l’ont juste perçu dans des circonstances de la vie quelques fois tragiques et l’avait délaissé, puis sont revenu vers la source d’eau vive. D’autres encore, à cause d’une grande joie, sont allés le remercier et s’en sont retournés illuminés, bouleversés de cette rencontre qu’ils avaient eue avec le Christ.

Et oui, nous en avons tous fait l’expérience ; à son contact nous nous sommes trouvés changés, régénérés, vivant une expérience exclusive, puis après la rencontre d’autres chrétiens, notre vie est devenue ecclésiale.

En cheminant avec lui, nous avons grandis dans la foi, nous sentant faisant partie de l’Eglise, de cette communauté priante et agissante en son nom. Mais comme ses disciples, nous avons été regardés par nos proches, avec une incompréhension totale. Nous qui avions rencontré Dieu, comment leur communiquer notre expérience, témoigner sans fausse honte, surtout dans les premiers temps de notre conversion ? Ils n’ont pas compris qui était Dieu et de quel amour il nous aimait. Qui peut vraiment comprendre Dieu ? Mais nous, nous savions désormais que nous n’avions plus besoin de gravir la montagne pour lui parler, de nous couvrir le visage pour essayer de l’apercevoir, d’attendre que sa voix résonne dans la théophanie ou par la voix des prophètes ! Non, cela c’était la préfiguration de ce qui devait arriver et que le Peuple de l’Alliance avait vécu dans l’attente du Messie.

Car il est venu, il est entré dans notre monde en disant : « Père je viens faire ta volonté ». Et depuis son mystère pascal de mort et de résurrection, et de son ascension, il revient… Et nous attendons son retour dans la gloire.

Voilà ce que vous vivons désormais. Une autre attente !

C’est pour cela que nous nous rassemblons pour lire, méditer, mettre en pratique sa Parole, que nous le chantons, le prions, célébrons son Eucharistie… dans l’attente de son retour.

Mais dans ce temps d’attente, de parousie, l’Eglise nous montre le chemin. Elle nous permet de nous sentir frères et sœurs du Christ, et dans cette expectative, elle nous invite à prier sans cesse.

Et c’est ce que vous faites depuis 30 ans.

L’Esprit qui a jailli en vous, vous a montré le chemin qui mène au Christ, vous a invité à vous réunir et à l’accueillir et ce faisant, combien sont venus, comme à une source, s’abreuver de l’Eau de la Vie éternelle ?

Avec d’autres, vous indiquez le chemin qui conduit au Royaume. Un chemin qui s’est ouvert dans la joie des commencements, un chemin qui fut large et facile, et qui devint un temps, semé d’embûches, de cailloux… et qui est redevenu large et semé de fleurs…

Mais le Seigneur veillait et il savait par expérience que celui qui devient son disciple est soumis à la contradiction et aux insultes. Il l’a vécu lui-même, dans sa chair.  Vous avez suivi son conseil. Il nous a dit : « Celui qui met la main à la charrue et regarde en arrière, n’est pas digne du Royaume ». Et vous êtes allés de l’avant, simplement, confiants en sa parole : « Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul, mais s’il meurt il porte beaucoup de fruit ».

Et l’Esprit est venu à votre secours. Il vous a permis de témoigner avec des mots qui venaient de lui, accompagnant de votre prière, celui qui avait besoin de tendresse, d’amour et de miséricorde. Et par sa présence aimante, beaucoup ont été remis debout, dans l’amour du Père, dans la confiance, comprenant enfin qu’il est celui qui ouvre ses bras, pour vous aimer, pour nous sauver.

30 ans après !

Désormais s’ouvre pour vous une ère nouvelle, chers amis de la Communauté du Cœur de Jésus. Vous continuerez d’accomplir votre charisme, dans le respect de chacun, en Eglise, dans cette Eglise de Marseille, où il y a beaucoup de demeures et une place pour chacun.

Le service de la prière et de l’accompagnement spirituel que vous y accomplissez, et plus particulièrement dans notre paroisse, est pour nous tous un bienfait, un soutien et une interpellation : celle d’être toujours centré, sur le Cœur transpercé de Celui qui est venu au nom du Père, nous montrer l’amour et témoigner de sa miséricorde. Oui, il est Amour et c’est à lui que nous devons nous adresser pour apprendre comment vraiment aimer. Cet amour, cette reconnaissance de l’autre, se fera dans le silence et la contemplation.

C’est devant le Corps du Christ exposé, que nous prenons la vraie mesure du respect, que nous devons à chaque être, que le Seigneur nous confie. Nous sommes tous égaux devant Dieu et il ne fait acception de personne. Nous sommes aimés d’un même amour.

Et bien, oui, qu’il y ait cette reconnaissance dans l’amour et que chacun d’entre nous se souvienne de cette phrase de Jésus, que je cite souvent : « La mesure dont vous vous servez pour les autres, servira également pour vous ! » Paroles qui nous semblent dures, mais qui remettent toutes choses à leur place.

Allez, courage ! Continuez de servir Dieu, de le louer, de le chanter, de l’acclamer, de le rayonner, de le dispenser, avec une joie profonde dans le cœur. Soyez dignes du message d’amour que vous avez reçu et que vous devez communiquer.

Chère Christiane et Cher Georges, qui avez fondé cette communauté, en cette célébration anniversaire de sa fondation, l’Eglise vous remercie d’avoir accepté ce charisme d’écoute et d’accueil, de prière et de guérison, d’accompagnement dans les joies et les souffrances de ceux qui viennent à vous.

Vous l’avez réalisé sans compter votre temps, dans votre vie de couple, dans votre vie de famille, avec vos enfants et vos petits enfants.

Chers consacrés, et vous tous qui êtes de la communauté, ou serez reçus dans la communauté du Cœur de Jésus, comme l’apôtre Paul le recommande à Timothée, prenons notre part de souffrance pour annoncer l’Evangile.

Et nous tous, Frères et Sœurs, gardons ce dépôt de la foi dans toute sa pureté, et ce, grâce à l’Esprit Saint qui est en nous. Et dans notre cœur, lorsque nous aurons fait ce que le Seigneur nous demande, disons, comme dans l’évangile de ce jour : « Nous sommes des serviteurs quelconques ; nous n’avons fait que notre devoir. »

Que la Vierge Marie, Notre-Dame du Rosaire que nous fêtons ce soir, vous donne, dans la contemplation des mystère du Christ, d’être trouvés fidèles, lorsqu’il reviendra dans la gloire.

Que nos enfants, nos parents, nos amis et tous ceux que nous aimons soient dans notre prière.

Et que tous nos défunts, et je n’oublie pas les prêtres et les religieuses qui ont accompagné votre communauté dans ses prémices, et tous les amis qui depuis le Royaume s’unissent à cette célébration, soient près de Dieu dans la lumière éternelle.

Bon anniversaire. Amen.                                                  Mgr Jean-Pierre ELLUL

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