LE CHRIST-ROI DE L'UNIVERS

Publié le par Mgr Ellul

Homélie pour la Fête du Christ-Roi de l’Univers

Basilique du Sacré-Cœur – 19 et 20 novembre 2005

            Dans les églises du monde entier, toutes les communautés chrétiennes méditent sur ce texte de Matthieu 25, 31-46 : le Jugement dernier.

     En effet, c’est la fin de l’année liturgique et dans un cadre apocalyptique, l’évangéliste décrit sous la forme d’une parabole, comment le Roi-Pasteur, fera le tri entre les bons et les méchants, les brebis et les chèvres. Le critère du jugement sera la nouvelle loi d’amour donnée par Jésus et celle-ci s’avère d’autant plus exigeante que le Christ, souverain Juge, se fait en même temps le frère tout proche et le défenseur inlassable de tous les déshérités, au point de s’identifier avec eux.

            Oui une année liturgique se termine. Rappelez-vous : dès les premières semaines d’octobre 2004, alors que le Pape Jean-Paul II célébrait le 26ème anniversaire de son pontificat, nous passions de l’Année du Rosaire à l’Année de l’Eucharistie. C’était comme un fil d’or qui reliait ces deux années exceptionnelles : de la contemplation mariale nous passions à la glorification quotidienne de l’Eucharistie.

Jean-Paul II invitait les chrétiens à être des ferments évangéliques au sein des Institutions européennes et soulignait qu’il y avait maintenant 40 ans que depuis le Concile, les fondements de l’unité œcuméniques devait se développer dans une spiritualité de communion. Dès le premier dimanche de l’Avent 2004, commençait l’année où nous allions « contempler avec une ferveur particulière le visage du Christ présent dans l’Eucharistie. Jésus, Verbe incarné, mort et ressuscité, centre de l’histoire. Oui, disait-il, l’Eglise l’adore et voit en Lui, le sens ultime et unificateur de tous les mystères de la foi : l’amour de Dieu qui donne la vie. » Et pour éclairer le texte de ce dimanche du Christ-Roi, de rappeler, lors de l’audience au Corps Diplomatique le 11 janvier 2005 que : « ...le défi de la vie, par ce qu’elle est le premier don que Dieu nous fait, doit être protégée ; le défi du pain, alors que des centaines de millions d’être humain souffrent de malnutrition, doit être au centre de nos préoccupations et de nos urgences ; le défi de la paix,…. qui à la volonté de puissance doit être opposé la raison,…. à l’affrontement par la force : la confrontation et le dialogue ;…. aux armes pointées : la main tendue ; …. au mal : le bien ; et enfin le défi de la liberté, qui est un droit de l’individu et notamment le droit à la liberté religieuse. Ces défis sont les grand défis de l’humanité d’aujourd’hui ! ».

            Dans la soirée du mardi 1er février, le Pape  était hospitalisé et de son lit d’hôpital, rejoignant des centaines de milliers de malades à travers le monde, il continuait de servir l’Eglise et l’humanité toute entière. A l’occasion du 100ème anniversaire de la loi de séparation des Eglises et de l’Etat, il adressait aux Evêques de France, une lettre dans laquelle il disait que : «... la laïcité, loin d’être un lieu d’affrontement, est un véritable espace, pour un dialogue constructif, dans l’esprit des valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité. »…  La France ne peut que se réjouir d’avoir en son sein, des hommes et des femmes qui puisent dans l’évangile, dans leur démarche spirituelle et dans leur vie chrétienne, des éléments promouvant une haute idée de l’homme, principes qui les aident à remplir leur mission de citoyens, à tous les niveaux de la vie sociale, pour servir leurs frères, pour participer au bien commun, pour répandre la concorde, la paix, la justice, la solidarité et la bonne entente entre tous… Malgré la crise des valeurs et le manque d’espérance que l’on constate en France, …. crise d’identité que traversent nos sociétés modernes actuelles…. l’Eglise souhaite que les valeurs religieuses, morales et spirituelles qui font partie du patrimoine de la France et qui ont façonné son identité et qui ont forgé des générations de personnes, depuis les premiers siècles du christianisme, ne tombent pas dans l’oubli… (voir en annexe le texte complet ).Une lettre qu’il faudrait reprendre et méditer à la lumière des évènements que nous venons de vivre ces dernières semaines dans les banlieues…

       Dans un souffle, le jour des Rameaux, il nous demandait d’être, « sans nous lasser, les témoins de la Croix du Christ sur les chemins du monde ». Le 2 avril, il repartait vers son Seigneur, nous laissant le témoignage d’un homme tout donné au Seigneur et à la Vierge Marie : Totus Tuus !  Et ce sera  l’hommage du monde entier, lui disant merci d’avoir été Jean-Paul le Grand, nous aimant tous d’un amour particulièrement tendre, surtout les jeunes, écrivant dans son Testament Spirituel : « Que Dieu vous récompense ». Le Pape Benoît XVI, en visionnant un film sur la vie de Jean-Paul II disait : "Le lien affectif et spirituel avec Jean-Paul II, qui s'est resserré à l'occasion de son agonie et de sa mort, ne s'est ni interrompu ni dissous, car il s'agit d'un lien entre des âmes, entre celle du Pape et celles d'innombrables croyants, entre son cœur paternel et tant d'hommes et femmes de bonne volonté ayant reconnu en lui l'ami, le défenseur de l'homme, de la vérité, de la justice, de la liberté et de la paix. Partout, on a d'abord admiré en lui un témoin cohérent et généreux de Dieu". (Benoît XVI)

Oui, cette année, fut une année riche en évènements ecclésiaux. Et vous fut donné comme pasteur universel, Serviteur des Serviteurs de Dieu, le Pape Benoît XVI, dont nous n’avons pas fini de nous étonner, tant il conduira l’Eglise selon le cœur de Dieu.

En cette fin d’année liturgique, que Dieu vous récompense. Qu’il vous récompense, car vous êtes les Saints de notre Eglise. Nous en sommes les Saints, car baptisés, confirmés, nous nourrissant de sa Parole et de son Eucharistie, nous marchons sur les chemins de l’Evangile, le cœur et l’esprit remplis d’amour pour le prochain que nous voulons tout proche de nous, nous souvenant de la parole de Jésus, « ce que vous désirez que les autres fasse pour vous, faites-le pour eux ! ».

Et nous, pour mettre en pratique les préceptes évangéliques, alors que durant toute cette année nous « Ouvrirons la Parole de Dieu », pour la lire, la méditer, la découvrir, nous sont proposés des temps d’approfondissements bibliques. N’est-ce pas stupéfiant de découvrir encore tant de chrétiens et même des pratiquants, ne connaissant presque rien des textes bibliques ? Comment nous nourrir sans nourriture, boire sans eau ?

Ici, dans notre basilique du Sacré-Cœur, nous connaissons notre responsabilité : celle de proposer de véritables temps de formation et adoration, de prières, de partage, de catéchèse ; car en fait, nous avons en charge, l’annonce du Cœur Miséricordieux du Christ, tel que le rappelait Anne-Magdeleine Rémuzat à Mgr de Belsunce, lui proposant de la part du Christ de consacrer, dans les années 1720, la ville et de diocèse de Marseille à son Cœur sacré. Il n’y a d’ailleurs qu’à lever les yeux vers la coupole de notre basilique nous en faire mémoire.

Avec le Pape Benoît XVI, « l’humble ouvrier de la vigne du Seigneur », comme il le disait lors de son élection, plaçant son ministère, au service de la réconciliation, …. avec notre archevêque, nos frères et sœurs en humanité, vivons cette « Année de la Parole » en toute conscience, entrons et plaçons-nous dans cette grande fresque du royaume décrite par Matthieu.

Lors du Jugement dernier où serons- nous placés : du côté des brebis ou du côté des chèvres, des bénis ou des réprouvés ? On voudrait tous le savoir ! Mais comme nous sommes les saints de cette Eglise, chacun de nous a la réponse dans son cœur. Amen.                                                                                                                                          Mgr J-P Ellul

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