Amis de Saint-Victor 30ème anniversaire

Publié le par Mgr Ellul

TRENTIEME

ANNIVERSAIRE DU FESTIVAL DES AMIS DE SAINT-VICTOR.

 Palais du Pharo  - 15 octobre 1996.

 

 

      Chers Amis,

 

 

                La célébration du 3Oéme anniversaire du Festival des Amis de Saint-Victor nous rassemble ce soir, après ce magnifique concert, et je voudrais vous dire mes sentiments de reconnaissance pour votre fidélité, votre amitié, et l'attachement que vous nous témoignez. Trente ans ce n'est pas rien. Trente ans de musique, de joies partagées, d'artistes prestigieux, reçus dans notre Abbatiale, rejoignant ceux qui... depuis près de 17 siècles... ont chanté la louange du Seigneur... dans ce lieu de mémoire de ressourcement... de fidélité et de paix. 

 

 

                Aussi, laissez-moi me tourner vers Geneviève DELTORT, Présidente des Amis de Saint-Victor-CPMC pour la remercier... la féliciter et lui redire combien nous avons apprécié le choix qu'elle a fait pour célébrer dignement... en musique cet anniversaire. Ces "Riches Heures de Saint-Victor" pour lesquelles les plus grands interprètes  internationaux, ont prêté leur concours, resteront présentes à notre souvenir. Et ce soir le Chœur de l'Opéra de Marseille, et son chef  Catherine Alligon y ont apporté leur contribution.

 

                Je sais, pour en être le témoin depuis plus de 15 ans,  combien il  faut de présence pour tisser ces liens, connaître par le cœur, suggérer un programme... accueillir nos abonnés...Un travail, dans les plus petits détails, dont on ne soupçonne pas le temps passé en plus des soucis quotidiens et de la vie de famille, mais qui font le succès des soirées auxquelles nous sommes conviés. Et malgré vos ennuis de santé, vous avez pris sur vous, pour que le Festival continue. Oui, merci pour votre fidélité à notre Abbaye, à Marseille, à notre Région ; merci pour l'apport culturel dont vous nous faites bénéficier. Nous réalisons ainsi, en étroite collaboration, tout un travail apostolique, où la Paroisse, les célébrations des Fêtes de la Chandeleur, l’Association Diocésaine  Foi et Culture, et depuis quelques jours l'animation du secteur du Centre de la Ville, qui vient de m'être confié par notre Archevêque, permettent aux Marseillais, de trouver à Saint-Victor, cet espace indispensable à leur vie intérieure....à leur ressourcement spirituel... Mes sentiments de reconnaissance vont également à Lydia PEAUREAUX, notre Vice-Présidente, qui a bien voulu accepter de vous seconder et de vous aider... sans oublier, bien sûr celles et ceux du Comité de Amis de Saint-Victor, qui accueillent dans la Basilique, les soirs de concert.

 

 

                N'oublions pas l'objectif de ce Festival de Musique.

 

 

                Fondé lorsque fut entreprise la réalisation de l'Autel par Maître Jean Bernard, "ce chef-d’œuvre intemporel", a coutume de rappeler mon prédécesseur, le festival continue actuellement d'apporter sa contribution à la restauration intérieure de l'Abbaye. En arrivant à Saint-Victor en 1959, l'Abbé Charles SEINTURIER, ne se doutait pas qu'il lui faudrait consacrer toute sa vie à rendre à cette église abbatiale sa vocation culturelle. Comment vivre en ces lieux, sans prendre conscience de l'histoire de la cité phocéenne et de son église primitive. Ce riche passé monastique, culturel, artistique, musical se devait d'être retrouvé... et proposé aux marseillais. Nous ne lui dirons jamais assez,  la reconnaissance que  nous lui devons. Faire revenir dans les cryptes les Antiques du Musée Borély,  libérer l'abbatiale de tout ce que les derniers siècles avaient ajouté, persuader les pouvoirs publics du bien-fondé des restaurations,  puis enfin, pour "dignement" inviter les fidèles, dans la maison du Seigneur, poser la table de l'eucharistie, c'est-à-dire l'autel qui représente le Christ, pierre angulaire pour le sacrifice et la louange. Il trouva l'artiste, il chercha la pierre de granit dans la Vallée de Chevreuse, expliqua longuement à ses paroissiens qu'il fallait à Saint-Victor un autel digne de son passé prestigieux, et lorsqu'il fut construit et consacré il restait le plus délicat : trouver la somme d'argent nécessaire pour régler la facture.

 

 

                S'il souriait en écoutant le chœur de ceux qui lui reprochait un telle dépense, c'est qu'il savait pouvoir compter sur ses amis de toujours : les Blès, les Deltort,  d'autres encore, mais également et surtout sur Suzy FOUCHET, qui déjà avec son prédécesseur le Chanoine Issautier, travaillait dans cette paroisse. Nous voulons lui dire un grand merci, ce soir. Elle n'est pas là, retenue par des ennuis de santé, mais le Seigneur sait combien elle à oeuvré, pour que la réalisation de cet autel soit honorée. Avec le Chanoine SEINTURIER, elle a créé ce festival, avec ceux qui deviendront "les Amis de Saint-Victor" elle lui a donné son impulsion, accompagné la restauration des Orgues, travaillé, avec vous, chère Geneviève, à rendre à notre Abbaye, la place qu'elle devait occuper dans la Ville de Marseille. Oui, avec vous tous, nous rendons grâce pour tant de chemin parcouru.

 

 

                Si nous regardons ces 30 ans, avec l'expérience d'aujourd'hui, nous découvrirons une lente mais significative progression. Les puristes viendront nous dire qu'il fallait aller plus loin dans l'effort de musicalité, et  ils auront raison ; et ainsi fut fait mais n'oublions jamais que c'est grâce à ceux qui s'y sont engagés, à leur travail, au soutien de la presse, et à votre fidélité,  que nous sommes là ce soir, 30 ans après.

 

 

                Suzy FOUCHET, Geneviève DELTORT, ces deux noms resteront gravés dans la pierre mutiséculaire de Saint-Victor.  Toutes les deux, vous avez su donner largement et avec amour, vous dépenser sans compter, pendant de longues années, puis Suzy FOUCHET a voulu passer le relais...

 

 

                Et depuis deux ans, Chère Présidente, vous continuez d’œuvrer pour que ce Festival, "qui entre, ô combien, dans l'âge adulte", porte le renom de Marseille, bien au-delà de nos frontières provençales. Dans quelques semaines, ce sera le Florilégium de Londres  qui nous visitera, puis, en création à Marseille, Marcel Landowski, nous conviera à découvrir son Concerto pour Violon. Ce sera alors la fin de la saison et nous pourrons dire, comme nos amis polonais disent à chaque anniversaire "Sto Lat", qu'il vive 100 ans.

 

 

                En voyant tout à l'heure, dans la basilique, la joie des mélomanes s'exprimer par leurs applaudissements, me revenait à la mémoire ce que notre Archevêque, Mgr Bernard PANAFIEU nous rappelait lors de la célébration de la messe du vœu des Echevins : ..."Quel artiste, ne voudrait, du bout de son pinceau, de son stylet ou de sa note, faire jaillir l'absolu qu'il porte en lui... Le musicien, le sculpteur, le peintre, le danseur, l'architecte, n'ont-ils pas le sentiment d'exprimer beaucoup plus qu'eux-mêmes ?... Leurs oeuvres ne sont plus leur propriété. Elles deviennent un patrimoine commun... Elles font partie de la culture, parce qu'elles rejoignent l'homme dans sa quête de transcendance...". Et le Concile Vatican II de constater : "le monde à besoin de beauté pour ne pas sombrer dans la désespérance!"

 

 

                Chère Geneviève DELTORT, Chère Lydia PEAUREAUX et vous tous "Amis de Saint-Victor", merci, et du fond du cœur,  pour ce surcroît d'âme, que par la musique vous nous permettez.

 

                                                                              Père Jean-Pierre ELLUL.

 

 

 

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