Réception du Père Ellul comme Prieur Régional du Sud-Est dans l'Ordre du Saint-Sépulcre de Jérusalem

Publié le par Mgr Ellul

Homélie pour la réception comme prieur Régional

dans l’Ordre du Saint-Sépulcre à Marseille et en Provence

 

En la fête de St Michel Archange,

 

le dimanche 29 septembre 2002

 

26é dimanche du T.O  

 

Frères et Sœurs,

 

 

Je voudrais rappeler cette phrase de l’apôtre Paul dans sa lettre aux Philippiens : « ayons entre nous les dispositions que l’on doit avoir dans le Christ Jésus !

 

Et en ce qui me concerne, c’est l’âme et le cœur remplis d’humilité que je reçois cette charge, qui est un service et un honneur, celui d’être prieur du Saint-Sépulcre. Je le fais en toute obéissance à l’Eglise et à notre archevêque, conscient de mes manques, de mes limites et de mon péché, surtout après que le Chanoine Bos, ait œuvre depuis plus de 20 ans, pour vous faire découvrir dans le Seigneur votre vocation : celle d’avoir toujours à l’esprit, la Terre Sainte, Pays de Jésus, dont la paix est si menacée, d’œuvrer dans vos milieux de vies pour être les défenseurs pacifiques du tombeau du Christ et aider par tous moyens, surtout celui de la prière, les chrétiens de Terre-Sainte. Permettez que je place ce ministère sous le regard de Marie, rappelant la phrase qui a accompagné ma retraite à Poissy « Je sais en qui j’ai mis ma foi » !

 

 

Ce matin, je vous invite, à prier pour la Paix. Demandons humblement, du plus profond de notre cœur au Seigneur que, « sur la terre de Jésus on ne déclame plus la guerre à la paix ».

 

Et dans cette méditation, permettez-moi de reprendre quelques citations du Pape Jean-Paul II. Cela nous permettra, sans être trop long de nous unir à sa prière.

 

 

Dans son message de Noël dernier, il rappelait que seul le Christ est notre paix. Né comme un petit enfant, pour que nous devenions nous-mêmes des enfants afin que notre cœur se convertisse, il précisait : "oui, avec assurance, nous pouvons affirmer : aujourd’hui avec le verbe incarné la Paix est née !

 

Paix qu’il faut implorer, parce que Dieu ; en est l’auteur et le garant ! Paix qu’il faut construire dans un monde où peuples et nations, espèrent en une humanité mondialisée, non seulement par des intérêts économiques, mais par l’effort constant d’une convivialité plus juste et plus solidaire. Tous les jours, disait-il, je porte en mon cœur les problèmes dramatiques de la Terre Sainte ; tous les jours, je pense avec appréhension à tous ceux qui meurent:  que le Christ guide les pas de ceux qui s’engagent inlassablement pour la paix, que jamais le Saint Nom de Dieu ne soit utilisé pour justifier la haine. »

 

 

Dès le début de l’année, recevant le Corps Diplomatique il déclarait que : «  se proclamer terroriste au nom de Dieu est l’abomination des abominations ».

 

Tant que je pourrai parler, je crierai : « la paix, au nom de Dieu » et à Bakou, qu’il à qualifiée de porte entre l’Orient et l’Occident, il a insisté sur le «refus du fondamentalisme et souligné que le dialogue, était le seul moyen capable de résoudre les tentions sans précipiter des nations entières dans la barbarie d’un bain de sang. Les religions ne sont pas, et ne doivent pas devenir le tragique prétexte d’oppositions… qui ont leur origine ailleurs, demandant aux responsables religieux de refuser toute violence, car elle offense le nom de Dieu.

 

 

Alors que le Cardinal Daoud, que nous avions invités dans les premiers jours de mars, nous parlait de la situation des chrétiens en Terre Sainte, nous demandant d’agir comme nous le pouvions, pour qu’ils restent dans leur pays, comme témoins de la foi en Christ ressuscité, malgré les difficultés qu’ils rencontrent, le Pape dans son homélie de pâques disait : « communauté chrétienne de tous les continents, de vous demande, à vous, de témoigner de manière forte et cohérente, que Jésus est vraiment le ressuscité et d’agir pour que la Paix arrête la dramatique spirale des injustices et des meurtres qui ensanglantent la Terre sainte, une nouvelle fois précipitée dans l’horreur et le désespoir. Oui, on a le sentiment que la guerre a été déclarée à la paix ! mais la guerre ne résout rien. La tragédie est vraiment grande, personne ne peut rester silencieux et inactif.

 

En cette terre, le Christ est mort et ressuscité, et il a laissé le tombeau vide, comme un silencieux, mais éloquent témoignage… détruisant en lui-même l’inimitié, mur de séparation entre les hommes… Jésus nous à tous réconciliés par sa Croix et maintenant il nous engage, nous ses disciples, à rejeter toute cause de haine et de vengeance ». 

 

Il y a quelques jours, réunis au Palais Pharo, puis au Mistral, avec notre archevêque et le Cardinal Etchagaray, se trouvaient les représentants des religions et des Eglises chrétiennes autour de la Méditerranée. D’aucuns rappelaient que la recherche de la paix, dans un dialogue loyal, ne va pas sans approche, reconnaissance mutuelle, et sans amitié.

 

« La violence, disait le Cardinal Etchegaray n’est jamais le bon chemin pour conduire à la paix. Il y a toujours moyen de discuter, à condition qu’il existe un climat de confiance mutuel. Et il précisait que le Pape avait répété qu’il n’y a pas de guerre sainte. La paix doit s’appuyer sur le pardon. « Pas de paix sans justice, et pas de justice sans pardon ». Oui, disait-il, quand on dialogue, aucune situation n’est jamais bloquée. C’est le seul chemin possible, pour aboutir une l’entente entre les peuples. Jamais le dialogue ne déçoit, mais pour la Terre Sainte, le drame est qu’on est revenu à la case départ des pourparlers ».

 

« Si on veut reprendre ce dialogue, souhaité par les deux peuples, il faut d’abord garantir la sécurité pour chacun. Quant aux chrétiens, hélas, ils sont de moins en moins nombreux dans ce climat de conflit sanglant. Les Eglises cherchent malgré tout à se maintenir. On ne peut pas imaginer la terre du Christ, sans disciples du Christ !

 

 

Déjà le Saint-Père, avait dit à l’angélus du 11 août dernier : « de 1967 à aujourd’hui, il y eut un enchaînement terrible de souffrances indicibles : souffrance des palestiniens, chassés de leurs terres où contraints, ces derniers temps, à un état de siège permanent, faisant presque l’objet d’une punition collective ; souffrance de la population israélienne, qui vit dans la terreur quotidienne d’être la cible d’auteurs d’attentats anonymes. A cela s’ajoute la violation d’un droit fondamental, celui de la liberté de culte. Et je pense à vous, chers chrétiens, qui, même si vous n’êtes pas impliqués dans les actions terroristes, et bien que partageant de nombreuses peines avec vos concitoyens, êtes tentés désormais d’abandonner la Terre Saint. Le Pape et l’Eglise tout entière sont avec vous et vous renouvellent dans leurs sentiments de profonde solidarité et de proximité spirituelle ».    

 

C’est ce qu’ont fait dernièrement, les Chevaliers et Dames se rendant en pèlerinage à Jérusalem, émus de voir ceux qui les recevaient les yeux remplis de larmes, touchés par leur visite, tant ils sont délaissés.  

 

En octobre, puis au mois de mars, certains d’entre-nous reprendront durant leur pèlerinage, le chemin du pays du Christ.

 

 

Fasse que d’ici là, la paix revienne, car nous sommes, vous le savez, tellement proche de la guerre.

 

Que le Seigneur, par l’intercession de la Vierge Marie, Reine de Terre Sainte, et de Saint Michel, que nous fêtons en ce jour,  nous en délivre et nous protège tous. Amen. Jean-Pierre Ellul.

 

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