Homélie du 1er dimanche de carême - 14 février 2016

Publié le par Recteur de la Basilique du Sacré-Coeur de Marseill

Homélie du 1er dimanche de carême - 14 février 2016

~~Homélie pour le 1er dimanche de carême – 14 février 2016. Chers frères et Sœurs, Voilà que nous avons reçu les Cendres, pour essayer une année encore de convertir votre vie, d’ouvrir notre cœur. Comment me direz-vous ? Comment et que changer encore ? Une des réponses, avec les textes de la Parole de Dieu de ce dimanche, est à trouver dans le message du pape François pour ce temps de pénitence et de conversion. Il est à votre disposition au fond de la basilique et ce texte peut nous apporter un soutien dans notre marche vers Pâques. Il nous parle du prophète Osée et de l’infidélité du peuple d’Israël, il continue de nous inviter au don et au partage entre nous et avec les plus pauvres, soulignant qu’un petit geste d’amour et de misèricorde peut apporter beaucoup à celui qui est dans le dénuement ou dans une attitude spirituelle qui requiert notre aide. Il nous faut ouvrir les yeux, bien regarder autour de nous, et surtout en nous, pour pouvoir commencer un chemin de conversion. Non pas un chemin pénible, mais un véritable bonheur de mettre nos pas dans les pas du Christ Jésus, la joie de le suivre. Il marche vers le désert, pourquoi ne pas le suivre ? Question fondamentale en ce temps de pénitence ; alors suivons-le ! Pour le suivre, nous devons abandonner quelques habitudes et mettre nos pas dans ses pas ; pour le suivre, il nous faut aller derrière lui, marcher, sans rien emporter qui risquerait d’entraver notre route. Que laisser ?… Ce à quoi nous tenons tant ? Que c’est dur de se dépouiller, de s’alléger ! Voyez lorsque nous partons quelques jours en voyage, ce que nous entassons dans nos valises. Pourtant le jour viendra où nous n’emporterons rien ! Combien d’entre nous ont tout perdu ? Combien, à l’heure où nous sommes rassemblés, d’êtres humains, hommes, femmes et enfants laissent leurs maisons bombardées, leurs villes, des parents, des amis. La guerre les jettent sur les routes, les frontières se ferment, les pays proches qui devraient les accueillir afin qu’ils ne perdent pas leur culture, les poussent au contraire vers une Europe que l’on croit être pays de cocagne. Le réveil est dur, avec son cortège de haine, de rejet, d’une vie déracinée et sans espoir et souvent sans pain. Lorsqu’on a tout, on peut se dire que l’homme ne vit pas seulement de pain ! Mais quand on n’a rien, quand on a tout perdu ? En ce temps de carême allons-nous continuer de nous prosterner devant les idoles vers lesquelles nous allons si souvent ? Péché d’orgueil, rejet de Dieu, suffisance devant les autres, manque de pardon, heures passées devant notre télévision, jeux en tous genres, luxure et péché de la chair ? Et je n’ose continuer ! Alors qu’un peu de méditation et de prières seraient bienvenues en ce temps de pénitence. Demandons au Seigneur de nous préserver du péché, car c’est devant Lui que nous devons nous prosterner. Seigneur fais-moi sortir de cet esclavage qui me retient prisonnier. Combien de fois avons-nous provoqué le Seigneur, nous sommes-nous détournés de lui, en ne lui faisant pas confiance, en rejetant sa présence, en manquant de foi lorsque nous croyons ne pas être exaucé aussi rapidement que nous voudrions l’être ? Combien de fois avons-nous mis à l’épreuve notre Dieu ? Voilà comment nous devons nous examiner devant lui en ce temps de carême. Et encore, il me semble oublier l’essentiel : sommes-nous prêts à nous présenter devant Dieu, avec un cœur ouvert, une conscience droite, en rejetant le péché ? J’ai peur de mourir diront certains ! J’ai tellement peur de souffrir diront les autres ! Je crois avoir perdu la foi, entendons-nous souvent ! Perdre la foi, ne plus faire confiance à Dieu, se détourner de lui, voilà ce qu’il faut rejeter loin de nous, éradiquer de nos vies. Bien au contraire, laissons faire l’Esprit, demandons à Jésus d’avoir conscience de nos fautes, afin que nous allions nous réconcilier avec Lui. Prenons la décision d’aller nous confesser, sans mentir, en toute vérité, en mendiant cette lueur divine qui nous fait nous découvrir comme des filles et des fils bien aimés de Dieu. Le Seigneur vient à nous et nous comble de sa grâce. Oui, je vous souhaite, un carême de miséricorde et d’amour, à l’image de la rencontre de réconciliation entre le pape François et le patriarche Cyrille de Moscou, qui se reconnaissent comme des frères après 1000 ans de séparation. Il nous faudra méditer et prendre à notre compte ce beau document aux 30 alinéas, appelant à la paix entre les frères d’une Eglise réconciliée. Un carême rempli de foi et d’espérance, comme vient de le rappeler le pape François au Mexique qu’il visite, un temps de conversion vécu dans la joie d’avoir retrouvé cette dignité de filles et de fils de Dieu, ce Dieu qui nous dit : « Viens vers moi, car je t’aime ! » Oui, Seigneur dis-moi des mots de tendresse et d’amour, montre-moi ta miséricorde, afin que je sois sauvé et que Marie ta Mère, se tienne à mes côtés pour gravir ce chemin de foi pour qu’il devienne pour moi un beau chemin de foi, d’espérance et d’amour. Amen. J-P Ellul

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