Homélie de Noël 2015 en la basilique du Sacré-Cœur de Marseille.

Publié le par Recteur de la Basilique du Sacré-Coeur de Marseill

Homélie de Noël 2015 en la basilique du Sacré-Cœur de Marseille.

~~Homélie de Noël 2015 en la basilique du Sacré-Cœur de Marseille. Messe de 16 avec les enfants du catéchisme – veillée et messe de minuit. 4 messes de noël. Orgue Christophe Guida. Jean-Christophe Born, ténor. Chers Frères et Sœurs, vous venez célébrer l’eucharistie dans notre basilique du Sacré-Cœur et nous vous accueillons bien volontiers. Depuis hier, vous êtes nombreux à venir en foule pour redire au Seigneur votre attachement au Seigneur et je voudrais vous remercier et remercier tout à la fois la Police Municipale et les militaires qui, sur la contre-allée du Prado ont assurés depuis l’après-midi la sécurité de ce lieu de culte. Ils ont passé cette fête de la Nativité loin de leurs familles et à la sortie de la Messe de Minuit, je suis allé les remercier personnellement… Les textes de cette messe de la Nativité, nous redisent la tonalité avec laquelle nous devons interpréter le message de l’Incarnation du Fils de Dieu venu naître parmi nous. Surtout en cette année du Jubilé de la Miséricorde. Le peuple de la Promesse à longtemps attendu. Il a attendu depuis la faute de nos premiers parents. Et à la messe de 16h j’ai proposé à tous les jeunes de nos catéchismes et à leurs parents, très nombreux dans notre basilique le conte de la dernière visiteuse, (Jérôme et Jean THARAUD, Les contes de la Vierge, Plon, 194), et je me suis dit que comme nous sommes des toujours jeunes, pourquoi ne pas le proposer à votre méditation, car nous le savons, surtout en Provence, ils furent nombreux ceux qui allèrent voir l’Enfant de la crèche. Evidemment, et si vous le permettez, je vous emmène tous à Bethléem, là où Jésus est né, là où nos frères Palestiniens viennent de célébrer Noël, malgré les difficultés qu’ils rencontrent. L’étoile venait de disparaître, le dernier pèlerin avait quitté l’étable et la Vierge Marie pas encore bien remise de ses couches avait bordé la paille de la crèche, pour que l’enfant puisse dormir enfin après tant de visites. Mais dort-on la nuit de Noël ?... C’est alors que tout doucement la porte s’ouvrit, poussée, comme par un souffle, plus que par une main. Joseph était sorti un instant et c’est alors qu’une femme parut sur le seuil, toute couverte de haillons, ses vêtements d’un autre âge et si vieille et si ridée que, dans son visage qui avait la couleur de la terre, sa bouche semblait n’être qu’une ride de plus. En la voyant, la Vierge Marie prit peur, comme si elle avait vu entrer quelque mauvaise fée. Heureusement, Jésus venait de s’endormir ! L’âne et le bœuf continuaient de mâcher paisiblement leur paille et regardaient s’avancer l’étrangère sans marquer plus d’étonnement que s’ils la connaissaient depuis toujours. La Vierge Marie, ne la quittait pas des yeux et elle s’aperçut que chacun des pas qu’elle faisait, lui semblait très long… long comme des siècles. Mais la vieille continuait d’avancer, et voici maintenant qu’elle était au bord de la crèche. Grâce à Dieu, Jésus dormait toujours. Mais dort-on la nuit de Noël ? C’est alors qu’il ouvrit les paupières et sa mère Marie fut bien étonnée, car elle venait de voir que les yeux de la femme et ceux de son enfant Jésus étaient exactement pareils et surtout brillaient de la même espérance. Elle ne comprenait pas ! La vieille alors se pencha sur la paille, tandis que sa main allait chercher dans le fouillis de ses haillons quelque chose qu’elle sembla mettre des siècles à trouver. Marie la regardait toujours avec la même inquiétude. Les bêtes la regardaient aussi, mais toujours sans surprise, comme si elles savaient par avance ce qui allait arriver. Enfin, au bout de très longtemps, la vieille finit par tirer de ses hardes un objet caché dans sa main et elle le remit à l’enfant. Après tous les cadeaux du voisinage et les offrandes des bergers, quel était donc ce présent ? D’où elle était, Marie ne pouvait encore pas le voir. Ce qu’elle voyait seulement, c’était le dos de la vieille courbé par l’âge et qui se courbait plus encore en se penchant sur le berceau de son nouveau-né. Mais l’âne et le bœuf, eux, l’avait vu et ne s’étonnaient toujours pas. Mais qu’est-ce que c’était que ce cadeau? Car cela encore dura bien longtemps. Puis la vieille femme se releva, comme si elle s’était allégée du poids très lourd qui la tirait vers la terre. Marie qui la regardait toujours fut surprise et vit que ses épaules n’étaient plus voûtées, que sa tête touchait presque le haut de la grotte, mais surtout que son visage avait retrouvé miraculeusement sa jeunesse. Et quand elle s’écarta du berceau pour regagner la porte et disparaître dans la nuit d’où elle était venue, Marie put voir enfin ce qu’était son mystérieux présent. Ève, car c’était elle, la mère de tous les croyants, dont on raconte la désobéissance dans les premières phrases du livre de la Genèse, dans l’Ancien Testament, désobéissance par laquelle elle avait entraîné Adam, en lui faisant manger du fruit défendu, oui, c’était elle qui venait de remettre à l’Enfant Jésus une petite pomme, la pomme du premier péché et de tant d’autres qui suivirent !. Et la petite pomme rouge brillait dans les mains du nouveau-né, comme le globe du monde nouveau qui venait de naître avec lui. Oui, nous le savons, Jésus est venu naître dans le monde pour pardonner, effacer la faute originelle et il était attendu depuis de longs siècles, depuis la désobéissance de nos premiers parents et désormais il était là, tout petit, portant dans sa main ce fruit de désobéissance qu’il transformera en grâce par la prédication de la Bonne Nouvelle. En regardant Jésus posé sur la paille de la crèche, nous savons qu’il devra partir de Nazareth pour annoncer la Bonne Nouvelle, et qu’après nous avoir parlé d’amour et nous monter la tendresse du Père, nous laisser son Corps et son Sang, passer par la croix, pour nous sauver de nos péchés et nous remettre dans l’obéissance au Père et ressuscité dans la Gloire. Désormais auprès du Père, l’Esprit Saint nous fait comprendre que nous avons à témoigner de sa vie donnée pour nous et qui commence à la crèche. En cette année de la Miséricorde durant laquelle le pape François nous invite à passer par la Porte Sainte, nous penserons à toutes nos désobéissances et à nos péchés et en demanderons humblement pardon. Chers Frères et Sœurs, bonne et sainte fête de Noël en famille. Ce soir, demain, et tous les jours de votre vie, soyez miséricordieux comme le Père l’est pour nous, sous le regard aimant de Marie, qui nous donne son Fils. Joyeux Noël à tous, sans oublier tous ceux qui souffrent, les déplacés par la guerre, les souffrances causées en haine de leur foi en Christ. Que le Seigneur touche nos cœurs pour que nous soyons miséricordieux comme Jésus. Amen. J-P Ellul.

Cité dans l’homélie de Noël : Jérôme et Jean Tharaud, Les Contes de la Vierge Recueilli par Marc Olivieri (diacre) –Site du Diocèse de Monaco.

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