Homélie pour le 1er dimanche de l’Avent - 29 novembre 2015.

Publié le par Recteur de la Basilique du Sacré-Coeur de Marseill

Homélie pour le 1er dimanche de l’Avent - 29 novembre 2015.



Chers Frères et Sœurs,
Dans moins d’un mois nous aurons célébré Noël, l’avènement du Fils de Dieu parmi nous. Aussi pour nous y préparer l’Eglise nous propose 4 semaines de réflexion, de prière et de partage, afin de nous insérer dans ce dynamisme intérieur, dans ce temps du retour du Seigneur, en cette année où nous allons célébrer le Jubilé de la Miséricorde.
En regardant le cours du temps qui passe, nous pourrions n’être que pessimistes, en voyant ce déferlement de pleurs et de deuils qui depuis quelques jours a envahi le cœur et la vie de certains de nos frères.
Et pourtant, il ne faut pas avoir peur. Au contraire, nous devons nous relever, lever la tête et avoir dans le cœur l’espérance contre toute espérance. C’est vrai aussi, comme le pape François l’a déclaré au premier jour de son voyage en Afrique, qu’ « il y a des situations dans la vie où on ne peut que pleurer, et regarder Jésus sur la croix ». C’est ce à quoi nous avons été invités, nous les catholiques, les chrétiens, mais aussi les hommes et les femmes de bonne volonté. Lors de l’hommage national qui a été rendu ce vendredi à toutes les victimes du terrorisme, nous avons prié et avons confié au Seigneur toutes ces âmes, pour que toutes ces victimes soient reçues dans le Royaume des Cieux auprès de celui qui est amour et pardon. Mais nous pensons et nous prions, alors que nous allons vivre bientôt ce temps de Noël, pour ces familles qui seront dans les larmes et le deuil, tissant entre eux et nous, des liens d’amour et d’attention, et même si nous ne les connaissons pas personnellement ; ils sauront par le cœur et la prière que nous ne les oublions pas. D’ailleurs quelles paroles de consolation pourrions-nous leur dire ? Seule une attitude digne de respect dans la prière au Christ ressuscité peut nous permettre de les rejoindre.
Pour nous tous, ce temps de l’Avent est un temps de douceur, d’approfondissement, de spiritualité mariale, un temps où cette année encore, nous nous mettrons en chemin pour écouter retentir la voix des prophètes, qui annoncent Celui qui va venir. Nous avons tant besoin de nous sentir épaulés et accompagnés par l’Esprit-Saint.
Comment aller à la rencontre du Seigneur pour que nous soyons appelés lors du jugement à entrer en possession du Royaume des Cieux ? La question nous est posée dès la prière d’entrée. Nous sont rappelés « le courage et l’acuité », l’attitude spirituelle de celui qui attend le retour d’un être aimé. C’est ce qu’il nous faudra, encore cette année, accomplir dans la méditation et la prière pour marcher sur des chemins de justice à la rencontre de celui qui vient.
Nous sommes donc invités à intérioriser tous les textes que la liturgie nous propose, à les relire, à les méditer comme si nous les découvrions pour la première fois. Ce serait du temps perdu, si nous attendions sans attendre, si nous savions déjà ce qui va se réaliser, sans mettre à profit ces quatre semaines où nous redécouvrirons la richesse de la liturgie de l’Avent.
Oui, nous vivrons ces semaines dans un grand dynamisme intérieur. Jérémie nous le dit bellement : voici venir des jours où le Seigneur accomplira sa parole de bonheur, le bonheur de voir la réalisation de la promesse tant attendue, et dans le pays où l’attente se fait plus précise le droit et la justice seront enfin exercés.
Pourquoi ne pas prendre un temps plus long pour la prière, en se mettant devant une Icône ou une statue de la Vierge Marie, voire même allumer un petit lumini et dire à Dieu, après un beau temps de silence intérieur : « Vers toi, Seigneur j’élève mon âme, vers toi mon Dieu ». J’en suis sûr, le Seigneur vous fera connaître comment il faut marcher à sa rencontre, sous son regard d’amour et vous en indiquera le chemin.
Puis s’arrêter encore pour voir quels chemins nous empruntons ? Justice et charité, douceur et retenue de langage, regard de respect et d’amour envers l’autre, où bien notre cœur restera comme il est, notre âme sans appui spirituel, notre vie quotidienne menée dans une habitude faite d’oubli de Dieu, de médisance, de péché, de rejet ?
C’est là, toute l’attitude du Peuple de Dieu que les prophètes viendront stigmatiser, car nous le savons, les voies du Seigneur sont amour et vérité. Dommage que pour certains d’entre nous, ce ne soient que des mots liturgiques, qui ne résonnent plus dans l’âme, s’étiolent et s’oublient sitôt sortis de la célébration.
Au contraire, ayons l’attitude de la Vierge Marie qui attend les promesses d’Israël, qui est là, dans sa maison de Nazareth, avec Joseph et sa famille qui eux, voient son ventre s’arrondir, déjà comme un tabernacle, portant le Fils de Dieu.
En ce temps de l’Avent, le Seigneur nous mène par la main et ses voies ne sont pas les nôtres. Durant ces quatre semaines nous allons essayer d’affermir nos cœurs pour être irréprochables en sainteté. Le Jubilé de la Miséricorde va nous y aider, car Jésus le Christ, est le visage de la Miséricorde du Père. En passant bientôt la Porte Sainte, comme lui, nous seront miséricordieux, nous nous convertirons, pour vivre à plein temps sous la motion de l’Esprit-Saint.
Bon temps de l’Avent, Chers Frères et Sœurs, dans la douceur de l’Enfant qui revient, dans la prière intérieure et l’espérance d’être trouvés justes devant Dieu. Amen. J-P Ellul.

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