~~Homélie pour le 11ème du temps ordinaire - 14 juin 2015

Publié le par Recteur de la Basilique du Sacré-Coeur de Marseill

~~Homélie pour le 11ème du temps ordinaire - 14 juin 2015

- Dans le livre d’Ezéchiel, la symbolique est forte ! Le Seigneur joue au jardinier divin et il n’hésite pas à monter à la cime d’un l’arbre, pour en prélever une tige toute jeune, poussée en plein soleil, bien verte, et la couper nette puis redescendre la planter de nouveau sur la haute montagne qu’est le peuple d’Israël. Cette pousse, cette plante, cet arbre : c’est un cèdre. En lisant ce texte d’Ezéchiel, je me souviens d’un confrère prêtre de mes amis, à qui on avait fait la proposition d’offrir des cèdres pour qu’il les plante dans son domaine des Hautes-Alpes. Avant de partir, il abaissa les sièges arrière de sa voiture, pour faire de la place et arriva à l’endroit indiqué. Quelle ne fut pas sa surprise de se voir remettre, dans une boite à chaussures, six cèdres, encore tout petits, qu’il planta d’ailleurs, et qui depuis sont devenus de grands arbres majestueux, dont la cime monte haut, vers les montagnes alpines, environnées de massifs majestueux où l’air est pur et le ciel limpide. Paradoxe de la petitesse et de la grandeur, de la coupe et de l’enracinement, car lorsque le Seigneur parle, s’il le désire, cela se réalise. Il en est ainsi en nous-même : la petite graine, très petite, à l’image de la graine de moutarde qui a été déposée en nous lors de notre venue au monde et au jour de notre baptême, par le sacrement qui nous configure à lui, grandit, donne les fruits que l’Esprit-Saint nous inspire et nous invite à annoncer son royaume. Un royaume de justice et de paix ! Aussi dans notre vie, tous, jeunes et toujours jeunes, quelle que soit notre expérience, nous devons garder confiance et rester les yeux levés vers le Seigneur. Garder confiance, écouter sans jamais fermer son cœur, être dans une obéissance totale, réaliser ce que le Seigneur nous demande : telle fut la devise, pourrions-nous dire, de Sœur Rémuzat, dont nous faisons mémoire en ces jours où nous honorons le Cœur Sacré de Jésus, alors que notre archevêque vient de lui consacrer, une fois encore depuis 1720, la ville et le diocèse… et le grand cierge qui brûle dans le chœur de notre basilique rappelle la messe du vœu des Echevins. Anne-Madeleine fut toute donnée au Seigneur et la petite graine qui fut déposée dans son cœur lorsque qu’elle était très jeune, a grandi durant toute sa vie et Jésus lui a proposé de devenir la messagère de l’amour divin. Malgré les visions du Christ, lui demandant de témoigner de son amour et de sa miséricorde, avec combien de nuits passées en prières, associée aux souffrances de sa passion en recevant les stigmates, elle connut « des nuits de l’âme », de douloureuses souffrances intérieures en voyant combien d’âmes se perdaient dans la désobéissance et le péché. Aussi, comme en une parabole dont Jésus a le secret, il a su donner la force du témoignage et ce, jusqu’à sa mort. Obéissance, prières, mortifications, écoute inlassable de ceux qui venaient la rencontrer au parloir de son couvent de la Visitation, derrière la Vieille Charité, pour essayer de découvrir quelles paraboles le Seigneur voulaient leur faire vivre. Elle n’a jamais hésitée, elle est restée fidèle, elle peut être un modèle pour nous. Dans les joies comme dans les épreuves, elle est là, nous montrant le Cœur du Christ, transpercé par nos péchés, mais rempli d’amour pour chacun d’entre nous. 33 ans d’une vie de fidélité totale, c’est ainsi que j’essaie de la décrire, tout au long des pages de l’ouvrage que je vous propose de lire, préfacé par Mgr Pontier qui écrit : « Quelle étonnante figure ! ». Aussi je vous invite à découvrir cette vie d’intimité avec Jésus doux et humble de cœur. Notre ambition est de plaire au Seigneur, nous dit Paul dans sa lettre aux Corinthiens. Et si nous sommes là, à célébrer l’Eucharistie, n’est-ce pas ce que nous accomplissons en venant à la messe ? Plaire au Seigneur ; plaire à Jésus qui fait de nous tous des envoyés, des êtres de chair et de sang, rachetés par sa passion et sa résurrection. C’est pour cela qu’un jour, dit-il, nous devrons apparaître tous à découvert devant le tribunal du Christ. Mais nous en avons la certitude, ce jugement se fera sous son regard d’amour, d’autant qu’il nous reste, toujours et encore, à parfaire notre connaissance de Jésus. S’il nous juge sur l’amour que nous aurons mis dans notre vie, comment alors ne pas nous demander où nous en sommes de cet amour partagé en famille, entre amis… Sommes- nous doux et humble de cœur ? Pas si souvent me direz-vous ! Notre ambition est-elle de plaire au Seigneur ? Voilà une question qu’il nous faut nous poser ? Nous voulons surtout plaire pour être reconnus, aimés, respectés. C’est humain ! Lorsque nous apparaîtrons devant le Tribunal du Christ, quelles seront les différentes rétributions que nous recevrons ? St Paul en parle dans le contexte de cette jeune communauté chrétienne de Corinthe, mais aujourd’hui aussi, nous pouvons nous demander quelle sera notre condition dans le ciel, dans le Royaume de Dieu ! Bien sûr, nous serons dans la lumière de celui qui nous a fait passer des ténèbres à son admirable lumière, encore faut-il y parvenir avec la grâce qu’il nous offre chaque jour ! Il nous faut donc faire confiance en celui qui est tout, c'est-à-dire amour et miséricorde et vivre dans l’espérance d’une conversion du cœur. Bientôt nous serons appelés par le pape François à vivre une Année de la Miséricorde. Comme Anne-Madeleine Rémuzat, puissions-nous voir le Christ nous bénir et nous assurer que jamais nous ne serons éloignés de lui, puisque nous sommes créés à l’image de cette Sainte Trinité d’amour. Aussi, que le Seigneur soit dans votre cœur et que son Cœur sacré continue d’accompagner la route de votre vie dans la confiance, la tendresse et l’espérance. Confiance, nous y arriverons ! Amen. J-P Ellul.

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