Homélie Pentecôte 2015

Publié le par Recteur de la Basilique du Sacré-Coeur de Marseill

Homélie Pentecôte 2015

Quelle joie de célébrer cette belle fête de Pentecôte, en cette année consacrée à la vie religieuse et alors que se profile le jubilé extraordinaire de la Miséricorde. Veni sanctae spiritus, oui, viens Esprit du Seigneur, mon âme à soif de toi. Enfin, l’Esprit promis est là enveloppant tout de ses langues de feu, permettant de transmettre la foi en Christ ressuscité, de l’exprimer sans retenue, pour dire les merveilles de Dieu. L’énumération des pays et des langues, que nous venons d’entendre dans les Actes des Apôtres, montre bien que les premiers témoins de l’effusion de l’Esprit, ont voulu graver pour toujours, dans un texte précis, la découverte et la réception des merveilles de Dieu. Désormais nous marchons sous la conduite de l’Esprit, rejetant tout ce qui est mauvais dans nos vies et qui souvent, nous éloigne de Dieu. St Paul dans l’Epître aux Galates nous en donne tant d’exemples. Ces péchés que nous commettons, qui nous laissent un goût amer, nous invitent à aller demander la réconciliation de nos péchés. Et c’est là où l’Esprit vient à notre secours, montrant que nous attendons tout de lui : aide, accompagnement dans la prière, soutien moral, découverte de ce qu’il y a de meilleur pour nous. Oui, comme il est bon de marcher sous la conduite de l’Esprit qui vient nous consoler, nous accompagner, éclairer le chemin de notre vie, par les rayons de sa lumière. Cette Pentecôte est une fête de l’illumination, un temps de grâce que Jésus nous accorde, pour faire le point dans la connaissance que nous avons de lui. Il nous a parlé, il a parlé à l’Eglise, aux nombreux témoins de la foi et voilà que c’est à nous qu’il parle. Mais cet esprit ne se montre pas, il se laisse trouver… et si nous le lui demandons, il vient à nous ; nous l’avons reçu au baptême et à la confirmation, d’autant que trop souvent nous oublions que nous sommes porteurs de l’Esprit-Saint. A la cathédrale de Marseille, ils ont été 208 à recevoir ce signe de l’Esprit pour partir annoncer que Christ est ressuscité. A nous aussi, en nous-mêmes, dans nos familles, autour de nous, d’en témoigner. Vous vous souvenez de l’expérience du Don de l’Esprit, l’Effusion de l’Esprit que certains d’entre-vous ont vécu, proposé par la Communauté du Cœur de Jésus ? Vous rappelez-vous la douceur de sa réception, la prière qui l’a accompagné, la force que vous avez reçue. Oui, l’Esprit est à l’œuvre dans l’Eglise et quiconque en fait l’expérience, n’oubliera jamais ce don. Pour mieux le prier, certains voudraient le visualiser, ce qui est chose difficile, car il est le souffle, le vent et Jésus le disait déjà dans l’Evangile de Jean : « Il souffle où il veut et tu entends sa voix, mais tu ne sais pas d’où il vient, ni où il va ». (Jn 3,8). C’est lui le créateur de toutes choses ; il est la prophétie qui rend notre parole, Parole de Dieu, il est l’Esprit de la résurrection qui diffuse toujours des énergies capables de vaincre la mort, d’en briser le pouvoir. Un auteur spirituel contemporain ose ce rapprochement ; « Pour connaître l’Esprit-Saint, pour le contempler, comme le recommandait un moine du Mont Athos, il faut l’approcher comme on approche une colombe : lentement, dans le silence et dans la paix. En effet, quand on veut s’emparer de l’Esprit, le saisir de force, il s’envole comme une colombe ; au contraire, il faut savoir attendre, demeurer calme, observer avec patience, invoquer sa venue avec des désirs ineffables. Alors il viendra, il approchera de lui-même. Lorsque nous voulons le contempler, notre première surprise est de constater que l’Esprit-Saint n’a pas de visage. Le Père et le Fils, d’une certaine manière peuvent être représentés, car ils évoquent des figures humaines, mais l’Esprit demeure sans visage : nous pouvons le rencontrer seulement à partir des traces de son passage ou des fruits de son action… L’Esprit n’a pas de visage, mais il prend le visage des saints sur lesquels il descend, dans lesquels il demeure et agit : des hommes et des femmes remplis de son Esprit, dont le visage reflète la grâce, la beauté, la gloire du Saint-Esprit lui-même». (E. Bianchi. La saveur oubliée de l’Evangile). Sœur Anne-Madeleine en a fait grandement l’expérience mystique lorsqu’elle rapporte ceci dans l’une de ses visions : « La bénédiction que je reçus de l’Esprit-Saint, fut de me promettre que je ferai un progrès continuel dans son amour, et que la grâce serait toujours opérante en moi ». (Vie 1760, Père Jacques, p. 116). N’est-ce pas l’expérience spirituelle que nous avons à faire ? Voilà, chers frères et sœurs, ce que nous pouvons entrevoir cette année de ce qu’est l’Esprit-Saint. Oui, il donne un sens à notre vie ; oui, il nous permet d’espérer dans une vie plus forte que la mort, dans un amour plus fort que la haine, dans une communion plus forte que la division. Sous son regard d’amour, accompagné de Marie, la Théotokos, présente avec les apôtres au Cénacle, dont la tête et le visage furent auréolés du Saint-Esprit, langues du feu divin, restons sous la motion de l’Esprit et lorsqu’il nous sera permis de faire l’expérience de « l’Effusion de l’Esprit », avançons-nous sans crainte, car il est celui qui veut que nous restions dans l’amour des trois personnes de la Trinité et que nous soyons unis les uns aux autres. Je vous propose de fermer les yeux, d’ouvrir vos mains et votre cœur, et dans une prière intérieure de laisser l’Esprit venir en vous. (Temps de silence intérieur). Bonne et Sainte fête de Pentecôte. J-P E.

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