Fête de Toussaint 2014 – Sacré-Cœur

Publié le par Recteur de la Basilique du Sacré-Coeur de Marseill

. Nous relisons avec bonheur les textes liturgiques proposés pour la fête de Toussaint, car ils nous remettent immédiatement dans une grande proximité avec la sainteté de Dieu et nous permettent d’espérer arriver, avant la fin de notre vie terrestre, à devenir des saints, ou du moins à y tendre comme nous le faisons. Nous avons la joie et le bonheur de connaître Jésus, de l’avoir rencontré et nous écoutons sa Parole : ainsi elle nous transforme, nous subjugue, nous accompagne dans notre marche vers le royaume ; nous nous approchons de lui en recevons son Corps, dans une intimité sacramentelle, car il nous aime d’un amour incommensurable. Vous imaginez le nombre de saints que l’Eglise nous donne en exemple en ce jour de fête, saints connus ou inconnus ? Des milliers de femmes et d’hommes, d’enfants, en se rapprochant du Christ, ont voulu vivre de sa vie, dans la radicalité de l’appel que le Seigneur leur avait lancé en répondant : « Oui Seigneur, je viens faire ta volonté, celle d’être tout à ton service, de t’écouter et de réaliser dans ma vie ce que tu as souffert pour nous, afin d’entrer avec toi, près de toi, dans le ciel, même si je dois y laisser ma vie ». Alors prenons conscience de notre dignité de chrétiens ! Oui, nous devons en cette fête, qui est la nôtre -en préfiguration-, nous retrouver dans la proximité que nous avons avec Dieu, continuer de le chercher, de le reconnaitre comme Dieu d’amour et non comme celui qui juge, de le redécouvrir comme celui qui par amour, nous marque du sceau indélébile de son amour. Quelle joie de l’avoir rencontré ! Pensons à tous ceux qui nous ont donné la possibilité, ont permis ce contact avec le Christ : nos grands-parents, nos parents, nos connaissances, prêtres, diacres et religieuses qui ont balisé notre route baptismale et celle de notre vie. Ils ont été des témoins de la foi, et malgré les difficultés inhérentes à la vie, ils ont triomphé du péché, ils sont restés fidèles, voire même, ils ont prié, pour que nous soyons ce que nous sommes. Ne pensez-vous pas à vos grands-parents, témoins d’amour et de fidélité ? Ne pensez-vous pas à vos propres parents, voulant pour vous une vie droite et chrétienne ? Ne pensez-vous pas à l’Esprit-Saint qui vous a fait devenir ce que vous êtes, malgré tant de difficultés personnelles, de reculs quelques fois, dans votre vie spirituelle, quand ce n’était pas de la colère contre Dieu et certains jours, une absence totale de relation avec lui. Dites-moi ? Combien en veulent à Dieu parce qu’ils n’ont pas obtenu de lui ce qu’ils demandaient ? Combien ? Combien l’ont rejeté par orgueil, en péchant contre le ciel et contre Dieu ? Alors que c’était facile de demander pardon, de revenir sur ses erreurs passées et de reprendre le chemin de la maison paternelle, c’est-à-dire celle de Dieu, de l’Eglise, de la communauté chrétienne, de la paroisse ou de son groupe spirituel, avec une vie désormais droite et dans la fidélité à notre vocation baptismale. Le Père nous accueille jour après jour, car il nous aime. Certains, ayant vécu, traversé cette expérience de rejet, sont quand même revenus et désormais, joyeux de leur conversion, ayant vécu cette expérience de pardon, aident les autres à passer le cap difficile de l’abandon de la foi ou du reniement. Mais sans la puissance de l’Esprit, comment revenir vers Jésus, nous réconcilier, prendre de nouveau sa place dans l’Eglise pour ne plus la quitter, observant les commandements et vivant des sacrements ? Oui, ces expériences douloureuses nous affermissent dans la foi, nous rendent forts, comme tous ces témoins, ces saints que nous fêtons en ce jour, connus ou inconnus. Et pourquoi ne pas leur demander leur « recette » et leur aide ? Que me faut-il faire pour devenir une sainte, un saint ? Toi que je vois représenté dans l’Eglise où je viens prier devant ta statue, qui as-tu été dans ta vie ? Tu étais jeune, tu étais adulte, tu étais pécheur, tu étais loin de la sainteté, mais enfin tu as découvert que Jésus te faisait signe, tu as dit oui et tu as alors vécu l’Evangile au plein vent de l’Esprit, tu t’es laissé envahir totalement par le Christ, tu as pris ta part de souffrances et de joies, tu as proclamé que Christ est vivant, ressuscité, malgré l’interdiction de l’annoncer et surtout, tu as été fidèle en tout ce que l’Eglise te proposait, te demandait, quitte à rester dans une obéissance qui te faisait mal, et ce jusqu’à ta mort. Mais tu es resté fidèle et l’Eglise t’a proposé, donné comme exemple de vie à tous les chrétiens, pour qu’ils puissent suivre la voie que tu as suivie, cette voie étroite, dont la porte est difficile à franchir, que le Christ propose dans l’Evangile, que les apôtres ont expérimentée, que St Paul nous rappelle bellement tous ces jours-ci dans ses lettres aux premières communautés chrétiennes. Ces recommandations spirituelles sont comme un véritable « code de la route spirituelle », elles nous permettent de ne pas franchir la ligne continue, mais de prendre du recul sur nos vies pour les faire grandir et nous faire proclamer que « le salut nous est donné par notre Dieu, lui qui siège sur le trône et par l’Agneau », comme le dit l’Apocalypse. Combien de fois, comme l’Agneau de Dieu, nous sommes-nous immolés, en ne répondant pas aux quolibets et aux injures, à la rumeur, souffrant en silence, même si nous avions raison ou en aidant l’autre, sans que personne ne le sache, en faisant combien de sacrifices pour nos familles, nos enfants, notre entourage ? Combien de fois ? Dieu seul le sait et il conserve tout cela dans son cœur de père très aimant. Oh, oui, qu’il est grand l’amour dont il nous a aimé. Ce que nous recherchons en cette fête de Toussaint, ce que nous souhaitons, c’est de devenir enfin, des êtres de sainteté, aimés de Dieu, car lorsque nous paraitrons devant lui, nous voudrions être trouvés semblables à lui ! En accomplissant les commandements qu’il nous a proposés de vivre, nous nous rendons purs, comme il l’est lui-même. Alors nous comprenons mieux le texte des béatitudes de St Luc, et pourquoi ne pas, nous mettre dès aujourd’hui, et sans fausse honte, avec les « heureux », du sermon sur la montagne, avec ces saints, ces « en avant », tous ceux qui ont mis en pratique les recommandations du Seigneur. Oh, oui, réjouissez-vous déjà d’être trouvés justes devant Dieu, hâtons le pas, joyeux de savoir dans la lumière tous ceux de notre Eglise que tu nous as donnés en exemple, car nous l’espérons, notre récompense sera grande dans les cieux. Vierge Marie, toi la reine et la mère de tous les Saints, conduis-nous près de Jésus ton Fils, pour qu’il nous étreigne avec joie et nous dise : « Viens bon et fidèle serviteur, entre dans la joie de ton maître ». Amen.

Fête de Toussaint 2014 – Sacré-Cœur

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