Pentecôte 2014

Publié le par Recteur de la Basilique du Sacré-Coeur de Marseill

~~Homélie pour le dimanche de Pentecôte - 8 juin 2014. « Veni creator spiritus », avons-nous chanté au début de cette Eucharistie, car nous voici sous la motion de l’Esprit-Saint. Il descend sur nous comme il est descendu sur les apôtres le jour de la Pentecôte, il nous donne ses 7 dons sacrés, et envoie du ciel sa lumière. Mais en ce dimanche, écoutons retentir dans nos cœurs cet appel à la paix, en ce jour où le pape rencontre les responsables des Etats de Palestine et d’Israël. Il les a invités à rejoindre Rome, afin de prier avec lui pour demander à Dieu le don de la paix. Nous pouvons dire dans nos cœurs : « Seigneur envoie ton esprit et qu’il renouvelle la face de la terre, pour apporter cette réconciliation dont nous avons tant besoin, dont ils ont tant besoin ». C’est également un début de paix que nous célébrons en ce 70ème anniversaire du débarquement en Normandie, où en 1944, tant de jeunes hommes ont donné leurs vies pour que nous puissions vivre dans la liberté. C’est pour cela que nous avons laissé dans la chapelle de Notre-Dame de Pitié, au fond de notre basilique, les couleurs tricolores qui rappellent leur souvenir, dans cette basilique qui leur est dédiée et dont les noms, trop nombreux sont gravés sur les plaques du déambulatoire. Oui, nous sommes sous la motion de l’Esprit qui nous fait comprendre toute chose. En cette Pentecôte de lumière, le Père des pauvres vient vers nous, dispensant ses dons, pénétrant nos cœurs du feu de son amour. Cette Pentecôte, je l’ai vécue à Rome la semaine dernière, invité par le Renouveau charismatique Italien, où avec la Communauté du Cœur de Jésus, nous avons pu participer à ce rassemblement de louange, de prière, de partage et d’envoi en mission par le pape François. Je partais avec quelques réticences, car je n’étais pas habitué à prier ainsi, mais j’avais promis à Salvatore Martinez lors de son passage à Marseille en mars dernier d’y participer. Et je dois reconnaître que je fus pris par cette ambiance de foi et de prière profonde. Imaginez : 52.000 chrétiens dans le Stade Olympique de Rome, des milliers de prêtres, religieux, religieuses, et au milieu des italiens, 52 pays représentés. Un peu comme au jour de Pentecôte à Jérusalem. C’était à la fois grandiose et profond, la prière et l’exultation, laissant la place au recueillement et au silence total. Je restais là, à regarder, un peu détaché, pour mieux saisir cette démarche de joie et de foi profonde, et j’ai dû très vite me rendre compte que sous la motion de l’Esprit, malgré la différence de langues, ce qui nous faisait communier c’était Jésus, le Seigneur, chanté, imploré, attendu et reconnu comme celui qui est le sauveur du monde, celui dont le monde a besoin, celui qui se fait connaître aux autres qui ne sont pas encore dans l’église, quoique baptisés, attendant qu’on leur dise qu’il est ressuscité, vivant, en laissant l’Esprit-Saint, faire son œuvre, afin de les agréger à la communauté des croyants, comme dans les Actes des Apôtres. Lorsque le pape François est arrivé le dimanche à 17h dans le stade, il a tout de suite invité l’assemblée à dire tout haut : « Jésus est le Seigneur, Jésus est la sauveur »… Puis il a rappelé quels étaient les dons de l’Esprit. Le don de l’Esprit lui-même, qui est amour et qui rend amoureux de Jésus. Le don de l’amour, qui change la vie et fait renaître à la vie de l’Esprit. Il y a eu un moment où toute l’assemblée s’est mise à rire, après que le pape ait rappelé ceci : Comme vous le savez peut-être – parce que les nouvelles vont vite – les premières années du Renouveau Charismatique à Buenos Aires, je n’aimais pas beaucoup ces charismatiques. Et je disais d’eux : ‘‘Ils ont l’air d’une école de samba !’’. Je ne partageais pas leur façon de prier et les nombreuses nouvelles choses qui se passaient dans l’Église. Après, j’ai commencé à les connaître et en fin de compte, j’ai compris le bien que le Renouveau Charismatique fait à l’Église. Et cette histoire, finit d’une manière singulière : peu de mois avant de participer au Conclave, j’ai été nommé, par la Conférence Épiscopale, assistant du Renouveau Charismatique en Argentine. Et d’ajouter entre autre : Le Renouveau Charismatique est une grande force au service de l’annonce de l’Évangile. «Toutefois, il n’y a pas de plus grande liberté que de se laisser guider par l’Esprit, en renonçant à vouloir calculer et contrôler tout, et de permettre à l’Esprit de nous éclairer, de nous guider, de nous orienter, et de nous conduire là où il veut. Il sait bien ce dont nous avons besoin à chaque époque et à chaque instant. On appelle cela, être mystérieusement féconds ! » (Exhort. ap. Evangelii gaudium, n. 280).(…) Cherchez la sainteté dans la nouvelle vie de l’Esprit-Saint. Soyez dispensateurs de la grâce de Dieu. Évitez le danger de l’organisation excessive. Sortez dans les rues pour évangéliser, en annonçant l’Évangile. Souvenez-vous que l’Église est née ‘‘en sortie’’, ce matin de Pentecôte. Rapprochez-vous des pauvres et touchez dans leur chair, la chair blessée de Jésus. Laissez-vous guider par l’Esprit-Saint, avec cette liberté ; et, s’il vous plaît, n’emprisonnez pas le Saint-Esprit ! Comment ne pas être ému et rempli d’action de grâce, lorsque le pape s’est agenouillé, demandant la prière de toute l’assemblée. Alors que l’on pouvait apercevoir une colombe blanche qui tournoyait dans le ciel, juste au-dessus du stade. 52.000 personnes, les mains tendues vers lui, implorant l’Esprit-Saint étaient en prière. Dans un silence total. Jamais je n’avais vu cela ! Puis c’est vers nous, les prêtres, que la foule s’est tournée et à étendue les mains ; j’étais là, les yeux fermés, le cœur et l’esprit ouverts, recevant toute la grâce que le Seigneur m’a donné en cet instant. Je me rappelais les phrases de la préface de cette fête : « Aujourd’hui, Seigneur, par le mystère de la Pentecôte, tu sanctifie ton église chez tous les peuples de la terre et dans toutes les nations… et pour accomplir jusqu’au bout le mystère de la Pâques, tu as répandu l’Esprit-Saint sur ceux dont tu as fait tes fils en les unissant à ton Fils unique… »… Je me suis tourné pour remercier ; c’était vraiment impressionnant, en voyant les prières qui se continuaient sur les lèvres, pour que la force qui m’était donnée, soit au service de l’Eglise et à votre service. En cette fête de Pentecôte, nous remercions le Seigneur pour notre Eglise, pour les dons qu’elle dispense, pour la grâce qu’elle apporte et pour les adultes qui ont été confirmés à la cathédrale de Marseille où, au milieu de 204 confirmands, 12 ont été préparés dans notre paroisse et parmi ceux-ci, 10 avaient été baptisés dans la nuit de Pâques au cours de la veillée. Pour bien vivre ce temps « pneumatique », ce temps de l’Esprit, il nous faudrait reprendre tous les textes du Concile Vatican II, pour nous rendre compte que l’Esprit est à l’œuvre dans ce qu’il propose pour l’évangélisation. « Peut-être que les catholique d’aujourd’hui, dit le Père Adrien Nocent, éminent liturgiste, limitent trop l’activité de l’Esprit Saint, aux recherches sur le dogme ou les décisions à prendre pour les circonstances présentes où vit l’Eglise. Ils oublient trop la constante activité de l’Esprit à chaque sacrement. Chaque chrétien continue de vivre sous l’influx de l’Esprit Saint, de son baptême à sa confirmation, jusqu’à la rencontre finale avec Dieu ». (L’Année Liturgique 4.). Et nous le savons bien, c’est toujours l’Esprit qui confirme notre foi et notre unité, chaque fois que nous participons à l’Eucharistie. Oui, à chaque instant nous sommes imprégnés de l’Esprit et de ses dons. A vous tous, Chers frères et sœurs, bonne fête de Pentecôte et que l’Esprit Saint soit toujours notre guide. Amen. J-P E.

Pentecôte 2014
Pentecôte 2014

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