~~Homélie pour le 5ème dimanche de Pâques. 18 mai 2014.

Publié le par Recteur de la Basilique du Sacré-Coeur de Marseill

Frères et Sœurs, Nous le savons bien, Jésus est le chemin, il est aussi « la porte », qui conduit vers le Père. Et souvent, vient sur nos lèvres, la question de Philippe : « Nous voudrions voir le Père, voir Dieu, ce Dieu qui depuis tout éternité se cache, comme au-delà des nuages, que personne n’a jamais vu. » Où est-il ce père, qui est le créateur de toute chose ; celui que le psalmiste supplie de descendre des cieux ? Tous les prophètes l’ont attendu et désormais il est venu, mais pas comme ils l’espéraient. Seuls, les petits, ceux qui ont le cœur ouvert, qui attendaient dans le silence et la prière, l’ont reconnu. Je crois que Jésus a été déçu, devant tant de lenteur… à croire. Malgré tout ce qu’il a vécu et partagé avec eux, malgré la résurrection, Philippe, demande, comme nous le demandons souvent, cette chose incroyable : voir Dieu sans mourir ! Oui, Jésus reste interdit devant tant d’incompréhension ! Il le leur dit doucement : « Il y a si longtemps que je suis avec vous et vous n’avez pas compris ? Etes-vous comme les disciples d’Emmaüs ? Faut-il encore que je vous explique les Ecritures ? Et les paroles que je vous ai dites, vous n’arrivez pas à comprendre que je ne les ai pas dites de moi-même, mais que c’est le Père qui est en moi, qui les dits ? » Jésus est parti nous préparer une place et nous sommes là, à nous poser la question : « Quel chemin emprunter pour aller vers le Père ? » Le Père et moi, nous sommes un ! Et, c’est par l’Esprit Saint, que nous connaissons ce mystère d’amour de la Trinité. Des millions d’êtres humains sont privés de cette vérité. Leur religion cache ou combat cet aspect fondamental de notre foi chrétienne, faisant de Jésus un simple prophète. Non, Jésus n’est pas un prophète ! Il est le Fils de Dieu, mort et ressuscité, vivant pour toujours. Mais cette annonce de la foi est interdite dans combien de pays ? Et on risque d’être mis à mort si l’on se convertit. Voici un extrait du Message des évêques d’Algérie, du 10 novembre 2009 : « La liberté de religion inclut aussi la liberté de partager sa foi et de la proposer et non de l’imposer, accepter et d’accueillir des convertis. Les nations qui, de par la loi, interdisent à leurs concitoyens d’embrasser la foi chrétienne, les privent de leur droit humain fondamental de choisir librement leur foi. Cela n’a que trop duré, et il est temps de revoir la situation sous l’angle du respect, pour les droits fondamentaux de l’homme. Puisque des chrétiens qui décident de changer de religion sont accueillis dans les rangs des musulmans, il doit y avoir réciprocité en cette matière. La bonne direction à prendre, c’est le respect mutuel. » Fin de citation Ecoutons ce que nous dit St Jean-Paul II, dans Véritatis Splendor : «La lumière de la face de Dieu, brille de tout son éclat sur le visage du Christ, image du Dieu invisible, resplendissant de sa gloire, plein de grâce et de vérité. » Aussi frères et sœurs, laissons-nous interroger par la question de Philippe et répondons, dans le silence de notre cœur : « Lorsque je vois Jésus, lorsque je prie Jésus, je prie et le Père et le Saint-Esprit. » Ce mystère de la Sainte Trinité, la servante de Dieu, sœur Anne-Madeleine Rémuzat, nous en a parlé. Au cours de sa vie, par deux fois, elle a pu dialoguer avec le Dieu trois fois saint. Voici ce qu’elle écrit : « Un jour, après l’Office de None, j’eus le sentiment de présence de Dieu si fort, que ne pouvant le soutenir, je fus contrainte de me mettre à genoux, pour adorer cette divine présence. Je fus, en même temps, investie de la gloire qui environne le trône de la majesté de Dieu. Cette vue m’ayant comme enlevée à moi-même et fait perdre le sentiment, je me trouvai par cette espèce de mort extérieure, disposée à recevoir avec moins d’obstacles de ma part, les biens qui m’étaient destinés. Il me fut dit alors, que les trois personnes de l’adorable Trinité désiraient ardemment contracter avec moi, une union que rien au monde, ne serait capable de rompre et qu’elles me demandaient pour cela mon consentement. A ce mot d’union, je sentis que tout mon être se fondait pour ainsi dire, et allait se perdre dans cet être immense. (…) L’accablement et la confusion ne me permettant pas de parler, je consentis à tout par mon silence ; mais je le rompis enfin, pour prier ces trois adorables Personnes, de faire en sorte que mon indignité, ne mit point d’obstacles aux richesses dont elles voulaient me remplir. Je m’occupai ensuite à adorer les abaissements d’un Dieu dans mon âme (…). Les connaissances que je reçus, de l’unité de ces trois Personnes adorables dans une même essence, m’abîmèrent de respect et m’anéantirent. C’étaient des connaissances si profondes et si secrètes qu’il ne m’a pas été possible d’en dire quelque chose. Après (…), connaissant que ces trois Personnes adorables allaient s’éloigner, je les priai instamment de me bénir. Je n’eus pas plus tôt achevé ma prière, que l’adorable Personne du Père me fit connaître que la bénédiction qu’il me donnait était en sorte que je ne le perdisse jamais de vue. L’adorable Personne du Fils, me fit connaître que, m’ayant choisie pour être la victime de son Cœur, la bénédiction qu’il me donnait était de m’ouvrir les trésors qu’il renferme. La bénédiction que je reçus du Saint-Esprit, fut de me promettre que je ferai un progrès continuel dans son amour et que la grâce ne serait jamais oisive en moi. Après cela, Jésus-Christ élevant sa main adorable me bénit avec ces paroles : « Je te bénis au nom du Père, en mon nom et au nom du Saint-Esprit ». Je répondis : « Amen ». Après quoi la vision disparut et, étant revenue à moi-même, je me trouvai comme une nouvelle créature. » Voilà comment, une âme toute donnée au Seigneur, put réaliser le vœu de Thomas. Sans rien demander, sans rien attente, c’est le mystère même de la Trinité, qui s’est présenté à elle. A ces chercheurs éperdus, fatigués de chercher sans trouver, témoignons de celui qui est miséricorde. Ils découvriront enfin qu’il est Père et amour, un et trine et que l’on ne peut le trouver, qu’en trouvant Jésus, Pierre Vivante que Dieu a choisie et qui nous ouvre à la vérité toute entière. Que l’Esprit Saint nous soutienne, afin que nous devenions ou restions ces pierres vivantes et construisions en nous ce temple spirituel que Dieu attend. Que Marie, la Mère de tout amour, enlève tous les obstacles sur le chemin qui nous conduit vers lui. Amen.

~~Homélie pour le 5ème dimanche de Pâques. 18 mai 2014.
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