Homélie pour le 32è dimanche – Sacré-Cœur de Marseille 10 novembre 2013.

Publié le par Recteur de la Basilique du Sacré-Coeur de Marseil

Dans trois semaines, après avoir célébré la liturgie de la fête du Christ Roi, qui conclura notre année liturgique, nous seront prêts à entrer en Avent avec la célébration de prière pour la vie naissante le samedi 30 novembre au soir. Certains diront : déjà ! Les plus jeunes de nos familles découvrirons les illuminations et les vitrines remplis de cadeaux pour célébrer Noël. Une fois encore nous leur apprendrons, avant la naissance de l’Enfant-Dieu, ce qu’est le partage, la charité et l’amour. Pour nous tous, c’est donc le signal avant coureur d’une nouvelle année liturgique.

L’année de la Foi se termine ; mais les célébrations de l’Année Mariale Marseillaise, avec les 800 ans de la création, sur la colline haute, de ce qui deviendra le sanctuaire de Notre-Dame de la Garde, occupera toute notre année, et nous serons heureux d’aller confier à la Bonne-Mère, dès le dimanche 8 décembre, l’après-midi, dans une immense procession diocésaine, nos joies et nos soucis et nos peines.

Comme il est dit dans le psaume 87, pour la prière d’ouverture, de cette messe : la prière s’élèvera vers le Seigneur, lui qui entend quand on l’implore et nous exauce.

Si les pierres de la colline pouvaient parler, elles nous diraient combien elles ont vu de tourments, de tortures, de razzias tout au long des premiers siècles de notre histoire, où notre ville se protégea comme elle le put. Temps difficiles, comme nous le rapporte le second Livre des Martyrs d’Israël. Combien sont morts, affirmant leur foi en Christ ressuscité, faisant tout au long des premiers siècles du christianisme, comme autant de témoins, sur lesquels, s’est enracinée notre foi au ressuscité ? Sang des martyrs, semence de chrétiens !

Oui, eux aussi, ont préféré mourir de la main des hommes, en témoins de résurrection, pour la vie éternelle.

Saints et saintes de Dieu de l’Eglise de Marseille, dont nous venons de célébrer la mémoire, ce vendredi 8 novembre, donnez-nous la force du témoignage et l’intrépidité de l’annonce de la foi à ce monde qui vit comme si le Christ n’était pas ressuscité pour lui. Et c’est notre Eglise qui en montre le chemin, humblement, mais dans la vérité du message du Christ.

Et proclamant cet évangile dans lequel où il est rappelé que 7 frères ont épousé cette veuve, on veut prendre Jésus en défaut et surtout entendre son avis sur la résurrection des morts au dernier jour. Et il donne sa réponse aux Sadducéens qui prétendaient qu’il n’y avait pas de résurrection.

Mais comment ne pas réfléchir à ce qu’il nous dit sur le mariage et que les évangélistes Matthieu et Marc, ont consigné dans leurs évangiles : « Ne pas séparer ce que Dieu a uni ! » Phrase simple et lapidaire, que l’on accepte et ce, pour toute la vie, en se donnant le sacrement de mariage, mais qui risque d’être battue en brèche et remise en question par la séparation ou le divorce !

Après la joie d’avoir vécu unis combien de couples vont connaître des temps de souffrances et d’interrogations… de silence pour préserver son couple, alors que les enfants grandissent mais que l’un ou l’autre, vit dans le mensonge et la trahison ?

Puis ce jour, dont on se souviendra tout sa vie, où l’on est quitté, où l’amour devint de la haine, les enfants une monnaie d’échange ; l’on s’est aimé pourtant ! Mais l’amour est mort et, on croit encore une ultime fois, que tout pourrait s’arranger, mais l’autre se détourne définitivement. Alors qu’on a tout partagé, désormais, pour subsister, on doit recevoir une pension alimentaire comme une aumône, voire la demander, l’exiger ! Que de souffrances !

Où est passé l’amour ? Et l’on se dit : « Mais qu’ai-je fait pour mériter un tel sort ? » Puis, avec le temps, la vie et l’amour, reprennent leurs droits, surtout quand on est jeune.

Que faire ? Essayer d’aimer encore ? Pour le croyant se pose la question de l’engagement par un mariage civil ! Comment vivre désormais ? Sans sacrements ? Sans Eucharistie ? Et cela s’ajoute encore aux soucis, au chômage, voire à la maladie, ou à la détresse. On subit un rejet, alors que l’on devrait trouver accueil et miséricorde. Pourtant, l’Eglise fait tout pour être accueillante, mais peut-on gommer l’Evangile, le travestir, effacer à tout jamais la parole du Christ sur l’engagement et le sacrement du Mariage ? Non. Nous ne le pouvons pas !

D’ailleurs, nous allons entrer très prochainement, dans un approfondissement de ce qu’est l’amour et la famille, revoir les situations de détresse, les nouvelles formes de vie et de culture, être encore et toujours à l’écoute. Mais ce n’est pas pour cela que la famille sera remise en question. Une famille, c’est un père et une mère, des enfants vivant, comme beaucoup d’entre-nous, dans l’amour et la fidélité au sacrement de Mariage, le partage et l’exultation de voir grandir nos enfants, pour être eux-mêmes des parents.

Là se pose la question de la transmission de la foi, de l’éducation religieuse, du témoignage évangélique, mais également comme le souligne l’évangile, celle des vocations religieuses et sacerdotales.

Toutes ces questions, nous les porterons dans la prière et dans quelques jours, un questionnaire vous sera proposé, pour préparer le Synode sur la Famille, qui se tiendra à Rome prochainement. Nous pourrons répondre à ces questions en toute vérité, pour qu’avec les fidèles de l’Eglise Universelle, dans le moirage de ses diversités culturelles, nous puissions être témoins du Christ ressuscité.

Afin de toujours mieux accueillir dans notre paroisse ceux qui viennent habiter notre quartier, un petit guide paroissial vient d’être imprimé. Il est à votre disposition dans la basilique et pourra vous permettre de mieux nous connaitre, mais également d’inviter vos amis et voisins, à venir nombreux le samedi 30 novembre, pour cette grande journée paroissiale, conclue par la prière pour la Vie Naissante, et qui se continuera le dimanche 1er décembre, où nous recevrons nos catéchumènes et nos nouveaux paroissiens dans notre communauté chrétienne.

Faisant en sorte que nous puissions toujours mieux nous connaître et témoigner de l’amour de Jésus, présent au milieu de nous et qui nous envoie sans cesse sur les chemins de notre vie, redire qu’il est vivant et ressuscité.

Marseille, notre secteur, notre quartier, attend notre témoignage. Toute notre paroisse sera heureuse de répondre oui, au Seigneur qui nous appelle. Amen.

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