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Album du Sacre-Coeur


Un nouvel ouvrage sur 
le Sacré-Coeur- 19 euros 50. 

(96 pages, avec de nombreuses photos couleurs pleine page).

Il peut vous être très rapidement adressé par envoi postal. 
Pour le commander 
veuillez adresser un chèque de 23Euros (frais d'envoi) 
à Mgr Jean-Pierre ELLUL - Les Amis du Sacré-Coeur - 2bis, rue St Adrien - 13008 MARSEILLE 

 Les Auteurs : Préface de Mgr Georges Pontier - Ont participé à cet ouvrage ; Mgr Jean-Pierre Ellul, recteur de la basilique ; Frédérique Bertrand, architecte d.p.l.g ; Régis Bertrand, professeur d'histoire moderne à l'Université de Provence   ; Michel Eisenlohr, auteur-photographe ; Emmanuel Laugier, historien d'art

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7 avril 2014 1 07 /04 /avril /2014 07:10

Comme notre cœur est lent à croire !

Et comment croire lorsque notre intelligence s’oppose à notre cœur ? Et immédiatement, parce que nous nous croyons raisonnables, nous « minimisons » la teneur de ce texte sur la résurrection de Lazare, en nous disant qu’elle est comme une étape obligée, pour la compréhension des catéchumènes qui terminent leur cycle d’approfondissement et de catéchèse baptismale ! Et pourtant ! Ne voyez-vous pas comment l’Eglise, par le mystère pascal du Christ veut faire comprendre à ceux qui vont recevoir le signe de régénérescence et le chrisme du salut, combien ils vont passer de la mort au péché, à la vie éternelle ? Le sacrement du baptême qu’ils recevront dans la nuit pascale et qu’ils attendent avec grand impatience, va leur faire parcourir en un instant, toutes les étapes de la vie du Christ, rejoints pas sa Parole, ses miracles et ses guérisons, le don de son Corps et du son Sang, enfin gravir avec lui le chemin du calvaire pour mourir au péché et entrer dans cette vie qui ne finit pas. Oui, le texte de l’évangile de Jean qui est proposé à notre méditation, en ce dernier dimanche du carême, vient nous redire que nous ne sommes pas faits pour la mort, mais pour la vie éternelle et que notre chemin sur cette terre doit nous y conduire. Tous ces dialogues entre Jésus et ses disciples, entre Marthe et Marie, entre ceux qui sont là pour voir, mais qui ne croient pas, et le questionnement des deux sœurs, ne sont-ils pas les nôtres, quand un être cher vient de mourir et que nous le conduisons à sa dernière demeure. D’ailleurs voyez comme ces mots sont inadéquats ! « Dernière demeure » ! Nous devrions dire, nous chrétiens, « endormissement dans l’attente de la résurrection » ; demeure en attente de la vie éternelle ; lieu où repose ce corps qui fut temple de la Sainte Trinité, que j’ai tant aimé et qui attend le signal du Christ au dernier jour, pour ressusciter d’entre les morts. Voilà ce que Jésus veut montrer, voilà la démarche qu’il ose faire, pour ceux qui y assistent, afin qu’ils sachent qu’il est le maitre de la vie et de la mort. D’ailleurs les juifs ne s’y trompent pas ; ils se disent : « pas assez qu’il rende la vue aux aveugles, guérisse les paralytiques, voilà qu’il se met à ressusciter les morts ! » Fureur contenue de ceux qui détiennent la Loi et scrutent les prophéties. Ah, oui, il vaut mieux qu’un seul homme meurt et que le peuple d’Israël soit sauvé. Oui, il mérite la mort, car trop c’est trop ! Ecoutons ce texte que nous connaissons parfaitement. Allons plus loin dans notre méditation, sachons le relier aux évangiles entendus durant ce carême de l’année A, qui nous donne le témoignage de l’instruction catéchétique qui vient de la primitive église. Ceux qui se présentent à la porte de l’Eglise vont attendre trois ans ! Marqués du signe de la croix du Seigneur, ils désirent revêtir le Christ et feront leurs premières armes, en commençant par une conversion du cœur, assez dure pour eux, car dans leurs vies, ils devront, petit à petit, rejeter les œuvres des ténèbres et du mal, pour y mettre à la place, les paroles de Jésus que l’évêque et les catéchistes leur apprennent. C’est le temps que Jésus passe dans le désert pour y être tenté. Puis ils recevront les premières onctions, leurs sens seront signés du signe de la croix, pour leur donner la possibilité de tenir dans ce qu’ils vont promettre ; ils seront déjà comme transfigurés, découvrant la Loi et les Prophètes, symbolisés par Moïse et Elie. « Celui-ci est mon Fils bien aimé en qui j’ai mis tout mon amour ». C’est vrai qu’ils ont soif d’apprendre et ils viennent demander à boire, comme Jésus lui-même le demanda à la Samaritaine ; mais ils savent que c’est lui qui donne l’eau vive, cette eau où ils seront bientôt plongés. Le Pater, le Notre Père va désormais devenir leur ligne de conduite ; ils connaissent un peu plus ce Jésus, dont on leur a tant parlé, et qui vient vers eux pour leur ouvrir les yeux et les oreilles ; enfin, délivrés de leurs péchés ils sont presque prêts, à sortir de leurs tombeaux, car Jésus leur crie, comme à Lazare : « venez dehors ». Ils savent que ceux qui n’ont pas « l’Esprit du Christ, ne lui appartiennent pas », comme le dit St Paul. Eux aussi vont sortir, comme revêtus de bandelettes, avec cette odeur de mort qu’est le péché qui les retenaient loin du Christ et de son royaume ; ce sont leurs parrains et leurs marraines qui vont défaire leurs liens, pour les en libérer définitivement. Mais que leur manque-t-il encore ? Le rejet du péché et la proclamation la de foi. Alors ils seront admis à entrer dans l’Eglise et à devenir nos sœurs et nos frères. Malheur à ceux qui ne vivront pas devant eux, comme des sauvés et des ressuscités, car alors ils feraient écran à l’amour du Christ. Voilà ce qui nous a été proposé durant ce carême. Et comme l’ont fait Marthe et Marie, nous demandons au Seigneur d’illuminer nos esprits et nos cœurs, pour que nous puissions croire qu’il est le maitre de la vie et de la mort et que sa puissance est grande, car il vient pour nous sauver de la nuit éternelle. Alors que sur la Place St Pierre, ce dimanche le pape François a fait distribuer le livre des évangiles et des Actes des Apôtres, nous renouvelons notre foi en celui qui nous donne la vie et qui nous éclaire par son obéissance au Père, sous la motion de l’Esprit-Saint. Lisons-nous cette Parole de Dieu qui accompagnera notre entrée en Semaine Sainte ? Venons recevoir si besoin est, le Sacrement des Malades, repérons surtout le jour et l’heure où nous pourrons nous confesser, afin d’être délivrés de tout ce qui nous retient captifs de la mort spirituelle et d’être prêts à célébrer d’un cœur pur, le mystère pascal qui approche. Car auprès du Seigneur est la grâce, la pleine délivrance. « Je vais ouvrir vos tombeaux, écrit Ezéchiel de la part de Dieu, pour vous en faire sortir et vous saurez que je suis le Seigneur ». « Je suis la résurrection et la Vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt vivra et tout homme qui croit en moi ne mourra jamais. Et Jésus nous demande personnellement : « Crois-tu cela ? » Je vous laisse répondre. Allez, sortons de nos tombeaux, de nos vies ternes et solitaires, venons dehors, sous le soleil de Dieu, allons à sa rencontre et disons-lui, je crois Seigneur, tu as les paroles de la vie éternelle ! Cette phrase de Paul sera notre conclusion : « Réveille-toi, ô toi qui dors, relève-toi d’entre les mort, et le Christ t’illuminera ! ». Amen. J-P Ellul.

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Recteur de la Basilique du Sacré-Coeur de Marseill - dans Homélies Basilique du Sacré-Coeur
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25 février 2014 2 25 /02 /février /2014 04:38

~~ Frères et Sœurs ;

« Œil pour œil, dent pour dent ». Cette expression bien connue vient de la "Loi du Talion", et se trouve dans le code d'Hammourabi, roi de Babylone qui a régné vers 1760 avant .J. C. Elle incitait à la vengeance individuelle, à condition que la peine soit identique au crime commis.

On retrouve cette formule dans l'Ancien Testament, au Livre de Exode 21,23-25 : "Mais si malheur arrive, tu paieras vie pour vie, œil pour œil, dent pour dent, main pour main, pied pour pied, brûlure pour brûlure, blessure pour blessure, meurtrissure pour meurtrissure.

Et pourtant, Dieu nous le rappelle dans le Livre des Lévites : « Soyez saints, car moi je suis saint ». Très souvent, remarquons-le nous avons un comportement qui n’est pas en adéquation avec ce que Dieu nous demande ! Regardez notre attitude devant la haine engendrée par celui qui nous a fait du mal ! Voyez ces regards qui tuent l’autre, celui que nous n’aimons pas.

Allons plus loin et souvenons-nous des disputes familiales ; lors d’un deuil, d’un héritage, d’une réunion de famille, où des paroles longtemps enfouies dans notre mémoire reviennent sur nos lèvres pour démasquer l’autre et lui dire ce que l’on a sur le cœur, avec haine et ressentiment. Voyez ces couples qui se déchirent et là où était l’amour, la haine, la vindicte et la vengeance viennent prendre place.

Pourtant nous venons d’entendre Dieu nous dire : « Tu ne te vengeras pas ! » D’autre part, comment pouvons-nous avoir une attitude digne d’un chrétien lorsque nous sommes attaqués, insultés, outragés ? Oui, je sais, me direz-vous, « nous sommes le temple de Dieu », nous savons que l’Esprit Saint habite en nous et qu’il vient au secours de notre faiblesse.

En fait, si nous comprenons bien les textes de ce dimanche, il y a en nous une dichotomie, oui, il y a en nous deux personnes. Quand tout va bien, quand tout est clame : la prière, l’action de grâce et le sourire sont sur nos lèvres. A la moindre difficulté, à la moindre contrariété, d’aucuns oublient les paroles de l’évangile et restent là à se demander comment se venger.

Alors entendre Jésus nous demander de tendre l’autre joue, n’est-ce pas insupportable ? Non, car l’attitude que nous devons avoir est celle que Jésus préconise dans ce texte de Matthieu, continuant le Sermon sur la Montagne et énonçant les Béatitudes.

Etre et opter pour le pardon, se faire violence pour ne pas répondre avec haine et méchanceté, prier pour celui qui me veut du mal. Est-ce possible ? Oui, c’est possible, car cette page d’évangile est concrète et comme elle va à l’essentiel, on y retrouve cette parole dite au début de la création : « Créés à l’image de Dieu, nous devons ressembler à celui qui est Amour ».

Pour vraiment atteindre ce but il nous faut agir comme Dieu ; il a tout donné. Jésus lui-même a tout donné, il n’a rien gardé pour lui. Sa richesse c’est d’avoir tout donné. St Augustin parle des deux cités qui sont en nous. Ecoutons-le : « Deux amours ont construit deux cités. L’amour de soi, jusqu’au mépris de Dieu. L’amour de Dieu, jusqu’au mépris de soi. La cité de Dieu remonte à Abel, la cité mauvaise à Caïn. Nul ne doit être tellement avide de repos, qu’il ne songe à l’utilité du prochain ».

Aimer ses ennemis ? Difficile me direz-vous ! Pensons à Jésus sur la croix qui pardonné à ses bourreaux, mais certains diront : « nous nous ne sommes pas Jésus » au contraire nous gardons le souvenir des offenses reçues et si nous pouvons nous venger, nous le ferons. Là encore, ce n’est pas une attitude chrétienne, nous le savons, mais c’est là que Jésus et les textes des l’évangiles interviennent : être ses disciples, c’est pardonner, c’est donner la chance à l’autre de changer, de grandir, d’être aimé à nouveau.

C’est précisément ce qu’ont toujours fait les vrais chrétiens, cette foule innombrable de ceux qui ont tout laissé pour suivre le Christ. Ils ont renoncé à tout, surtout à toute haine, à toute vengeance et même à toute moquerie. Car, ils bénissent ceux qui les persécutent ; ils pardonnent à ceux qui les offensent ; ils s’exercent à voir plutôt le bien que le mal, dans la vie de leurs proches.

Nous sommes tous appelés, invités à vivre cette vie là. Ne me dites pas que c’est impossible. Oui c’est possible avec la grâce de l’Esprit-Saint qui est en nous. Essayons une fois encore de mettre en pratique ce que Jésus nous propose, avant de rejoindre celui qui est l’Amour et qui nous invite à nous aimer les uns les autres. Amen.

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Recteur de la Basilique du Sacré-Coeur de Marseil
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21 février 2014 5 21 /02 /février /2014 17:33
  1. Entrée en Carême pour les Artistes Marseillais

Mgr Jean-Pierre Ellul

Recteur de la basilique du Sacré-Coeur

ET L’EQUIPE PASTORALE

vous invitent à

La messe des Artistes

qui sera célébrée

le Mercredi 5 mars 2014 à 12h 30

en la basilique du Sacré-Coeur,

81, avenue du Prado

Homélie Mgr Jean-Pierre ELLUL

La prière pour les artistes défunts sera lue

par Magali CHAPUS

Musée de N-D de la Garde

Exposition d’oeuvres de Maÿlis d’ALANÇON

Orgue : Christophe GUIDA et Monique THUS

Instruments et voix

Chant : Béatrice BOIRON

Mandoline : Michèle PELADAN

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Recteur de la Basilique du Sacré-Coeur de Marseil
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17 février 2014 1 17 /02 /février /2014 07:09

~~ Homélie pour le dimanche de la Septuagésime 16 février 2014. Paroisse St Charles. Alors que nous nous préparons à entrer en carême dans 3 semaines, hier, samedi 15 février, jour anniversaire de sa mort en 1730, s’est ouvert dans la basilique du Sacré-Cœur, le procès en béatification et canonisation de notre jeune visitandine Anne-Madeleine Rémuzat. C’est dans notre basilique que la relique de son cœur a été déposée, en 1986 lorsque les Visitandines de St Jérôme quittèrent Marseille pour rejoindre le monastère de Voiron. A la lecture des textes de ce dimanche de la Septuagésime, on peut se demander s’il y a un intérêt à remettre en lumière la spiritualité d'Anne-Madeleine Rémuzat et si elle peut nous être utile encore aujourd’hui. « Nous vous supplions Seigneur d’exaucer dans votre bonté les prières de votre peuple, afin que votre miséricorde nous délivre ». (Collecte) Cette miséricorde du Seigneur, elle en a été le témoin durant toute son existence. Le Seigneur lui a enseigné le chemin de l’évangile, elle a gardé sa loi d’amour et l’a observée. Toute jeune, elle a été choisie par le Christ pour être sa messagère, son disciple, son porte-parole, « sa victime », comme on disait en ce temps-là ! Le 2 octobre 1711, elle entre au couvent des Grandes-Marie situé derrière la Vieille Charité. Mgr de Belsunce préside lui-même la cérémonie de sa prise d’habit le 14 janvier 1712 : Madeleine reçoit le nom d’Anne-Madeleine. Un an plus tard, le 23 janvier 1713, elle prononce ses vœux. Elle a seize ans et quelques mois. Saisie par le Christ, elle le restera durant toute sa vie, mettant en pratique et à la lettre, les conseils évangéliques. Le 17 octobre 1713, jour anniversaire de la mort de Marguerite-Marie, elle écrit dans une lettre : « Jésus-Christ me fit connaître, d’une manière particulière et extraordinaire, ses desseins sur moi, touchant la gloire de son Cœur adorable. » Suivront des temps d’extases pendant ses oraisons, de nombreuses « conversations » avec le Christ et avec la Sainte Trinité. A l’époque de sœur Anne-Madeleine on inclinait vers la rigueur de la justice, tout en implorant la surabondance de la miséricorde. On se rappelle la grande peste de 1720, où durant ce fléau, Mgr de Belsunce consacra au Cœur Sacré de Jésus, le diocèse et notre ville de Marseille. De nos jours on se tourne vers la miséricorde : serait-ce jusqu'à oublier la justice ? Seules les Saintes Ecritures nous permettent de chercher et de trouver le point d'équilibre dans le Christ, qui est à la fois notre Juge et notre Avocat. Nous venons d’entendre Jésus nous en parler dans l’évangile de ce jour. La spiritualité d’Anne-Madeleine, et c’est inévitable, est marquée par son époque, mais elle ne vit pas que de visions et d’extases ! Elle est bien incarnée et accomplit ses tâches au quotidien. C’est vrai aussi qu’en ce temps-là, le ciel appelle des « victimes », menace de sa « colère », exige des « réparations », montre « un bras vengeur », explose de fureur par des châtiments épouvantables, exige d'être rigoureusement apaisé pour que justice soit faite. Dans cet esprit implacable, Anne-Madeleine reste dans la prière et la confiance, torture son corps, demande plus de souffrances, ruine sa santé, et meurt prématurément. « Des profondeurs je crie vers toi Seigneur, écoute mon appel, sois attentif aux cris de ma prière ». A l’inverse, notre époque est imbibée de « libéralisme » moral qui fait que chacun aspire au bien-être individuel, recherche le confort matériel, reste à l'écoute de son corps pour qu'il soit épanoui, beau, satisfait. Notre époque n'entend pas le langage évangélique : elle répugne à l'écouter. Et pourtant, nous ne pouvons pas rejeter, cacher, travestir les paroles du Seigneur. Dans le contexte troublé de son époque, elle reçoit une vocation assez étonnante, celle de médiatrice. Elle se fait l’écho de la volonté de Dieu auprès des personnes qui viennent se confier à elle, avec leurs questions et leurs perplexités, dans un temps facile pour les chrétiens, avec un jansénisme virulent et pour certains une désobéissance totale. Elle a reçu la grâce de lire dans les consciences, et ainsi elle peut dire, suggérer ce que le Seigneur attend de ceux qui viennent la voir. Mais dans son itinéraire spirituel, sœur Rémuzat va connaître aussi l’épreuve de la nuit mystique, longue et douloureuse. Pourtant elle reste fidèle au Seigneur. Elle reçoit les stigmates, comme signe de son union totale au Christ. Il y a toujours chez elle – et c’est important de le souligner pour bien comprendre sa spiritualité – cette conscience de la coopération, entre sa propre disponibilité humaine et la puissance divine de la grâce. Les dernières années de sa vie se passent dans des souffrances inouïes. Son union au Sacré-Cœur devient alors de plus en plus forte, jusqu’à ce « déplacement » de son cœur, plongé dans la « fournaise ardente » du Cœur du Christ, dont on retrouvera la trace sur son sein, lors de sa mort. Pour résumer ce chemin qui lui est propre, se caractérise, par trois accents qui sont d’une grande pertinence théologique pour notre temps : - D’abord la confiance en la miséricorde de Dieu. - Ensuite, la conscience de la coopération entre la grâce de Dieu et la liberté de l’homme, nécessaire à l’éclosion et au développement de toute vocation. - Enfin, une forte volonté de disponibilité totale au mouvement de la grâce en elle, mouvement qui la dispose au service des autres et sert ainsi la gloire de Dieu. « Une passion d’amour » : voilà ce que fut sa vie, durant 33 ans. Vous retrouverez l’histoire de sa vie dans les petits livrets qui sont à votre disposition à la sortie de cette messe, avec une image et la prière pour demander sa béatification et les nombreuses grâces qu’elle nous obtient. Quelques semaines avant l’entrée en carême, que la servante de Dieu Anne-Madeleine Rémuzat, nous permette de mieux rencontrer le Christ Jésus. Il vient nous demander de changer de vie, de convertir notre cœur, nos regards, nos colères, notre orgueil, de cesser nos récriminations devant les ouvriers de la 11ème heure. « Les derniers seront premiers et les premiers seront les derniers, oui, beaucoup sont appelés, mais peu sont élus » Faisons en sorte d’être trouvés dignes du Royaume. L’évangile de ce jour nous en montre le chemin. Amen. Mgr Ellul.

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Recteur de la Basilique du Sacré-Coeur de Marseil
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6 février 2014 4 06 /02 /février /2014 13:12

~~ Diocèse de Marseille

Procès en béatification

Suivant l’Instruction Sanctorum Mater de la Congrégation de la Cause des Saints, après avoir accepté le libelle présenté par le postulateur Mgr Jean-Pierre Norbert Ellul pour l’introduction de la cause de béatification et canonisation de la servante de Dieu sœur Anne-Madeleine Rémuzat, visitandine du premier monastère des Grandes Maries de Marseille (1696-1730), Mgr Georges Pontier a informé les évêques de la province apostolique de Marseille de la reprise de la cause le 21 octobre 2010 et rien ne s’y est opposé. Aussi une demande de nihil obstat a été présentée à la Congrégation pour les Causes des Saints le 14 novembre 2012 et une réponse positive a été donnée le 18 février 2013. Rien ne s’opposant à ce que la cause soit reprise, Mgr Georges Pontier, archevêque métropolitain de Marseille, a décidé que la première session, pour l’ouverture de l’enquête, se tiendrait

le samedi 15 février 2014 à 10h 30

en la basilique du Sacré-Cœur de Marseille, 81, avenue du Prado – 13008.

Soeur Anne-Madeleine Rémuzat

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Recteur de la Basilique du Sacré-Coeur de Marseil
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19 janvier 2014 7 19 /01 /janvier /2014 21:05

Frères et Sœurs,

C’est un week-end chargé pour notre Eglise. En effet, pendant que de nombreux chrétiens se préparent à participer à Paris à la 9ème Marche pour la Vie et que nous sommes au début de la Semaine de Prière pour l’Unité des Chrétiens, il nous est proposé de célébrer la 100ème journée Mondiale du Migrant et du Réfugié.

Nous sommes tous en marche ! Nous sommes un peuple en marche. Les uns vers un avenir brillant, les autres se demandant de quoi l’avenir sera fait. Tous en définitive, nous sommes en marche vers ce Dieu d’amour qui nous attend et que Jean-Baptiste vient de désigner comme l’Agneau de Dieu, celui qui enlève les péchés du monde. Notre désir est grand de voir Dieu ! Et en cette première semaine du temps de l’Eglise, du Temps Ordinaire, il nous est proposé d’approfondir le sens de notre vie.

Oui, ce que nous voulons, c’est voir Dieu et c’est cela qui sous-tend notre vie ; la première communauté chrétienne de Corinthe l’a bien compris : elle se sait sanctifiée dans le Christ Jésus et St Paul le lui rappelle bellement. Cette grâce et cette paix qu’ils recherchent, elle est en eux car ils ont été plongés, comme nous, dans les eaux du baptême. Ils ont cheminé depuis l’annonce de la résurrection de leur Seigneur et ils sont prêts à lui rendre témoignage. C’est ce qu’ils feront en portant l’Evangile dans le monde entier. Ils partiront sur les routes et les chemins pour annoncer qu’Il est vivant, qu’Il est présent au cœur de toute vie. Comme eux, comme celui dont parle Isaïe, nous avons du prix aux yeux du Seigneur et c’est Dieu qui est notre force.

Nous aimer les uns les autres, faire partie d’un même pâturage, rechercher la brebis perdue, l’inviter à entrer dans le bercail du Seigneur, être tous ensemble sous son regard d’amour ! Et pourtant, certains chrétiens ont préféré leur propre choix, à celui de l’Evangile. C’est pour cela que la division des chrétiens dans l’Eglise est un scandale et que nous devons prier pour l’unité ! Nous nous sommes séparés, pour de multiples raisons : motifs théologiques bien sûr, sous-tendus par des prises de positions politiques, appât du gain et théologie douteuse, rêve d’une reconnaissance européenne et désir de créer son église nationale, difficultés de contacts et sclérose idéologique. Pourtant malgré ces heurts, ces larmes, ces meurtres, ces exagérations, l’Eglise qui est éternelle, veut avancer, veut se réconcilier, voudrait vivre enfin dans l’unité et pouvoir célébrer tous ensemble l’Eucharistie, pour ne former qu’un seul corps. Jésus nous le dit : « Je vous donne un commandement nouveau : celui de vous aimer les uns les autres ». Que nous sommes loin de son désir d’unité. Bien sûr nous avons cette semaine de prière pour prier et y participer et c’est déjà pas mal… mais après ?

Après nous reprendrons notre vie, et dans le secret de nos relations personnelles, d’aucuns continueront ce chemin de rapprochement, par la reconnaissance et l’amour de l’autre, de celui qui n’est pas comme nous, mais qui est à l’image de Dieu. C’est vrai que chaque personne appartient à l’humanité et partage l’espérance d’un avenir meilleur avec toute la famille des peuples. Et c’est pour cela que le pape François a choisi comme thème de cette 100ème année de prière pour les migrants et les réfugiés : « Vers un monde meilleur. » Un monde meilleur !

A l’énoncé de ce thème, on entend, comme en fond sonore, la Symphonie du Nouveau Monde de Dvorak. Oui, un monde nouveau fait de paix et de reconnaissance, un monde nouveau où le travail d’esclave serait aboli ; où ceux qui partent pour trouver un monde meilleur, ne finiraient pas noyés, abandonnés ou pourchassés par leurs passeurs. « Une honte », s’écria le pape à Lampedusa, cette île où ’ils accostent, comme s’ils arrivaient en terre promise, une terre où les attendent d’autres difficultés.

Oui, nous le savons bien : migrants et réfugiés ne sont pas des pions sur l’échiquier de l’humanité rappelle le pape François. Il s’agit d’enfants, de femmes et d’hommes qui abandonnent ou sont contraints d’abandonner leurs maisons, leurs familles… Les flux migratoires contemporains constituent le plus vaste mouvement de personnes, sinon de peuples de tous les temps. En marche avec eux, l’Eglise s’engage à comprendre les causes qui en sont à l’origine et à dépasser les préjugés et les incompréhensions dans la manière dont on considère les migrations. Et pour nous : peurs, risque de perdre notre identité et notre culture devant ce brassage humain, chômage et religions différentes engendrant le racisme.

Pourtant et malgré tout, des chrétiens sont là pour accueillir, faire passer d’une culture du rejet à la reconnaissance de l’autre, même si c’est difficile. Et c’est sûr que ce n’est pas facile. On peut penser à la famille de Nazareth, à vous, qui peut-être avez quitté votre pays… subissant haine et racisme.

En ce dimanche nous pensons à tous ceux qui marchent pour la Vie, afin que nos valeurs de se perdent pas. Eux aussi, sont comme des naufragés de la culture, des valeurs essentielles de notre foi en Christ, valeurs qui doivent être respectées, de la vie naissante à la mort, sans que l’éducation donnée à nos plus jeunes soit galvaudée pour essayer d’en faire des robots ou des esclaves, sans attaches culturelles et sans histoire du passé.

Nous avons besoin pour vivre, de savoir qui nous sommes, d’où nous venons, et où nous allons, et cela personne ne pourra nous l’enlever. Comme notre foi en Christ ! Une foi qui doit être sans cesse renouvelée, puisée en Celui qui est l’Amour. Oui, des femmes et des hommes se lèvent et marchent, dans le respect de chacun, pour dire : « Me voici Seigneur, je viens faire ta volonté ! » Evoquant le climat social et sociétal, Mgr Georges Pontier disait, je cite : « Ne pas faire place à l'enfant à naître, ne pas accompagner la vie jusqu'au bout, ne pas offrir un avenir professionnel à des milliers de jeunes et adultes, ne pas regarder la vie à partir des plus fragiles, tout cela est un déni de fraternité et d'humanité ; de l'embryon naissant, au souffle ultime du dernier jour, notre vie est plus grande que nous-mêmes !" Fin de citation. La volonté de Dieu est que nous nous aimions les uns les autres, pour vivre libres et sereins sous son regard, dans l’espérance, la solidarité fraternelle, la chaleur de l’amitié. En ce dimanche, l’Evangile nous éclaire et avec Jean-Baptiste nous aussi, nous rendons témoignage en disant dans notre cœur : « Oui, j’ai vu descendre sur lui l’Esprit et y demeurer. Je l’atteste : c’est Jésus, c’est lui le Fils de Dieu, celui qui vient dans le monde pour en ôter le péché. Amen. Jean-Pierre Ellul.

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Recteur de la Basilique du Sacré-Coeur de Marseil - dans Homélies Basilique du Sacré-Coeur
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27 décembre 2013 5 27 /12 /décembre /2013 04:25

~~Homélie pour le jour de Noël 2013. Basilique du Sacré-Cœur de Marseille. C’est au plus profond de la nuit, en ce solstice d’hiver fête du soleil invaincu que les anciennes générations chrétiennes ont voulu fait naître le Sauveur du monde, Dieu parmi nous : l’Emmanuel. Depuis que St François tout près d’Assise, avait représenté la nativité pour bien montrer l’humanité de celui qui venait de la part du Père, naître dans notre monde, de siècles en siècles nous avons représenté avec amour la naissance du sauveur parmi nous. Il est là tout petit et Marie le tient encore dans ses bras comme pour le réchauffer, comme pour le garder toujours. Elle sait que cet enfant sera grand ; elle se demande encore comment il atteindra le trône de David son père ; comment il règnera… comme prophète du Très-haut sur la maison de Jacob. Et j’oublie se dit-elle intérieurement que l’ange m’a dit que son royaume n’aura pas de fin… L’ange se serait-il trompé ? Car enfin ! Une naissance loin des siens, de sa famille, de ses amis ; une naissance dans des conditions extrêmes. Elle savait et Joseph le lui avait dit qu’ils ne trouveraient pas de place ; tant de monde faisait le voyage pour le recensement. Et nous, nous savons que « depuis Abraham, notre identité de croyants est celle de personnes en marche vers la terre promise ». Ce 24 décembre au soir, le pape François disait, lors de la messe de minuit en la basilique Saint-Pierre : « Cette histoire est toujours accompagnée par le Seigneur. Si Dieu est toujours fidèle à son alliance et à ses promesses, qu’il est « lumière », de la part du peuple alternent des moments de lumière et de ténèbres, de fidélité et d’infidélité, d’obéissance et de rébellion ; moments de peuple pèlerin et de peuple errant ». Et cette dualité nous marque aussi précise le Pape. « Si nous aimons Dieu et nos frères, nous marchons dans la lumière, mais si notre cœur se ferme, si l’orgueil, le mensonge, la recherche de notre intérêt propre dominent en nous alors les ténèbres descendent en nous et autour de nous. » Mais l’étable est là, la mangeoire aussi et c’est de la paille, déjà comme signe de pauvreté qui accueillera l’Enfant. Joseph le regarde aussi cherchant dans ce bébé comme tout les autres, quelle est la part de Dieu son Père. A-t-il le visage de l’Eternel ? Tout semble normal : il pleure un peu, il a faim, il s’endort... Mais pas pour longtemps. On frappe à la porte et tous deux voient entrer des étrangers, des bergers en plus, qui étaient dans les champs et qui avaient vu l’étoile et entendu le message des anges. Là encore : rien ! Un enfant comme tous les autres. Ils ont pourtant vu que sa mère était resplendissante en le leur présentant. Ils repartent avec une grande joie intérieure et beaucoup de respect. Ils en parleront souvent ! Pensez : l’Enfant-Dieu, le Sauveur du Monde était là, devant eux. Lorsque Joseph referma la porte et que les bêtes se furent couchées le silence tomba sur l’étable. L’Enfant-Dieu dormait comme nous dormons. Mais Marie veillait. Pour nous aussi, devant notre crèche familiale, les petits santons, gens simples de Provence réveillés par les anges et se mettant en route vers l’étable sainte semblent nous dire : « Venez, allons voir l’Enfant et la sainte famille ». Dans les rires et la joie de la découverte des cadeaux offerts de bonne heure ce matin, certains pourtant, penseront à ceux qui n’ont rien, à ceux qui ont faim, à tous ceux qui sont en guerre. Hier soir, devant la photo de l’un des leurs, de leur enfant retenu en otage de par le monde, un petit luminion a été posé éclairant leur visage. En se penchant tendrement vers leur photo, ils prieront, comme nous l’avons fait hier soir, et ce matin encore pour qu’ils soient bientôt libérés. Ils sont présents en ce jour de la Nativité dans notre prière. D’autres se souviendront de l’être aimé, trop vite reparti dans le royaume de lumière et de paix, en se demandant pourquoi le Seigneur l’a rappelé auprès de lui. Beaucoup ne penseront à rien de tout cela, mais ressentiront au fond du cœur, comme un manque, se demandant pourquoi ils en viennent à se poser les questions essentielles sur le sens de leurs vies, alors que cela ne leur arrive jamais ! Ce sont pourtant des hommes et des femmes de bonne volonté, mais pour eux la religion, la foi, le Christ naissant dans le monde, n’est qu’une tradition dépassée, ringarde, qui les fait sourire avec condescendance. Mais le Christ-Enfant est né aussi pour eux ! Oui, il est l’enfant de la paix, de la tendresse et de la miséricorde. Que ce soit en Syrie, en Terre Sainte, en Centre-Afrique, au Mali ou au Pakistan, ou dans les pays en guerre, les armes devraient se taire en ce jour de Noël devant le Sauveur du Monde. Et demain, et toujours, pour que la paix vienne enfin dans le monde. C’est notre vœu le plus cher et le pape François et notre archevêque ne cessent de le redire. Le pape a rappelé hier soir que « Jésus est l’Amour qui s’est fait chair ». « Il n’est pas seulement un maître de sagesse, il n’est pas un idéal, vers lequel nous tendons et dont nous savons que nous sommes inexorablement éloignés, il est le sens de la vie et de l’histoire, qui a placé sa tente au milieu de nous ». Et les premiers à avoir vu cette tente, ce sont les bergers. « Ils ont été les premiers parce qu’ils étaient parmi les derniers, les marginalisés, parce qu’ils veillaient dans la nuit ». Alors que je conclus cette méditation, je vous propose, comme le Pape l’a proposé aux fidèles : arrêtez-vous un instant, en silence, pour remercier le Seigneur de nous avoir donné Jésus. Et de faire nôtres les paroles du Seigneur : « ne craignez-pas ! », en les répétant dans le fond de votre cœur. Oui, « notre Père est patient, il nous aime, il nous donne Jésus pour nous guider sur le chemin, vers la terre promise. Il est la lumière qui resplendit dans les ténèbres. Il est notre paix. » (Homélie messe de minuit 2013). Que l’Enfant nous permette, cette année encore, de le suivre sur les chemins de l’évangile, car de la crèche à la croix, il nous conduit à la résurrection. En cette année mariale, en regardant la statue de Notre-Dame de la Garde, nous serons sûrs que Marie veille sur nous et que l’Enfant qu’elle tend à tous les Marseillais est venu comme le prince de la Paix. Le Christ est la lumière du monde ; il est venu nous libérer de toute crainte. A vous tous, chers frères et sœurs, bonne et sainte fête de Noël, dans la joie, l’amour et la paix. Amen. J-P Ellul.

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20 décembre 2013 5 20 /12 /décembre /2013 20:03

~~Message de Mgr Pontier.

Le Pape François vient de nommer le Père Jean-Marc Aveline évêque auxiliaire de Marseille. Je m’en réjouis et le remercie d’avoir accepté ce nouveau service d’Eglise ainsi que ce changement dans sa vie. Je n’ai pas besoin de vous le présenter ! Lorsque j’ai été élu à la présidence de la Conférence des évêques, j’ai vite compris que ma disponibilité allait en être affectée. Je n’ai pas souhaité que le diocèse en souffre en ce qui concerne l’exercice de la charge épiscopale. Je suis donc heureux de recevoir le P. Aveline comme un frère dans l’épiscopat au service de l’Eglise qui est à Marseille et qui est ainsi confiée à notre ministère. Je me permets de nous recommander à votre prière afin que nous soyons encore plus et mieux à votre service pour que grandisse le corps du Christ dont nous sommes ensemble les membres. Que la contemplation de l’Incarnation du Christ et la lumière de l’Epiphanie renouvellent notre foi et éclairent notre mission. Rendons grâce pour la révélation de l’amour passionné de Dieu pour les hommes. Qu’en cette année mariale, Notre-Dame de la Garde nous encourage à présenter son Fils, comme Dieu avec nous, Dieu Sauveur, espérance des hommes. + Georges PONTIER Archevêque de Marseille

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19 décembre 2013 4 19 /12 /décembre /2013 20:18

+ Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit ! Amen. « Seigneur, prête une oreille attentive à nos prières. Nous sommes dans l’attente de l’Avènement de ta naissance sur terre, aussi, grande est notre joie. » Car tu es proche de nous, nous le savons, et pourtant combien de fois sommes-nous dans une torpeur spirituelle qui ne nous permet pas de vivre en bons chrétiens. Mais tu es là, Seigneur notre Dieu, et la liturgie de ce 3ème dimanche de l’Avent vient nous recentrer sur l’essentiel, qui est de toujours mieux te connaître et t’aimer. Tu veux nous garder dans la paix et dans la joie, et déjà nous tournons nos regards vers la Vierge Marie, qui attend ta naissance. Comme elle, nous sommes dans la joie de l’attente ; comme elle, nous entonnons le Magnificat. Qui es-tu ? Qui est celui qui doit venir ? Quand viendra-t-il ? Ces questions nous nous les posons chaque année ; elles nous sont aussi posées par nos enfants et nos petits-enfants ; c’est alors que nous devons ouvrir la Parole de Dieu, rechercher et relire dans le Nouveau Testament, les textes de St Matthieu et de St Luc pour pouvoir leur répondre en toute vérité. Avec St Jean-Baptiste, nous devenons, nous-aussi, la voix qui crie dans le désert de nos villes : « Préparez les chemins du Seigneur ! » Et ce malgré les foules qui envahissent les magasins, les lumières qui nous aveuglent et nous empêchent de voir l’essentiel, les non-croyants ou les mal croyants qui nous entourent. A eux aussi, surtout à eux, le Christ dit : « Je viens naître parmi vous pour vous donner à voir, comment Dieu le Père est tendresse et miséricorde, pour vous apporter la paix, pour que cessent les guerres, celles bien sûr qui agitent et déchirent le monde, mais aussi la guerre larvée, la guerre insidieuse dans nos familles, et qui fait tant de mal et de ravages, séparant les êtres, apportant la haine et le mal. Oui, le Seigneur vient bientôt naître parmi nous, pour nous apporter douceur et réconfort, pour nous permettre une fois encore d’être des artisans d’amour et de paix, nous qui sommes pécheurs, mais pardonnés par la tendresse de Dieu. Nous l’avons entendu dans l’Evangile : Jean-Baptiste dit que celui qui vient est plus puissant que lui, et que lui les baptisera dans l’Esprit-Saint et dans le feu. Et le lendemain, il dira à tous ceux qui attendaient ce baptême de pénitence, cette phrase que nous redisons à chaque messe, lorsque le Corps du Christ nous est présenté avant de communier : « Voici l’Agneau de Dieu, celui qui enlève le péché du monde ». Alors, voulez-vous méditer un court instant, sur la réponse que nous donnons, qu’elle soit dite en latin ou en français ? Nous affirmons : « Seigneur, je ne suis pas digne de te recevoir, mais dis seulement une parole et je serai guéri ! », reprenant la phrase du centurion dont l’enfant était malade. Il ne se sentait pas digne que Jésus, qu’il avait entendu prêcher et qui avait bouleversé son cœur, puisse venir dans sa maison. Mais la foi qu’il avait mise en ce Messie tant attendu, avait réalisé la guérison de son enfant. Et pour nous, chers frères et sœurs, qu’en est-il ? -Seigneur je ne suis pas digne : C’est vrai Seigneur, quelques fois, je ne me trouve pas digne de te recevoir. Ma vie chrétienne a besoin d’être renforcée dans la foi et la confiance ; je sais que tu m’aimes, mais je continue encore et toujours à me laisser aller au péché, à la médisance, à la calomnie ; oui je me détourne de toi, je n’écoute pas ta parole. -Dis seulement une parole : Cette parole Seigneur, c’est celle que j’entends lorsque je vais me confesser : « Je te pardonne, au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen ! » Et que je réponde amen, (que je ne dis pas d’ailleurs, en pensant que c’est trop moderne…) ou Ainsi soit-il, (ce qui est la traduction bien plus ancienne)…je n’ai même pas conscience qu’en disant « Ainsi soit-il », je me dois de me garder du péché. Et pourtant ? En ancien ou en moderne, je pèche encore. Viens à mon secours Seigneur, viens raboter en moi ce qui est élevé d’orgueil et de suffisante, viens aplanir le chemin de mon âme, encore encombré de trop de choses, pour que tu puisses passer dans ma vie ; accorde-moi ton pardon pour que je puisse célébrer dans la joie ta naissance. Cette joie je l’ai en moi et je te promets de la dispenser autour de moi. C’est la joie de te connaître, de t’être consacré depuis le jour de mon baptême, d’être conscient que je fais partie de ton Eglise, et que je dois, tous les jours et sans cesse, témoigner que tu es vivant et que tu es le seul chemin, celui de la vérité et de la vie éternelle. Donne-moi cette joie Seigneur. Mais pour pouvoir nous rendre compte de la chance que nous avons de posséder la joie du Christ, il faut entendre ces paroles du pape François dans l’Exhortation Apostolique : « Gaudii Evangelium » du 24 novembre dernier, lors de la clôture de l’Année de la Foi à Rome. « Le grand risque du monde d’aujourd’hui, avec son offre de consommation multiple et écrasante, c’est une tristesse individualiste, qui vient du cœur bien installé et avare ; de la recherche maladive de plaisirs superficiels ; de la conscience isolée. Quand la vie intérieure se ferme sur ses propres intérêts, il n’y a plus de place pour les autres, les pauvres n’entrent plus, on n’écoute plus la voix de Dieu, on ne jouit plus de la douce joie de son amour, l’enthousiasme de faire le bien ne palpite plus. Même les croyants courent ce risque, certain et permanent. Beaucoup y succombent et se transforment en personnes vexées, mécontentes, sans vie. Ce n’est pas le choix d’une vie digne et pleine, ce n’est pas le désir de Dieu pour nous, ce n’est pas la vie dans l’Esprit qui jaillit du cœur du Christ ressuscité. Aussi le pape dit : « J’invite chaque chrétien, en quelque lieu et situation où il se trouve, à renouveler aujourd’hui même, sa rencontre personnelle avec Jésus Christ ou, au moins, à prendre la décision de se laisser rencontrer par lui, de le chercher chaque jour sans cesse. Il n’y a pas de motif pour lequel, quelqu’un puisse penser que cette invitation n’est pas pour lui, parce que « personne n’est exclus de la joie que nous apporte le Seigneur ».[1] Celui qui risque, le Seigneur ne le déçoit pas, et quand quelqu’un fait un petit pas vers Jésus, il découvre que celui-ci attendait déjà sa venue à bras ouverts ». C’est le moment pour dire à Jésus : « Seigneur, je me suis laissé tromper, de mille manières j’ai fui ton amour, cependant je suis ici une fois encore pour renouveler mon alliance avec toi. J’ai besoin de toi. Rachète-moi de nouveau, accepte-moi, encore une fois entre tes bras rédempteurs ». Cela nous fait tant de bien de revenir à lui quand nous nous sommes perdus ! J’insiste encore une fois : Dieu ne se fatigue jamais de pardonner, c’est nous qui nous fatiguons de demander sa miséricorde. Celui qui nous a invités à pardonner (77 fois) « soixante-dix fois sept fois » (Mt 18, 22) nous donne l’exemple : il pardonne soixante-dix fois sept fois ! Il revient nous charger sur ses épaules une fois après l’autre. Personne ne pourra nous enlever la dignité que nous confère cet amour infini et inébranlable. Il nous permet de relever la tête et de recommencer, avec une tendresse qui ne nous déçoit jamais et qui peut toujours nous rendre la joie ». Recevons ces paroles du pape François, elles nous permettrons peut-être de mieux préparer notre confession de Noël… Je termine en vous souhaitant une belle préparation à Noël, vous invitant à vous confesser et ensuite à rayonner de cette joie intérieure, qui vient de celui qui se fait tout petit, pour nous inviter nous même à être doux et humbles de cœur. Que la paix et la joie du Seigneur soient toujours avec vous. Amen. + Au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit. Ainsi soit-il ! Mgr J-P Ellul

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10 novembre 2013 7 10 /11 /novembre /2013 17:26

Dans trois semaines, après avoir célébré la liturgie de la fête du Christ Roi, qui conclura notre année liturgique, nous seront prêts à entrer en Avent avec la célébration de prière pour la vie naissante le samedi 30 novembre au soir. Certains diront : déjà ! Les plus jeunes de nos familles découvrirons les illuminations et les vitrines remplis de cadeaux pour célébrer Noël. Une fois encore nous leur apprendrons, avant la naissance de l’Enfant-Dieu, ce qu’est le partage, la charité et l’amour. Pour nous tous, c’est donc le signal avant coureur d’une nouvelle année liturgique.

L’année de la Foi se termine ; mais les célébrations de l’Année Mariale Marseillaise, avec les 800 ans de la création, sur la colline haute, de ce qui deviendra le sanctuaire de Notre-Dame de la Garde, occupera toute notre année, et nous serons heureux d’aller confier à la Bonne-Mère, dès le dimanche 8 décembre, l’après-midi, dans une immense procession diocésaine, nos joies et nos soucis et nos peines.

Comme il est dit dans le psaume 87, pour la prière d’ouverture, de cette messe : la prière s’élèvera vers le Seigneur, lui qui entend quand on l’implore et nous exauce.

Si les pierres de la colline pouvaient parler, elles nous diraient combien elles ont vu de tourments, de tortures, de razzias tout au long des premiers siècles de notre histoire, où notre ville se protégea comme elle le put. Temps difficiles, comme nous le rapporte le second Livre des Martyrs d’Israël. Combien sont morts, affirmant leur foi en Christ ressuscité, faisant tout au long des premiers siècles du christianisme, comme autant de témoins, sur lesquels, s’est enracinée notre foi au ressuscité ? Sang des martyrs, semence de chrétiens !

Oui, eux aussi, ont préféré mourir de la main des hommes, en témoins de résurrection, pour la vie éternelle.

Saints et saintes de Dieu de l’Eglise de Marseille, dont nous venons de célébrer la mémoire, ce vendredi 8 novembre, donnez-nous la force du témoignage et l’intrépidité de l’annonce de la foi à ce monde qui vit comme si le Christ n’était pas ressuscité pour lui. Et c’est notre Eglise qui en montre le chemin, humblement, mais dans la vérité du message du Christ.

Et proclamant cet évangile dans lequel où il est rappelé que 7 frères ont épousé cette veuve, on veut prendre Jésus en défaut et surtout entendre son avis sur la résurrection des morts au dernier jour. Et il donne sa réponse aux Sadducéens qui prétendaient qu’il n’y avait pas de résurrection.

Mais comment ne pas réfléchir à ce qu’il nous dit sur le mariage et que les évangélistes Matthieu et Marc, ont consigné dans leurs évangiles : « Ne pas séparer ce que Dieu a uni ! » Phrase simple et lapidaire, que l’on accepte et ce, pour toute la vie, en se donnant le sacrement de mariage, mais qui risque d’être battue en brèche et remise en question par la séparation ou le divorce !

Après la joie d’avoir vécu unis combien de couples vont connaître des temps de souffrances et d’interrogations… de silence pour préserver son couple, alors que les enfants grandissent mais que l’un ou l’autre, vit dans le mensonge et la trahison ?

Puis ce jour, dont on se souviendra tout sa vie, où l’on est quitté, où l’amour devint de la haine, les enfants une monnaie d’échange ; l’on s’est aimé pourtant ! Mais l’amour est mort et, on croit encore une ultime fois, que tout pourrait s’arranger, mais l’autre se détourne définitivement. Alors qu’on a tout partagé, désormais, pour subsister, on doit recevoir une pension alimentaire comme une aumône, voire la demander, l’exiger ! Que de souffrances !

Où est passé l’amour ? Et l’on se dit : « Mais qu’ai-je fait pour mériter un tel sort ? » Puis, avec le temps, la vie et l’amour, reprennent leurs droits, surtout quand on est jeune.

Que faire ? Essayer d’aimer encore ? Pour le croyant se pose la question de l’engagement par un mariage civil ! Comment vivre désormais ? Sans sacrements ? Sans Eucharistie ? Et cela s’ajoute encore aux soucis, au chômage, voire à la maladie, ou à la détresse. On subit un rejet, alors que l’on devrait trouver accueil et miséricorde. Pourtant, l’Eglise fait tout pour être accueillante, mais peut-on gommer l’Evangile, le travestir, effacer à tout jamais la parole du Christ sur l’engagement et le sacrement du Mariage ? Non. Nous ne le pouvons pas !

D’ailleurs, nous allons entrer très prochainement, dans un approfondissement de ce qu’est l’amour et la famille, revoir les situations de détresse, les nouvelles formes de vie et de culture, être encore et toujours à l’écoute. Mais ce n’est pas pour cela que la famille sera remise en question. Une famille, c’est un père et une mère, des enfants vivant, comme beaucoup d’entre-nous, dans l’amour et la fidélité au sacrement de Mariage, le partage et l’exultation de voir grandir nos enfants, pour être eux-mêmes des parents.

Là se pose la question de la transmission de la foi, de l’éducation religieuse, du témoignage évangélique, mais également comme le souligne l’évangile, celle des vocations religieuses et sacerdotales.

Toutes ces questions, nous les porterons dans la prière et dans quelques jours, un questionnaire vous sera proposé, pour préparer le Synode sur la Famille, qui se tiendra à Rome prochainement. Nous pourrons répondre à ces questions en toute vérité, pour qu’avec les fidèles de l’Eglise Universelle, dans le moirage de ses diversités culturelles, nous puissions être témoins du Christ ressuscité.

Afin de toujours mieux accueillir dans notre paroisse ceux qui viennent habiter notre quartier, un petit guide paroissial vient d’être imprimé. Il est à votre disposition dans la basilique et pourra vous permettre de mieux nous connaitre, mais également d’inviter vos amis et voisins, à venir nombreux le samedi 30 novembre, pour cette grande journée paroissiale, conclue par la prière pour la Vie Naissante, et qui se continuera le dimanche 1er décembre, où nous recevrons nos catéchumènes et nos nouveaux paroissiens dans notre communauté chrétienne.

Faisant en sorte que nous puissions toujours mieux nous connaître et témoigner de l’amour de Jésus, présent au milieu de nous et qui nous envoie sans cesse sur les chemins de notre vie, redire qu’il est vivant et ressuscité.

Marseille, notre secteur, notre quartier, attend notre témoignage. Toute notre paroisse sera heureuse de répondre oui, au Seigneur qui nous appelle. Amen.

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